Eli Cohen, l’espion israĂ©lien capturĂ© et exĂ©cutĂ© en Syrie il y a 54 ans, a Ă©tĂ© honorĂ© dans une sĂ©rie pour son travail sur Netflix. Sa femme, Nadia, qui s’est initialement opposĂ©e Ă la sĂ©rie, se fĂ©licite de la chaleureuse rĂ©action des gens qu’elle reçoit aujourd’hui. La diffusion de la sĂ©rie Ă l’Ă©tranger a rĂ©vĂ©lĂ© l’histoire de cet espion hors du commun au monde entier et a permis aussi Ă Nadia de rencontrer un groupe remarquable de visiteurs se rendant chez elle : des pilotes iraniens de l’ère du Shah.
Le groupe de pilotes, qui travaillaient alors que les relations entre les deux pays Ă©taient encore très chaleureuses, avait beaucoup de points communs avec Nadia. « Nous avons compris que Khomeny Ă©tait incapable d’agir dans le meilleur intĂ©rĂŞt du royaume », a dĂ©clarĂ© Daryush Karpe, pilote de l’armĂ©e de l’air du Shah. « Et nous avons donc essayĂ© de mener un coup d’Etat militaire, puis ils m’ont condamnĂ© Ă mort. J’ai traversĂ© une pĂ©riode très difficile, j’ai beaucoup souffert de la torture. »
« J’ai eu deux enfants et une femme », se souvient-il. « Je n’ai jamais eu l’occasion de dire Ă ma famille oĂą je suis et ce que je faisais. » Nadia s’est aussi identifiĂ©e aux sentiments du pilote iranien. Elle a ajoutĂ© que sa fille ne reconnaissait pas son propre père : « Quand il a parlĂ© Ă notre fille, elle a demandĂ© Ă son frère si c’Ă©tait vraiment son père – mes enfants ont Ă©galement vĂ©cu la mĂŞme expĂ©rience », a-t-elle soulignĂ©. « Quand Eli est venu chez Sophie en vacances, elle a dit : ‘Tu n’es pas mon père et je ne t’ai jamais vu et je la comprends. »
Farhud Nasirahani, pilote de l’armĂ©e de l’air du Shah, raconte son ressentit sur Eli Cohen après avoir vu la sĂ©rie Ă son sujet : « Chaque fois que vous voyez un film basĂ© sur un Ă©vĂ©nement historique, vous ĂŞtes probablement curieux de voir les vrais hĂ©ros qui ont participĂ© . »
Nadia parle de l’impact de la sĂ©rie diffusĂ©e sur sa vie. « J’Ă©tais en colère au dĂ©but », admet-elle. « Mais aujourd’hui, je leur souhaite la bienvenue parce que je vois l’apprĂ©ciation des gens pour le travail de mon mari, son sionisme, et le risque total qu’il a pris dans sa vie. »
De nombreuses annĂ©es ont passĂ©, mais la colère de la femme de Eli Cohen est toujours aussi claire et nette Ă la fois contre l’État et les responsables du Mossad qui ont renvoyĂ© son mari en Syrie, mĂŞme si il avait peur pour sa vie.  » Eli Ă©tait ici, dans le pays. Quand il a comprit qu’ils allaient le renvoyer, il a aussi compris qu’il ne reviendrait pas vivant. J’ai vu son chagrin, cette image Ă©tait terrible. Ils n’ont pas voulu le remplacer, c’était un meurtre, ici dans ma maison. «Â
Lorsque le corps de Zachary Baumel a Ă©tĂ© renvoyĂ© en IsraĂ«l, elle a fondu en larmes. « J’ai pensĂ© qu’ils pourraient bientĂ´t me montrer les reste d’Eli », a-t-elle dit. « J’ai appelĂ© le Mossad pour me rassurer au tĂ©lĂ©phone mais rien de plus. »







