Suite aux rĂ©formes sur la casherout et la conversion , le ministère des Affaires religieuses rĂ©flĂ©chit Ă une nouvelle initiative qui pourrait dynamiser l’establishment rabbinique. Ynet et Yedioth Ahronoth ont appris que le ministre Matan Kahana envisageait une proposition visant Ă retirer du sol les corps des dĂ©funts un an après l’enterrement et Ă rĂ©cupĂ©rer leurs ossements de manière concentrĂ©e, dans le cadre des efforts visant Ă rĂ©soudre le manque de terres pour les cimetières Ă travers le pays.
Dans le cadre des discussions sur le budget de l’Etat, le ministère des Finances a Ă©voquĂ© Ă Kahana la nĂ©cessitĂ© de rĂ©duire l’utilisation des nouvelles terres de l’Etat, et d’utiliser au mieux les parcelles existantes et dĂ©jĂ exploitĂ©es. Les parties ont convenu que la tendance Ă l’enterrement saturĂ© sera accĂ©lĂ©rĂ©e et que l’enterrement traditionnel sur le terrain sera rĂ©duit en consĂ©quence, et en plus la proposition rĂ©volutionnaire sera examinĂ©e pour la première fois, selon laquelle le dĂ©funt ne sera enterrĂ© que pendant une courte pĂ©riode, pour la rĂ©utilisation des tombes.
L’initiative a Ă©tĂ© tentĂ©e de promouvoir ces dernières annĂ©es par plusieurs rabbins, universitaires et professionnels, et est basĂ©e sur la mĂ©thode de « l’enterrement de la Terre d’IsraĂ«l » mentionnĂ©e dans le Talmud. Le chef du conseil religieux du Gush Etzion, le rabbin Rafi Ostroff, mène les efforts dans ce dossier, et a mĂŞme fondĂ© une association qui s’en occupe. Il peut dĂ©sormais se voir accorder le parrainage de l’entreprise par l’État et sa mise en Ĺ“uvre par les sociĂ©tĂ©s funĂ©raires opĂ©rant au nom de l’État.
C’est ainsi que la mĂ©thode fonctionnera :
Dans des publications destinées à encourager le sujet, le rabbin Ostroff et ses amis ont expliqué le fonctionnement de la méthode :
« Le dĂ©funt est enterrĂ© dans le sol lors d’une sĂ©pulture ordinaire, comme ils le sont aujourd’hui. » Le sol est ouvert, et les ossements du dĂ©funt sont rassemblĂ©s avec le sol sur lequel il reposait dans un petit cercueil… Ce cercueil est placĂ© Ă l’intĂ©rieur d’un bâtiment ou d’une grotte funĂ©raire construit spĂ©cialement pour cela. »
Ils ont ajoutĂ© que « si la famille le demande – une place est rĂ©servĂ©e près de la tombe secondaire pour les autres membres de la famille. Sur l’ossuaire (mĂŞme cercueil, KN) est Ă©crit ce qu’ils Ă©criraient sur chaque condition normale du dĂ©funt. Le jour de l’anniversaire, la famille monte au nouveau tombeau, oĂą elle dit Kaddish et une prière pour l’âme du dĂ©funt. »
Les initiateurs du mouvement ont expliquĂ© dans leurs publications que dans une rĂ©alitĂ© dans laquelle sept millions de Juifs vivent en IsraĂ«l, et compte tenu de l’attente de l’État de trouver des solutions d’enterrement pour tout le monde, nous pourrions nous retrouver Ă vivre Ă l’avenir dans « un grand cimetière. » Un calcul qu’ils ont fait a rĂ©vĂ©lĂ© qu’environ 150 dunams sont nĂ©cessaires chaque annĂ©e pour de nouvelles parcelles. Bien qu’il y ait une tentative de les sauver en passant Ă l’enterrement saturĂ© par diverses mĂ©thodes, ils disent que ces solutions sont encore très coĂ»teuses, et occupent des terres qui auraient pu ĂŞtre utilisĂ©es Ă d’autres fins, il est donc prĂ©fĂ©rable de revenir Ă l’enterrement qui Ă©tait pratiquĂ© en IsraĂ«l pendant la Mishna et le Talmud.
