Le « Prince Vert » : pourquoi une attaque militaire contre l’Iran serait vouée à l’échec

L’ancien membre du Hamas connu sous le surnom de Mosab Hassan Yousef, surnommé le « Prince Vert », livre une analyse sans ambiguïté sur l’Iran, fondée sur une comparaison directe entre l’invasion américaine de l’Irak en 2003 et l’hypothèse d’une action militaire contre l’Iran aujourd’hui. Sa conclusion est claire : un changement de régime par la force militaire directe n’est plus réalisable, même pour les grandes puissances.

Selon Mosab Hassan Yousef, l’époque où une coalition occidentale pouvait renverser un régime hostile par une invasion massive est révolue. L’exemple irakien sert d’avertissement : malgré une supériorité militaire écrasante, les États-Unis n’ont pas réussi à instaurer une stabilité durable. L’Irak post-2003 a sombré dans le chaos, les guerres civiles et l’expansion de groupes terroristes, avec des conséquences régionales encore visibles aujourd’hui.

Dans le cas iranien, le « Prince Vert » estime qu’une telle tentative serait encore plus risquée. L’Iran dispose d’un appareil sécuritaire profondément enraciné, d’une idéologie structurante et d’un réseau régional de proxys armés. Une attaque militaire directe ne conduirait pas à l’effondrement du régime, mais à une escalade régionale majeure, susceptible d’impliquer Israël, les bases américaines au Moyen-Orient et les voies maritimes stratégiques.

Pour Mosab Hassan Yousef, toute tentative de renversement militaire aboutirait presque certainement à un échec catastrophique, créant un vide du pouvoir, favorisant une guerre civile ou provoquant une explosion régionale incontrôlable. Il rejette donc l’idée d’une intervention rapide ou d’un « coup décisif ».

Face à cette impasse militaire, il propose une alternative réaliste, fondée non pas sur la force armée, mais sur une pression prolongée et ciblée. Cette stratégie repose sur plusieurs leviers clairement identifiés :
le renforcement de sanctions économiques ciblées,
le gel des avoirs à l’étranger des élites du régime,
l’imposition d’embargos stricts sur les exportations de pétrole,
et une pression économique et informationnelle continue visant à asphyxier financièrement le Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC).

L’objectif n’est pas un effondrement brutal, mais une érosion progressive du régime de l’intérieur. Mosab Hassan Yousef insiste sur le fait que les véritables moteurs du changement ne viendront pas de l’extérieur, mais des forces internes iraniennes : l’aggravation de la crise économique, la pénurie d’eau, l’augmentation du mécontentement populaire et la fatigue d’une société soumise à une pression constante.

Selon lui, laisser ces dynamiques internes suivre leur cours, tout en maintenant une pression internationale ferme, offre une chance réelle de transformation sans provoquer un chaos régional. Cette approche vise à donner au peuple iranien l’espace nécessaire pour provoquer le changement selon ses propres termes, sans intervention militaire étrangère.

Mosab Hassan Yousef précise que cette lecture stratégique est celle que de nombreux conseillers transmettent actuellement au président Donald Trump. Elle repose sur un constat partagé : le régime des ayatollahs ne tombera pas rapidement et ne disparaîtra pas sous les coups d’une armée étrangère.

Enfin, dans une dimension plus spirituelle qu’il assume pleinement, le « Prince Vert » affirme que la fin du régime iranien ne relèvera pas de la puissance militaire humaine. Selon lui, cette issue appartient à un cadre prophétique, qu’il rattache au livre d’Ézéchiel, dans ce qu’il appelle « la prochaine guerre ». Une vision qui dépasse l’analyse géopolitique classique, mais qui structure clairement sa lecture des événements.

 


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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