Le général américain de haut rang arrive en Israël : voici les forces que les États-Unis ont déployées dans la région

La tension régionale atteint un nouveau palier. Alors que l’Iran est secoué par l’un des mouvements de contestation les plus violents de son histoire récente et que la répression fait des milliers de morts selon des ONG, Washington durcit simultanément le ton sur les plans économique, diplomatique et militaire. Dans ce contexte explosif, l’annonce de la visite imminente en Israël du général américain Brad Cooper, commandant du CENTCOM, est tout sauf anodine.

Vendredi, le département du Trésor américain a dévoilé une nouvelle salve de sanctions visant directement ce que l’administration américaine qualifie de « flotte fantôme » iranienne. Le Office of Foreign Assets Control (OFAC) a inscrit sur sa liste noire huit sociétés et neuf navires impliqués, selon Washington, dans l’exportation clandestine de pétrole iranien pour des centaines de millions de dollars. Ces fonds serviraient, d’après les autorités américaines, à financer des organisations terroristes, des programmes d’armement et la répression brutale des manifestations en Iran.

Les navires sanctionnés, enregistrés sous pavillons de complaisance — notamment aux Palaos, aux Comores et au Panama — auraient transporté des centaines de milliers de barils de pétrole brut et de gaz vers l’Asie de l’Est, le Pakistan, le Bangladesh, la Somalie et Djibouti. Les sociétés impliquées opèrent depuis les Émirats arabes unis, l’Inde, Oman, les Seychelles, les îles Marshall et le Liberia. Selon le Trésor américain, nombre d’entre elles ont été créées spécifiquement pour contourner le régime international de sanctions.

Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a été particulièrement virulent dans ses déclarations. Il a accusé le régime iranien de se livrer à une « autodestruction économique », accélérée par la politique de « pression maximale » menée par le président Donald Trump. « Le choix de Téhéran de soutenir le terrorisme plutôt que son propre peuple a fait s’effondrer la monnaie et le niveau de vie », a-t-il affirmé, ajoutant que Washington continuerait à traquer « les dizaines de millions de dollars volés par le régime et dissimulés à l’étranger ».

C’est dans ce climat que le général Brad Cooper est attendu en Israël. Selon plusieurs sources citées par Fox News, il doit rencontrer le chef d’état-major israélien Eyal Zamir ainsi que le commandant de l’armée de l’air, Tomer Bar. Officiellement, le Pentagone insiste sur le fait que la visite ne serait pas directement liée à l’Iran, mais relèverait d’un suivi global des dossiers régionaux relevant du CENTCOM. En Israël, peu de responsables croient réellement à cette dissociation.

Sur le terrain, la démonstration de force américaine est déjà visible. La pièce maîtresse de ce dispositif est la porte-avions USS Abraham Lincoln, accompagnée de son groupe aéronaval comprenant des destroyers, des frégates et des escadrons de chasse, dont des F-35. Bien que le bâtiment n’ait pas encore officiellement intégré la zone de responsabilité du CENTCOM, son arrivée dans le golfe d’Oman est attendue dans les jours ou semaines à venir.

Parallèlement, le porte-avions USS George H. W. Bush a quitté cette semaine le port de Norfolk, en Virginie. Des spéculations persistent quant à son éventuel déploiement vers le Moyen-Orient, même si aucune confirmation officielle n’a été donnée. Si tel était le cas, il s’agirait d’un signal clair d’une préparation militaire à grande échelle, rarement observée hors période de conflit majeur.

À cette présence navale s’ajoutent des mouvements d’aviation militaire alliée. Des avions européens, dont des Typhoon britanniques, auraient été redéployés dans la région, renforçant l’impression d’un encerclement progressif de l’Iran. Pour de nombreux analystes, Washington se place dans une posture de dissuasion maximale, laissant planer la possibilité d’une frappe sans annoncer explicitement ses intentions.

Pendant ce temps, la situation intérieure iranienne continue de se détériorer. Selon l’organisation de défense des droits humains HRANA, le nombre de morts confirmés depuis le début des manifestations fin décembre aurait atteint 5 002, avec près de 9 800 décès supplémentaires en cours de vérification. Plus de 26 000 personnes auraient été arrêtées et environ 7 400 grièvement blessées. Le régime iranien conteste ces chiffres, avançant un bilan officiel de 3 117 morts.

Afin de limiter la diffusion d’images et d’informations, les autorités iraniennes ont instauré une coupure quasi totale d’Internet, désormais entrée dans sa troisième semaine. Cette censure numérique complique considérablement le travail des journalistes et des ONG, et alimente les accusations de crimes commis à huis clos. Sur la scène internationale, le Parlement européen a appelé à classer les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste, tandis que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a averti que la survie du régime iranien par le massacre de sa population constituerait « un échec de la communauté internationale ».

Même la Turquie s’est exprimée. Son ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a déclaré craindre qu’Israël ne cherche une occasion de frapper l’Iran, précisant explicitement viser Jérusalem plutôt que Washington. Des propos qui soulignent à quel point chaque acteur régional interprète les mouvements américains à travers le prisme de ses propres inquiétudes stratégiques.

Pour Israël, la visite du général Brad Cooper revêt une importance particulière. Elle symbolise la coordination étroite entre les forces israéliennes et américaines à un moment où les scénarios les plus extrêmes — d’une escalade régionale à une confrontation directe avec l’Iran — ne sont plus théoriques. Officiellement, personne ne parle de guerre imminente. Mais la concentration inédite de moyens militaires, combinée à la pression économique et à l’isolement diplomatique croissant de Téhéran, laisse peu de doute : les États-Unis veulent être prêts à toute éventualité.

Dans ce jeu dangereux, la diplomatie avance désormais au même rythme que les porte-avions. Et la venue du plus haut commandement du CENTCOM en Israël apparaît comme un message clair : le Moyen-Orient est redevenu, plus que jamais, l’épicentre des calculs stratégiques américains.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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