Depuis le dĂ©but de la guerre « EpĂ©es de fer », le nombre de juifs ayant immigrĂ© en IsraĂ«l depuis la France a bondi. Selon les donnĂ©es du ministĂšre de l’Aliyah et de l’IntĂ©gration ainsi que de l’Agence juive, environ 6 440 dossiers d’aliyah ont Ă©tĂ© ouverts pour des Français, comparĂ© Ă environ 1 057 Ă la mĂȘme pĂ©riode l’annĂ©e derniĂšre. Plus de 800 nouveaux immigrants sont arrivĂ©s de France pendant cette pĂ©riode.
En dĂ©cembre dernier, Nili Nahori a lancĂ© le programme « Lech Lecha », visant Ă encourager l’aliyah des juifs français, en parallĂšle avec les efforts des organismes officiels. Nili, mariĂ©e et mĂšre de trois enfants, vit Ă JĂ©rusalem et est originaire de Paris. Elle est montĂ©e en IsraĂ«l il y a 31 ans Ă l’Ăąge de 18 ans. Dans une interview spĂ©ciale, elle raconte son parcours et ce qui l’a poussĂ©e Ă se consacrer Ă cette mission nationale.
« Jâai reçu mon diplĂŽme de fin dâĂ©tudes directement des inspecteurs du ministĂšre de lâĂducation français », explique Nili. « Lorsque j’ai enfin reçu mon diplĂŽme, je me suis tournĂ©e vers le public et j’ai dit avec Ă©motion : âJe monte en IsraĂ«l !â. En d’autres termes, ce diplĂŽme Ă©tait en quelque sorte mon billet pour la Terre d’IsraĂ«l. »
En se remĂ©morant son aliyah, Nili confie : « Jâavais le sentiment que je vivais lâhistoire de notre gĂ©nĂ©ration, celle du âdĂ©but de la rĂ©demptionâ. » Elle a dâabord Ă©tudiĂ© Ă lâuniversitĂ© hĂ©braĂŻque de JĂ©rusalem avec dâautres nouveaux immigrants, et elle ressentait une grande fiertĂ© dâappartenir au retour des exilĂ©s.
Avant de crĂ©er « Lech Lecha », Nili Ă©tait dĂ©jĂ active dans la promotion de l’aliyah des juifs français et dans des projets de colonisation et dâexpansion de la souverainetĂ© israĂ©lienne. Son pĂšre, Jack Kupfer, avait fondĂ© lâorganisation « IsraĂ«l pour toujours » avec des objectifs similaires : encourager lâaliyah, lutter pour lâextension de la souverainetĂ© israĂ©lienne sur toute la Terre d’IsraĂ«l, et dĂ©fendre lâaccĂšs des juifs Ă leurs lieux saints.
Elle insiste Ă©galement sur lâimportance de la souverainetĂ© dans la vallĂ©e du Jourdain, soulignant les enjeux sĂ©curitaires et la nĂ©cessitĂ© dâune surveillance politique et militaire complĂšte pour empĂȘcher toute tentative dâĂ©tablissement dâun Ătat terroriste Ă la frontiĂšre est d’IsraĂ«l.
Depuis la guerre, Nili explique que la violence antisĂ©mite en France s’est considĂ©rablement aggravĂ©e, et cela motive de nombreux juifs Ă envisager l’aliyah. Elle dĂ©crit une situation intenable, oĂč l’antisĂ©mitisme est omniprĂ©sent, dans les Ă©coles, sur les lieux de travail et mĂȘme au sein des institutions publiques françaises. Elle donne des exemples frappants de familles juives changeant de nom ou retirant leurs mezouzot par crainte des reprĂ©sailles.
En rĂ©ponse Ă cette montĂ©e inquiĂ©tante de l’antisĂ©mitisme, le programme « Lech Lecha » travaille activement pour faciliter lâaliyah et lâintĂ©gration des juifs français en IsraĂ«l. Nili souligne Ă©galement lâimportance de prĂ©server la culture juive et de combattre lâassimilation, rappelant que lâĂ©poque actuelle est cruciale pour le destin du peuple juif et son retour sur sa terre.
Finalement, malgrĂ© les nombreux dĂ©fis liĂ©s Ă l’intĂ©gration en IsraĂ«l, elle conclut sur une note positive : la rĂ©ussite des nouveaux immigrants en IsraĂ«l est un tĂ©moignage vivant de la rĂ©demption de leur peuple aprĂšs des milliers dâannĂ©es d’exil.





