Le ComitĂ© ministĂ©riel sur la lĂ©gislation a approuvĂ© Ă l’unanimitĂ© un projet de loi qui obligerait les ONG de dĂ©clarer le financement de pays Ă©trangers et de prendre note de ce fait dans tous les documents officiels des fonctionnaires publics.
Il faudra aussi que les reprĂ©sentants de ces ONG portent un badge d’identification Ă chaque fois qu’ils assistent Ă une sĂ©ance Ă la Knesset pour reflĂ©ter le financement externe de leur groupe, et dans le cas contraire, ils devront faire face Ă une amende de 29.000 shekels (7.500 dollars).
Maintenant que la loi a Ă©tĂ© adoptĂ©e par le comitĂ© des ministres, elle sera envoyĂ©e Ă la Knesset pour un vote prĂ©liminaire. Il est prĂ©vu que le prochain vote soit plus difficile puisque la coalition au pouvoir dispose d’une avance de seulement deux sièges Ă la Knesset et certains membres ont dĂ©jĂ dĂ©clarĂ© qu’ils ne soutiendront pas cette loi dans sa forme actuelle.
Michael Oren (Kulanu) a dĂ©clarĂ© son opposition au projet de loi, affirmant dans un communiquĂ© que « comme quelqu’un qui a travaillĂ© toute sa vie pour amĂ©liorer les relations Ă©trangères de l’Etat d’IsraĂ«l, ma conscience ne me permet pas de voter pour le projet de loi des ONG telle que formulĂ©e Ă l’heure actuelle. En tant que membre du ComitĂ© du droit de la Constitution et de la Justice de la Knesset, je vais exercer tous mes forces parlementaires pour la changer « .
Le projet de loi sur les ONG a Ă©galement fait face Ă de vives critiques de l’Union europĂ©enne et les gouvernements europĂ©ens. La radio de l’armĂ©e a rapportĂ© que l’ambassadeur de l’Union europĂ©enne en IsraĂ«l Lars Faaborg-Andersen a attaquĂ© le projet de loi lors d’une rĂ©union avec le ministre de la Justice Ayelet Shaked il y a plusieurs semaines, en disant qu’elle est « spĂ©cifiquement destinĂ©e Ă nuire Ă des organisations qui critiquent la politique du gouvernement en disant que cette loi aura un impact nĂ©gatif sur l’image d’IsraĂ«l et contre sa position en Europe comme une sociĂ©tĂ© ouverte et dĂ©mocratique ».
Des sentiments similaires par le gouvernement allemand ont récemment été exprimé, selon un rapport publié par Der Spiegel.
Presque tous les groupes qui seront touchĂ©s par le projet de loi sont identifiĂ©s avec la gauche politique, oĂą les ONG reçoivent des fonds de gouvernements Ă©trangers, tandis que des ONG de la droite politique sont principalement financĂ© par des donateurs privĂ©s. Les partisans du projet de loi affirment que le financement des ONG, les gouvernements, principalement europĂ©ens, constitue une ingĂ©rence dans les affaires intĂ©rieures d’IsraĂ«l et favorise des intĂ©rĂŞts Ă©trangers sous prĂ©texte de dĂ©fendre les droits humains.
« L’ingĂ©rence flagrante par des gouvernements Ă©trangers dans les affaires intĂ©rieures de l’Etat d’IsraĂ«l avec de l’argent est un phĂ©nomène sans prĂ©cĂ©dent, et viole toutes les règles et normes dans les relations entre les pays dĂ©mocratiques. Le soutien financier des pays Ă©trangers pour ses ONG en IsraĂ«l dĂ©stabilise la souverainetĂ© de l’Etat d’IsraĂ«l etl’autoritĂ© du gouvernement qui a Ă©tĂ© Ă©lu par le public,  » a dit Shaked, l’un des principaux partisanes du projet de loi.
A titre d’exemple, elle a dit que tous les IsraĂ©liens « ont vu le faux rapport de la commission de l’ONU chargĂ©e d’enquĂŞter sur les crimes de guerre lors de l’opĂ©ration de Tsahal , dans laquelle ils ont assimilĂ© IsraĂ«l avec le Hamas,  sur le tĂ©moignage des ONG B’Tselem et Briser le silence et Adalah « .
B’Tselem et Adalah sont deux organisations non gouvernementales vouĂ©es Ă la protection des droits humains des Palestiniens; Briser le silence est une organisation qui recueille des tĂ©moignages de violations allĂ©guĂ©es par les soldats de Tsahal.
« Le gouvernement essaie de cacher le problème de l’occupation, et de blâmer ceux qui s’y opposent comme  les organisations des droits de l’homme, » a dit le directeur de B’Tselem Hagai El-Ad .
« Si le ministre de la Justice et le Premier ministre ont tellement peur de l’ingĂ©rence Ă©trangère dans la politique israĂ©lienne, ils doivent d’abord retourner les millions qu’ils ont reçus pour leurs campagnes de magnats Ă©trangers comme Sheldon Adelson, » a dit Sarit Michaeli de B’Tselem.
Adalah, le Centre juridique pour les droits de la minorité arabe en Israël, a déclaré que le financement de sources étrangères de défense des droits humains est «acceptable et même nécessaire dans les régimes où il y a un grave problème de violations des droits humains.  »




