Trois mois après l’opération de Tsahal qui avait frappé Khan Younès, le Hamas reconnaît officiellement la mort de Mohammed Sinwar, frère cadet du chef du mouvement Yahya Sinwar et figure de premier plan de l’appareil militaire de l’organisation terroriste. L’annonce, tardive et embarrassée, survient alors que l’organisation publie également de rares clichés inédits de Mohammed Deif, l’ancien « chef d’état-major » des Brigades Ezzedine al-Qassam, lui-même éliminé il y a un an par une frappe israélienne ciblée.
L’aveu de ce double revers symbolique illustre la profondeur des coups portés par Israël à la hiérarchie militaire du Hamas depuis le 7 octobre. Officiellement, le mouvement islamiste a intégré pour la première fois Mohammed Sinwar dans son « tableau des martyrs », aux côtés de Yahya Sinwar, Ismaïl Haniyeh et Marwan Issa. Mais c’est moins un hommage qu’une capitulation narrative : en taisant pendant des mois la disparition de ce cadre opérationnel, le Hamas a tenté de masquer ses pertes et de préserver le moral de ses combattants.
Le 7 juillet dernier, l’armée israélienne avait confirmé avoir retrouvé le corps de Mohammed Sinwar dans un complexe souterrain aménagé sous l’hôpital européen de Khan Younès. Selon le porte-parole de Tsahal, le brigadier-général Effie Dufrin, l’endroit servait de centre de commandement pour les attaques du 7 octobre. « Voici la preuve de l’utilisation cynique par le Hamas des infrastructures civiles », avait-il déclaré en montrant les tunnels. « Au lieu de soigner, ils creusent, au lieu de protéger, ils assassinent. C’est d’ici qu’ils ont planifié les massacres. »
La mise au jour de cette cache illustre une constante des opérations israéliennes : cibler les dirigeants dans leurs sanctuaires, même dissimulés sous des hôpitaux, et révéler au grand jour la duplicité du Hamas. Les objets personnels retrouvés aux côtés de la dépouille de Sinwar, ainsi que d’autres indices, sont aujourd’hui exploités par le renseignement israélien pour compléter la traque.
Quant à Mohammed Deif, figure mythique du Hamas depuis les années 1990 et longtemps considéré comme insaisissable, sa mort a été confirmée il y a un an. L’organisation tente désormais d’entretenir sa légende en diffusant de nouvelles images, où on le voit entouré de responsables de haut rang. Une communication destinée à galvaniser ses rangs, mais qui rappelle surtout combien sa disparition a affaibli l’appareil militaire du Hamas.
Pour Israël, ces aveux tardifs démontrent la justesse et l’efficacité de la campagne militaire. Tsahal s’efforce non seulement de décapiter la direction terroriste, mais aussi de priver le Hamas de ses sanctuaires souterrains et de ses relais de propagande. La reconnaissance publique par le Hamas de la mort de Mohammed Sinwar, après trois mois de silence, est un succès psychologique supplémentaire pour l’État hébreu : il confirme que l’organisation n’est plus en mesure de contrôler son récit.
La guerre d’usure engagée par Israël atteint ainsi un double objectif : neutraliser physiquement les architectes du terrorisme et miner l’aura symbolique de leurs leaders. La mort des Sinwar, comme celle de Deif et d’Issa, souligne que nul n’est intouchable. Dans un conflit où l’opinion publique internationale reste un champ de bataille, le Hamas se retrouve de plus en plus contraint d’admettre ses défaites, quand Israël expose méthodiquement ses victoires.
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