Le ciblage des Roms en Europe dĂ©clenche une sonnette d’alarme pour les Juifs

Lorsque le ministre italien de l’IntĂ©rieur a recommandĂ© la crĂ©ation d’un «registre» des Roms, sa remarque n’Ă©tait que le dernier ajout Ă  une longue liste de dĂ©clarations anti-Roms des hauts dirigeants europĂ©ens.

En mars, Janos Lazar, bras droit du Premier ministre hongrois Viktor Orban, a déclaré : « Une fois que nous les aurons laissés entrer, ils prendront le relais. »

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En 2010, Traian Basescu, alors prĂ©sident de la Roumanie, a dĂ©clarĂ© lors d’une confĂ©rence de presse que le groupe ethnique nomade connu sous le nom de Tsiganes – un terme familier pour les membres de l’ethnie rom et sinti que beaucoup rejettent comme pĂ©joratif – « trĂšs peu d’entre eux veulent travailler « et » traditionnellement beaucoup d’entre eux vivent du vol « .

Pourtant, la remarque faite cette semaine par le ministre de l’IntĂ©rieur, Matteo Salvini, Ă  propos d’une base de donnĂ©es sur les Roms a suscitĂ© un tollĂ© international bien plus important, notamment de la part de plusieurs groupes juifs Ă  travers l’Europe. L’Union des communautĂ©s juives italiennes et le Conseil des dĂ©putĂ©s des Juifs britanniques l’ont tous deux condamnĂ© comme une rĂ©miniscence de la politique nazie inspirĂ©e par le mouvement fasciste italien.

Et tandis que certains leaders et groupes juifs en Italie et au-delĂ  rejettent la comparaison comme exagĂ©rĂ©e, la rĂ©action souligne nĂ©anmoins une fois de plus le partenariat officieux que de nombreux juifs europĂ©ens entretiennent avec les Roms – peut-ĂȘtre la seule minoritĂ© ethnique persĂ©cutĂ©e par les nazis pendant l’Holocauste.

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L’appel de Salvini pour un « registre » ressemble Ă  « la lĂ©gislation antisĂ©mite adoptĂ©e par le gouvernement fasciste italien Ă  la veille de la Shoah », a indiquĂ© jeudi le Conseil britannique dans un communiquĂ©. Dans sa dĂ©claration, le groupe juif italien a Ă©crit que la proposition « rĂ©veille les souvenirs des mesures racistes prises il y a seulement 80 ans et, malheureusement, de plus en plus oubliĂ©es ».

Le tollĂ© dans les cercles juifs europĂ©ens sur la suggestion de Salvini a Ă©tĂ© le plus intense depuis que Marton Gyongyosi, un lĂ©gislateur de premier plan du parti d’extrĂȘme droite Jobbik en Hongrie, a appelĂ© lors d’un discours au parlement une liste de politiciens juifs et de membres du gouvernement qui sont une «menace Ă  la sĂ©curitĂ© nationale». (Gyongyosi a dĂ©clarĂ© plus tard qu’il voulait dire les propriĂ©taires d’une double citoyennetĂ© israĂ©lienne et hongroise.)

Pour Adam Schoenberger, le directeur du groupe juif hongrois Marom qui mĂšne des programmes de sensibilisation avec la grande minoritĂ© rom du pays, ces manifestations de solidaritĂ© des juifs tĂ©moignent de «l’histoire commune et du destin partagé» qui relie les Juifs et les Roms.

Les nazis ont assassinĂ© au moins 200 000 Roms, souvent avec les Juifs, selon Yad Vashem, le musĂ©e de l’Holocauste Ă  JĂ©rusalem.

« Quand un Rom est pris pour cible, je me sens moins en sĂ©curitĂ© parce que je sais qu’il viendra me chercher », a dĂ©clarĂ© Schoenberger.