Emmanuel Macron s’est envolé pour Beyrouth jeudi pour une visite de solidarité. Dans le quartier chrétien de la capitale libanaise, il a été accueilli comme le messie. «Aidez-nous, délivrez-nous de ce gouvernement», a crié la foule. Comme le note Ha’aretz, des appels ont également été lancés pour débarrasser les Libanais du Hezbollah.

Macron a promis aux citoyens de l’ancien mandat français de ne pas les laisser en difficulté. Il a promis de ne pas permettre aux fonctionnaires libanais corrompus de voler l’aide humanitaire internationale – et a même promis d’intervenir dans la situation politique au Liban. «J’offrirai au Liban un nouveau pacte politique. Je reviendrai le 1er septembre, et s’ils ne le font pas, j’assumerai la responsabilité politique », a déclaré le président français.

De nombreux citoyens libanais et français n’ont pas aimé ces déclarations bruyantes. Macron a été accusé de fanfare, de mégalomanie et prétend restaurer la domination coloniale française. «C’est un effet domino – d’abord les Turcs, puis les Français. Les citoyens libanais doivent apprendre à gouverner eux-mêmes leur pays », écrit la jeune Libanaise. Ses propos sont en accord avec les principaux slogans du mouvement de protestation de la jeunesse qui a balayé le Liban à la fin de l’année dernière – contre la corruption des autorités et toute ingérence étrangère dans la politique intérieure du Liban.

L’explosion monstrueuse du port de Beyrouth est le résultat d’un «mélange explosif» d’aventurisme étranger, de cupidité et de négligence totale des autorités libanaises. Il a été établi que pendant six ans, des tonnes de nitrate d’ammonium explosif jetées sur un navire naufragé par «l’homme d’affaires» russe Igor Grechushkin traînaient dans le port. Il transportait une cargaison dangereuse de la Moldavie au Mozambique et laissa l’équipage et la cargaison se débrouiller seuls à Beyrouth, n’ayant pas d’argent pour payer les marins ou pour payer la réparation du navire.