Le potentiel pétrolier inexploité du Venezuela pourrait désormais jouer en faveur des États-Unis

Le Venezuela possède un atout stratégique hors norme : les plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde. Environ 17 % des réserves mondiales, soit près de 303 milliards de barils, se trouvent sous son sol et au large de ses côtes. Pourtant, ce trésor énergétique n’a jamais été pleinement exploité. Aujourd’hui, à la faveur du renversement récent du régime de Caracas, ce potentiel pourrait connaître un basculement historique — au bénéfice direct des États-Unis et du marché énergétique mondial.

Pendant plus de deux décennies, la gestion du secteur pétrolier vénézuélien a été minée par une combinaison de mauvaise gouvernance, d’idéologie politique et de sanctions internationales. Sous les présidences successives de Hugo Chávez puis de Nicolás Maduro, la compagnie pétrolière nationale PDVSA a été progressivement vidée de son expertise, de ses investissements et de ses capacités techniques.

Une production dérisoire au regard des réserves

Malgré ses ressources colossales, le Venezuela ne produit aujourd’hui qu’environ 1,1 million de barils par jour. À titre de comparaison, les États-Unis produisent environ 13,4 millions de barils quotidiens, et l’Arabie saoudite près de 10,8 millions. Ce contraste souligne l’ampleur du gâchis industriel.

Au début des années 2000, la production vénézuélienne atteignait pourtant entre 2 et 2,5 millions de barils par jour. Le tournant est survenu en 2002, lorsque Hugo Chávez a lancé une reprise en main politique de PDVSA, accompagnée du licenciement massif de cadres et d’ingénieurs expérimentés à la suite d’une grève nationale. Cette purge a provoqué une perte durable de savoir-faire et une dégradation accélérée des infrastructures.

À long terme, l’absence d’investissements, la chute des prix du pétrole et l’effondrement économique du pays ont entraîné un recul dramatique de la production — tombant à moins de 500 000 barils par jour à son plus bas niveau.

Le rôle décisif des sanctions américaines

Les sanctions imposées par l’administration du président Donald Trump lors de son premier mandat ont porté un coup supplémentaire au secteur, en bloquant l’accès du Venezuela aux marchés et aux technologies occidentales. Une légère reprise a été observée lorsque l’administration Joe Biden a partiellement allégé les sanctions, autorisant notamment Chevron à reprendre certaines activités en échange de promesses électorales de Caracas — promesses qui, selon Washington, n’ont jamais été tenues.

La Chine a tenté de prendre le relais comme partenaire énergétique et financier du Venezuela, mais s’est heurtée à un obstacle majeur : la nature même du pétrole vénézuélien.

Un pétrole « lourd »… et une opportunité américaine

Le brut extrait principalement de la ceinture de l’Orénoque est classé parmi les pétroles les plus lourds et visqueux au monde. Son raffinage nécessite des installations complexes et coûteuses, capables de transformer ce brut dense en carburants exploitables : essence, diesel, GPL ou kérosène.

Or, ces infrastructures existent déjà — et presque exclusivement — sur la côte sud des États-Unis, le long du golfe du Mexique. Les raffineries américaines y ont été spécialement adaptées au fil des décennies pour traiter ce type de pétrole lourd, contrairement à la majorité des installations en Europe ou en Asie.

Selon les données de l’Energy Information Administration, les raffineries américaines sont aujourd’hui parmi les seules capables d’absorber à grande échelle le brut vénézuélien, d’autant plus que les installations locales au Venezuela sont dans un état de dégradation avancée, conséquence de décennies de sous-investissement et de mauvaise maintenance.

Un paradoxe énergétique extrême

Ce déclin a engendré une situation paradoxale : le Venezuela, pourtant assis sur la plus grande réserve de pétrole au monde, a connu des pénuries chroniques de carburant pour sa propre population. Faute de capacités de raffinage fonctionnelles, le pays a parfois dû importer de l’essence.

Un basculement stratégique mondial

Si un nouveau pouvoir stable s’installe à Caracas et que les investissements de plusieurs dizaines de milliards de dollars nécessaires à la réhabilitation du secteur pétrolier sont engagés, les États-Unis se retrouveraient dans une position unique. Ils pourraient redevenir le pivot central de la transformation et de la redistribution du pétrole vénézuélien vers les marchés mondiaux.

Un tel scénario aurait des conséquences majeures : baisse potentielle des prix du pétrole, sécurisation accrue de l’approvisionnement énergétique américain et affaiblissement durable de l’influence énergétique de rivaux comme la Chine ou l’Iran.

Lorsque Donald Trump évoque le pétrole du Venezuela « volé par les régimes Chávez et Maduro », c’est précisément à ce potentiel stratégique qu’il fait référence. L’avenir du brut vénézuélien pourrait ainsi devenir l’un des leviers géopolitiques majeurs de la prochaine décennie.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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