L’avertissement de Zini au cabinet : « L’accord du Hamas est une manœuvre de tromperie »

Deux documents étaient au cœur de la réunion du cabinet hier soir. Le premier portait sur le déploiement de la force multinationale à Gaza, le second sur la feuille de route menant du désarmement à un État palestinien.

Les avertissements sévères formulés dans la salle ont clairement indiqué que la manière dont ces textes sont rédigés pourrait avoir des conséquences lourdes de sens, et les ministres ont fait pression sur Netanyahou pour qu’il freine le processus.

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Le chef de la division recherche du renseignement militaire (Aman), le général de brigade Ofir Mizrahi-Rozen, a expliqué la nature de la « tromperie » : « Le Hamas a accepté le document des 15 points, mais n’a pas abandonné sa vision de la destruction d’Israël. On perçoit un effort du Hamas pour nous renvoyer la balle. » Il a également mis en garde contre le risque d’internationalisation du conflit, l’entrée de forces étrangères à proximité des localités israéliennes, et bien sûr l’intégration du Qatar et de la Turquie dans le mécanisme d’activation de la force multinationale.

Par-dessus tout, un avertissement a également été formulé concernant la convergence entre l’initiative américaine à Gaza et celle en cours avec l’Autorité palestinienne, dont le résultat est déjà connu.

« Un processus de tromperie stratégique »

Le chef du Shin Bet, David Zini, a averti à son tour : « L’événement de signature du Hamas est un processus de tromperie stratégique, dont le but est de gagner du temps et de s’assurer que nous ne reprenions pas notre action à Gaza avant les élections. Il y a ici une embuscade stratégique du Hamas. Il y a une tromperie. »

Sur fond de ces avertissements, le chef du Conseil national de sécurité, Shmuel Ben Ezra, a précisé qu’Israël avait effectivement transmis des corrections aux documents aux États-Unis lors d’une rencontre tenue entre les deux parties. Netanyahou lui-même est revenu sur l’écart jugé inacceptable entre les accords de 2025 et le document actuel, déclarant : « Nous avons reçu le document après le dernier cabinet. Nous avons des ententes datant de novembre 2025 avec les États-Unis qui contredisent ce document [la feuille de route]. Nous avons transmis des corrections. »

Le ministre Zeev Elkin a appelé à clarifier de manière concrète la position d’Israël vis-à-vis du document, c’est-à-dire à reprendre l’activité à Gaza : « Si Israël ne mène pas d’activité offensive pendant deux semaines, cela signifie que nous avons accepté et que nous sommes entrés dans le processus. Il faut donc publier que nous ne signons pas ces 15 points. »

Les ministres Orit Strouck, Bezalel Smotrich et Avi Dichter ont soutenu cette exigence et ont fait savoir à Netanyahou qu’ils attendaient de lui qu’il annonce officiellement l’opposition d’Israël à la mise en œuvre du texte. Smotrich a déclaré à Netanyahou : « Tu es un champion de la navigation, mais maintenant qu’il y a un document officiel, il faut délégitimer ce document. On ne peut pas se contenter de naviguer. »

Ne pas se tromper de cap

Le chef du Conseil national de sécurité a indiqué qu’« il y a une forte pression sur Israël pour entrer dans la période des 14 jours, revenir à la Ligne jaune et s’abstenir de liquidations ciblées », et ce malgré les corrections soumises concernant la mise en œuvre de cette étape et d’autres.

Dichter a déclaré : « Nous avons défini un objectif de destruction du Hamas — on ne peut pas revenir en arrière. » Smotrich a ajouté que « ce cas est une navigation qui mène droit dans le mur. Il faut le dire de la manière la plus basique possible : le Hamas ne doit pas rester. Il doit être effacé, point final. »

Strouck a souligné que le passage de la « loi de Ramallah » à Gaza signifierait reconnaître une légitimité au meurtre de Juifs. « La loi de Ramallah censée s’appliquer à Gaza est antisémite, on n’a rien vu de tel depuis l’Allemagne nazie », a déclaré la ministre.

« Non à la feuille de route »

Le « Forum de la ceinture de Gaza » a apporté son soutien aux membres du cabinet qui se sont opposés hier soir à la mise en œuvre de la feuille de route pour Gaza dans sa forme actuelle, considérant que son application représente un danger clair pour les habitants de la zone frontalière et pour la sécurité de tout Israël.

Le forum soutient également les présidents des conseils régionaux de la zone frontalière, qui ont adressé une lettre au cabinet exprimant leur opposition à la reconstruction de Gaza avant l’anéantissement du Hamas. Ce sont les présidents des conseils qui mènent la reconstruction de la zone frontalière, et qui comprennent que la véritable base de notre reconstruction est la sécurité israélienne.

Nous appelons le gouvernement à ne pas accepter de plan de travail qui ne place pas le contrôle sécuritaire israélien au centre, avant toute étape de reconstruction à Gaza. On ne récompense pas le terrorisme — on le vainc.

Pour approfondir le contexte des négociations sur Gaza, retrouvez nos articles : le compte à rebours de Trump sur les négociations avec le Hamas et le discours de Netanyahou sur l’Iran, le Hezbollah et le Hamas.