Sous la pression de l’opinion publique, l’ancien directeur du Shin Bet, Nadav Argaman, fera l’objet d’une enquête policière pour suspicion de chantage avec menaces. Cependant, les chances qu’il soit réellement poursuivi en justice semblent minces.

Le commissaire de police Dani Levy a ordonné l’ouverture d’une enquête sur les propos tenus par Argaman après une plainte déposée par le Premier ministre Benyamin Netanyahou. La conseillère juridique du gouvernement, Gali Baharav-Miara, qui doit décider de l’ouverture d’une enquête officielle, pourrait difficilement l’éviter en raison de la pression publique. Toutefois, malgré une audition sous avertissement, le dossier sera transmis au parquet, qui tranchera sur la nécessité d’engager des poursuites.

Une enquête facilitée par des preuves directes

Des sources policières indiquent que l’enquête sera relativement simple, car les propos incriminants ont été tenus lors d’une interview télévisée et sont enregistrés en vidéo et en audio.

L’erreur de Nadav Argaman est d’autant plus significative qu’elle nuit non seulement à sa propre image, mais aussi à celle du Shin Bet, dont les agents consacrent leur vie à protéger Israël contre les menaces terroristes palestiniennes et l’espionnage iranien.

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Ses déclarations publiques ont laissé croire, à tort, que le Shin Bet fonctionnerait comme une organisation occulte aux méthodes mafieuses, où ses dirigeants menaceraient les responsables politiques élus. Ce préjudice d’image est considérable, et Argaman en porte une lourde responsabilité. Son comportement soulève des questions sur son manque de discernement et son aptitude passée à diriger une institution aussi stratégique.

Réaction du Shin Bet

Le directeur actuel du Shin Bet, Ronen Bar, qui entretient des relations tendues avec Netanyahou, a pris ses distances avec son prédécesseur. Il a déclaré :
« Une institution nationale et son dirigeant ne doivent pas abuser de leur pouvoir. Ce n’est pas notre méthode, et cela ne le sera jamais. »

Il a ajouté que le Shin Bet agit strictement selon la loi et que sa force réside dans son intégrité et ses valeurs. Il a fermement rejeté tout langage ou comportement qui ne serait pas conforme à ces principes.

Un acte perçu comme une dérive politique

En prétendant défendre la démocratie, Nadav Argaman a peut-être en réalité porté atteinte à ses principes. Un ancien directeur du Shin Bet ne devrait pas se comporter de la sorte après son départ. Si Argaman disposait réellement d’informations compromettantes sur Netanyahou liées à des violations de la loi ou à la sécurité nationale, son devoir était de les signaler immédiatement, et non de les utiliser comme une forme de chantage potentiel.

Ses déclarations s’inscrivent dans un contexte politique, notamment son opposition à la réforme judiciaire et à l’affaire Qatar-Gate. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’Argaman exprime des positions politiques. En mars 2024, lors d’une conférence de l’INSS, il a déclaré que l’Autorité palestinienne devait prendre le contrôle de Gaza après la guerre, tout en minimisant son rôle dans le soutien au terrorisme.

Or, il a passé sous silence le fait que l’Autorité palestinienne verse des salaires mensuels aux terroristes et soutient l’incitation à la haine contre Israël à travers son système éducatif et ses médias.

Quel avenir judiciaire pour Argaman ?

Malgré ses démentis sur une éventuelle entrée en politique, ses propos le positionnent davantage comme un acteur politique que comme un ancien responsable de la sécurité nationale.

Son menace présumée peut être vue comme une violation de l’obligation de loyauté d’un ancien dirigeant sécuritaire. Reste à savoir quelle sera la position de la justice. Si l’enquête conclut qu’il a bien tenté de faire chanter le Premier ministre, la question d’un procès se posera.

Toutefois, compte tenu des tensions actuelles entre le système judiciaire et le gouvernement Netanyahou, il est fort probable que l’affaire traîne en longueur et qu’Argaman échappe finalement à des poursuites judiciaires.