Le conseiller juridique du gouvernement change d’avis : le Premier ministre peut ĂȘtre dĂ©mis de ses fonctions « dans des circonstances extrĂȘmes »

L’avocat Anar Gelman a dĂ©clarĂ© aux juges de la Haute Cour que ses propos selon lesquels le conseiller juridique du gouvernement n’avait pas le pouvoir de destituer le Premier ministre ne signifiaient pas que cela Ă©tait impossible « en aucune circonstance ». Le reprĂ©sentant du conseiller juridique a expliquĂ© que « dans des circonstances extrĂȘmes » Baarav-Miara pouvait encore dĂ©clarer le chef du gouvernement inapte Ă  ses fonctions.

Il y a trois heures, un reprĂ©sentant du conseiller juridique du gouvernement a dĂ©clarĂ© lors d’une rĂ©union de la Cour suprĂȘme que Gali Baarav-Miara ne se considĂšre pas en droit de destituer un Premier ministre qui viole les termes de l’accord sur les conflits d’intĂ©rĂȘts. «Il est important pour moi de dire dĂšs le dĂ©but, car on l’entend constamment ici, que le conseiller juridique du gouvernement n’a jamais eu le pouvoir de dĂ©clarer le Premier ministre dĂ©mis de ses fonctions. 

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La sociĂ©tĂ© a l’impression qu’il en est ainsi. Mais selon la loi, ce n’est pas le cas : la dĂ©cision de destituer est toujours prise uniquement par le gouvernement… Dans un systĂšme dĂ©mocratique, une personne non Ă©lue ne peut pas destituer le chef du gouvernement. Le conseiller juridique du gouvernement ne pense pas que la violation de l’accord sur les conflits d’intĂ©rĂȘts entraĂźne une destitution », a dĂ©clarĂ© Anar Gelman, reprĂ©sentant le conseiller juridique du gouvernement devant le tribunal.

Tout le monde, y compris les juges, a compris que ces mots signifiaient que le Premier ministre Netanyahu pouvait continuer en toute sĂ©curitĂ© Ă  ignorer l’accord sur les conflits d’intĂ©rĂȘts, mĂȘme si les juges ont soulignĂ© qu’il « restait obligĂ© » de s’y conformer. Le prĂ©sident du Mouvement pour la qualitĂ© du pouvoir, Eliad Shraga , a dĂ©claré que dans une telle situation, le tribunal doit agir, sinon l’accord ne peut pas ĂȘtre qualifiĂ© de « contraignant ».

La juge DaphnĂ© Barak-Erez a conclu que l’objectif de l’amendement Ă  la loi sur la destitution du Premier ministre Ă©tait la volontĂ© de Netanyahu de « s’assurer pleinement contre tout risque », mĂȘme hypothĂ©tique. La clause de l’avocat de Gelman concernant les « circonstances extrĂȘmes » confirme que le risque existe rĂ©ellement. Le conseiller juridique de Baarav-Miara pourrait considĂ©rer, par exemple, le refus de Netanyahu de se conformer Ă  la dĂ©cision de la Cour suprĂȘme comme des « circonstances extrĂȘmes ».

L’avocat de la Knesset Yitzhak Barat a Ă©galement clarifié sa position : il a annoncĂ© qu’une loi destinĂ©e Ă  garantir un Premier ministre spĂ©cifique contre la perte du pouvoir ne peut pas ĂȘtre qualifiĂ©e de personnelle par dĂ©finition – « ce ne sont pas des motivations personnelles, mais politiques ». Les dĂ©putĂ©s qui adoptent des lois pour renforcer leur propre pouvoir ne sont pas guidĂ©s par des intĂ©rĂȘts « personnels » mais « politiques », a dĂ©clarĂ© le conseiller juridique de la Knesset. Selon lui, les motivations « personnelles » sont si la loi vise Ă  bĂ©nĂ©ficier Ă  un parent ou Ă  un proche, et que modifier les lois fondamentales dans le but de renforcer le pouvoir de sa coalition est tout Ă  fait lĂ©gitime ; les dĂ©putĂ©s le font tout le temps.