« DifficultĂ© Ă©motionnelle, je n’y suis pas allé »
Sous-jacente Ă l’idĂ©e de renouveler le système se trouve l’hypothèse selon laquelle « une tombe n’a une valeur sentimentale maximale que pendant 60-50 ans », puisque la troisième gĂ©nĂ©ration (et au-delĂ ) des descendants du dĂ©funt ne la visitent plus, gĂ©nĂ©ralement. « Au-delĂ de ce laps de temps, le tombeau se trouve sans visiteurs et sans signification pour le reste de la vie », ont Ă©crit les initiateurs. « En Terre d’IsraĂ«l, chaque dunam d’un cimetière, prĂ©sent ou dans un futur proche, se fera au dĂ©triment de l’espace de vie de nos enfants ou petits-enfants, et encore aujourd’hui la possibilitĂ© d’acheter des appartements pour nos enfants devient plus chère de jour en jour. »
Selon le rabbin Ostroff, diverses sources halakhiques et historiques indiquent que c’Ă©tait le mode d’inhumation acceptĂ© dans le passĂ©, « incontestĂ© ». Il a fait valoir que « tĂ´t ou tard, ils devront ĂŞtre enterrĂ©s de cette manière Ă l’avenir, et toute la question est de savoir combien de terres seront saisies par les morts plutĂ´t que par les vivants jusque-là ».
Il a Ă©galement dĂ©clarĂ© qu’il avait suggĂ©rĂ© cela aux rabbins seniors et aux juges halakhiques de notre temps, et « la plupart d’entre eux conviennent que c’est la bonne chose Ă faire et qu’il n’y a pas de problème ». Concernant les adversaires, il a dit que leur position ne rĂ©sultait pas d’une difficultĂ© halakhique, mais seulement Ă©motionnelle. « Il est vrai qu’Ă propos de la mort et de l’enterrement beaucoup d’Ă©motion entre dans le système de considĂ©rations », a-t-il conclu. « Par consĂ©quent, il est clair pour moi que chaque Ă©tape vers la diversification de l’enterrement de la Terre d’IsraĂ«l doit ĂŞtre faite en coopĂ©ration avec les grands hommes de la Torah, les rabbins et le public. »
« Offre cruelle »
Dans la communautĂ© religieuse, et en particulier parmi les ultra-orthodoxes, nombreux sont ceux qui aujourd’hui insistent sur un enterrement traditionnel sur le terrain, malgrĂ© son prix Ă©levĂ©, et ne sont pas disposĂ©s Ă ĂŞtre enterrĂ©s dans des sols, des niches ou mĂŞme par paires. La dĂ©cision que le ministre des Affaires religieuses examine, si elle arrive Ă maturitĂ©, pourrait donc se heurter Ă une forte opposition de la part de l’establishment rabbinique et de ses reprĂ©sentants Ă la Knesset.
Jusqu’Ă ce que la situation devienne claire, le dĂ©putĂ© Moshe Arbel (Shas) a adressĂ© au gouvernement une question urgente sur le sujet, et en tant que prĂ©sident du lobby pour la prĂ©servation des cimetières juifs de la diaspora, il a exprimĂ© sa crainte que cette dĂ©cision ne les nuise et les profane.
« La dĂ©cision du ministre des Affaires religieuses Kahana d’accepter d’examiner le retrait des morts de leurs tombes est terrible, cynique et choquante et dĂ©pourvue de toute Ă©motion juive fondamentale », a dĂ©clarĂ© Arbel Ă Ynet et Yedioth Ahronoth, et a appelĂ© Kahana Ă immĂ©diatement annoncer que la proposition a Ă©tĂ© complètement retirĂ©e de l’ordre du jour. Il y aura pas de projet pilote et il n’y aura pas d’examen de cette proposition cruelle. »
Le cabinet du ministre des Affaires religieuses, Matan Kahana, a rĂ©pondu : « Le ministre des Cultes est attachĂ© Ă la loi sans aucune rĂ©serve mais aussi parmi les mĂŞmes alternatives proposĂ©es au ministre par un certain nombre de rabbins d’IsraĂ«l. » .




