Le « grand ami d’Israël » en route vers Gaza : le nouveau cercle de Trump provoque une crise ouverte avec Jérusalem

L’initiative américaine censée structurer le « jour d’après » à Gaza a déclenché, en quelques heures, un affrontement politique rare entre Washington et Jérusalem.
Après l’annonce officielle du président des États-Unis Donald Trump concernant la création d’une « Conseil de la paix » chargée de gérer et reconstruire la bande de Gaza, la Maison-Blanche a adressé des invitations formelles à plusieurs dirigeants étrangers — dont le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre argentin Javier Milei.

Selon le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, cette décision n’a pas été coordonnée avec Israël et va à l’encontre de sa politique officielle concernant Gaza.


Une réaction israélienne au ton inhabituellement dur

Dans un communiqué qualifié de particulièrement ferme, le bureau du Premier ministre a déclaré :

« L’annonce de la composition du comité dirigeant de Gaza, subordonné à la Conférence de la paix, n’a pas été coordonnée avec Israël et contredit sa politique. Le Premier ministre a ordonné au ministre des Affaires étrangères de saisir le secrétaire d’État américain à ce sujet. »

Ce langage public marque un niveau de tension exceptionnel entre deux alliés stratégiques, d’autant plus notable que Donald Trump est généralement perçu en Israël comme l’un des présidents américains les plus favorables à ses positions sécuritaires.


La Turquie, cœur du désaccord

Le point de friction central réside dans l’intégration de la Turquie au mécanisme international.
Pour Jérusalem, la présence d’Ankara dans un organe chargé de superviser l’avenir de Gaza constitue une ligne rouge absolue. La Turquie est considérée comme un acteur hostile, entretenant des liens politiques étroits avec le Hamas et menant une offensive diplomatique virulente contre Israël depuis le début de la guerre.

Outre Erdogan, la structure annoncée inclut également le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, ainsi que des représentants du Qatar et de l’Égypte — malgré les objections répétées de Jérusalem à leur implication.


Javier Milei, allié d’Israël mais minoritaire

À l’opposé du spectre idéologique figure Javier Milei, régulièrement présenté comme l’un des dirigeants les plus pro-israéliens au monde.
Son inclusion dans la Conseil de la paix est perçue en Israël comme un contrepoids symbolique, mais insuffisant pour compenser la présence d’acteurs considérés comme ouvertement hostiles.

Selon des sources diplomatiques américaines, Washington estime néanmoins que tous les médiateurs régionaux — Égypte, Qatar, Turquie — doivent être représentés afin de garantir la viabilité du dispositif.


Une architecture internationale complexe

Le plan américain repose sur une hiérarchie institutionnelle en plusieurs niveaux :

  • La Conseil de la paix, présidée par Donald Trump, chargée de la supervision stratégique.
  • Un comité exécutif, responsable de la mise en œuvre concrète à Gaza.
  • Une commission palestinienne technocratique (NCAG), composée de 15 experts palestiniens dirigés par Ali Shaath, chargée de la gestion quotidienne des services civils (infrastructures, assainissement, éducation).

Parmi les figures centrales du dispositif figurent le secrétaire d’État Marco Rubio, les émissaires Jared Kushner et Steve Witkoff, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, ainsi que l’homme d’affaires israélien Yakir Gabay, seul Israélien intégré au dispositif — à titre personnel et non étatique.

Le poste de représentant suprême pour Gaza a été confié à Nikolay Mladenov, tandis que le commandement de la future force internationale de stabilisation (ISF) reviendra au général Jasper Jeffers.


Ben Gvir appelle à la reprise totale de la guerre

Dans le débat interne israélien, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir a soutenu publiquement la position de Netanyahu, appelant à une ligne encore plus dure :

« Gaza n’a besoin d’aucun comité de gouvernance. Elle doit être nettoyée des terroristes du Hamas, qui doivent être éliminés, tout en encourageant une émigration volontaire massive, conformément au plan initial du président Trump. »

Il a exhorté le Premier ministre à ordonner à Tsahal de se préparer à une reprise de la guerre avec une force écrasante afin d’atteindre l’objectif central : la destruction du Hamas.


Crise passagère ou fracture durable ?

Des sources politiques israéliennes soulignent que l’opposition n’est ni technique ni procédurale, mais fondamentalement stratégique : Israël refuse que des acteurs jugés hostiles participent aux décisions déterminant l’avenir de Gaza.

La décision de Jérusalem de rendre publique sa protestation vise à envoyer un message clair à Washington — mais aussi aux puissances régionales.
Reste à savoir s’il s’agit d’un désaccord ponctuel, susceptible d’être résolu par des discussions discrètes, ou du premier signe d’une divergence plus profonde entre Netanyahu et Trump sur le « jour d’après » à Gaza.

En quelques heures, un projet américain présenté comme coordonné s’est transformé en confrontation ouverte entre alliés historiques — révélant la fragilité de l’équilibre diplomatique autour de l’avenir de Gaza.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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