Le porte-parole du ministère iranien des Affaires Ă©trangères, IsmaĂŻl BaqaĂŻ, a lancĂ© ce jeudi une accusation retentissante contre l’OTAN, affirmant que l’Alliance atlantique s’est rendue coupable d’une « implication active dans les frappes amĂ©ricaines et israĂ©liennes contre l’Iran ».
La dĂ©claration fait suite Ă un entretien accordĂ© par le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’OTAN, Mark Rutte, Ă la chaĂ®ne Fox News, dans lequel il aurait affirmĂ© que l’Alliance avait mis ses bases Ă disposition des États-Unis pour permettre l’atterrissage d’avions amĂ©ricains. C’est cette dĂ©claration que BaqaĂŻ a saisie comme une confirmation publique de la coresponsabilitĂ© de l’Alliance.
Un « aveu clair et accablant »
Dans un message publiĂ© sur le rĂ©seau X dans la nuit de mercredi Ă jeudi, BaqaĂŻ a qualifiĂ© les propos de Rutte de « confession claire et accablante d’une implication active de l’OTAN dans une guerre d’agression illĂ©gale contre un État souverain membre de l’ONU » — violation flagrante, selon lui, des normes fondamentales du droit international et des principes centraux de la Charte des Nations Unies. Il a conclu que l’organisation et les États membres ayant participĂ© Ă ces dĂ©cisions devaient ĂŞtre tenus pour « responsables de toutes les consĂ©quences qui en ont dĂ©coulĂ© ».
BaqaĂŻ a pointĂ© nommĂ©ment deux pays membres : l’Italie et la Roumanie, explicitement mentionnĂ©es, selon lui, par le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’OTAN comme participantes Ă l’opĂ©ration. Il a demandĂ© que ces deux États, ainsi que « tout autre pays europĂ©en ayant contribuĂ© Ă l’agression amĂ©ricano-israĂ©lienne contre l’Iran », s’expliquent devant leurs citoyens et devant la communautĂ© internationale sur les raisons de leur participation Ă ce qu’il qualifie d’acte d’agression caractĂ©risĂ©. La dĂ©claration iranienne mentionne Ă©galement plusieurs villes iraniennes frappĂ©es lors de l’opĂ©ration, dont Minab, Lâmerd, TĂ©hĂ©ran, Isfahan, Sanandaj, Hamadan, Tabriz, Chiraz et Bandar Abbas.
Une escalade rhétorique aux implications diplomatiques
Cette sortie iranienne intervient dans un contexte de tensions diplomatiques encore vives, plusieurs semaines après les frappes menĂ©es dans le cadre de l’opĂ©ration « Rugissement du Lion ». Si un cessez-le-feu fragile a Ă©tĂ© conclu, les hostilitĂ©s rhĂ©toriques entre TĂ©hĂ©ran et l’Occident n’ont pas cessĂ© pour autant. L’accusation d’une participation directe de l’OTAN — au-delĂ du soutien amĂ©ricain dĂ©jĂ bien documentĂ© — constitue un nouveau niveau d’escalade dans la narration iranienne du conflit, avec des implications potentiellement sĂ©rieuses pour plusieurs capitales europĂ©ennes.
Qu’il s’agisse d’une manĹ“uvre diplomatique calculĂ©e pour diviser l’Alliance atlantique ou d’une rĂ©vĂ©lation partiellement fondĂ©e sur les dĂ©clarations de Rutte, la dĂ©claration de BaqaĂŻ place plusieurs gouvernements europĂ©ens dans une position dĂ©licate, forcĂ©s de prĂ©ciser leur niveau d’implication rĂ©elle dans le conflit.
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