Le Qatar contre les Etats-Unis et le plan de paix de Trump : « Nous soutiendrons les Palestiniens »

Le plan de paix de Trump continue de faire face Ă  des difficultĂ©s : après la tempĂŞte causĂ©e par l’ambassadeur amĂ©ricain en IsraĂ«l, qui exprimait « le droit d’IsraĂ«l d’annexer une partie de la JudĂ©e Samrie », il semble que le reprĂ©sentant palestinien soit disposĂ© Ă  assister Ă  une confĂ©rence au BahreĂŻn qui traitera du plan de paix mais le Qatar est fermement opposĂ© Ă  la possibilitĂ© de soutenir le plan de paix si les Palestiniens s’y opposent.

Selon le ministre des Affaires Ă©tran-gères, Cheikh Mohammed bin Abdul Rahman Al-Tani, le Qatar soutiendra un plan acceptable pour les Palestiniens, et il a ajoutĂ© qu’un avertissement Ă©tait formulĂ© selon lequel leurs conditions ne pourraient pas ĂŞtre imposĂ©es.

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« Selon ce que nous comprenons, Ă  ce stade, il y a un dĂ©saccord entre les Palestiniens et les Etats-Unis », a dĂ©clarĂ© le ministre aux journalistes Ă  Londres. Notre position reste très claire: nous soutiendrons tout plan pour lequel les Palestiniens expriment leur soutien. « La semaine dernière, Jared Kushner, qui dirige l’initiative de paix, a dĂ©clarĂ© que les Palestiniens mĂ©ritaient « l’autodĂ©termination », mais a exprimĂ© des doutes sur leur capacitĂ© Ă  maintenir un État indĂ©pendant.

Hier soir, un responsable amĂ©ricain a donnĂ© des Ă©claircissements sur une interview donnĂ©e au New York Times et a rejetĂ© ses propos. En rĂ©ponse, il a Ă©tĂ© affirmĂ© que « la position de l’administra-tion sur les implantations de peuplement en IsraĂ«l n’a pas changé », ce qui signifie qu’il n’a pas exprimĂ© son soutien Ă  la possibilitĂ© qu’IsraĂ«l annexerait une partie des territoires. Tant l’AutoritĂ© palestinienne que le Hamas et le Fatah ont rĂ©agi avec colère aux propos de Friedmann et ont menacĂ© de dĂ©stabiliser la rĂ©gion. « Peace Now » a mĂŞme appelĂ© Trump Ă  renvoyer immĂ©diatement Friedmann.

« IsraĂ«l n’a pas prĂ©sentĂ© aux Etats-Unis d’annexion unilatĂ©rale d’une partie de la Cisjordanie », a dĂ©clarĂ© le dĂ©parte-ment d’Etat amĂ©ricain, ajoutant que « aucun plan de ce type n’est en cours de discussion ».

Dans une interview accordĂ©e au New York Times, l’ambassadeur israĂ©lien a dĂ©clarĂ© qu’IsraĂ«l avait le droit d’annexer certains des territoires de JudĂ©e-Samarie occupĂ©s en 1967. Dans une interview accordĂ©e la semaine dernière, Friedman a affirmĂ© que « dans certaines circonstances, Ă  mon avis, IsraĂ«l a le droit de prĂ©server une partie de la Cisjordanie ». L’ambassadeur, qui a critiquĂ© la direction palestinienne, qui a dĂ©clarĂ© qu’il offensait le « plan du siècle » et la confĂ©rence Ă©conomique qui se tiendra ce mois-ci Ă  BahreĂŻn, a dĂ©clarĂ©: « Il est peu probable qu’IsraĂ«l maintienne toute la Cisjordanie ».

L’Ambassadeur Friedmann a refusĂ© de dire quelle serait la rĂ©action des États-Unis si le gouvernement israĂ©lien annexait unilatĂ©ralement la JudĂ©e-Samarie : « Nous n’avons pas pris position avant de comprendre de quel territoire nous parlons, dans quelles conditions, pourquoi cela a un sens, pourquoi il est bon pour IsraĂ«l et la rĂ©gion, « Nous voulons comprendre toutes ces considĂ©rations et je ne veux pas en juger d’avance. » Lorsqu’on lui a demandĂ© s’il s’attend Ă  la crĂ©ation d’un État palestinien, il a rĂ©pondu de manière Ă©vasive : « Qu’est-ce qu’un État? La dernière chose dont le monde a besoin est un État palestinien dĂ©faillant entre IsraĂ«l et la Jordanie. « 

Les citations de Friedman ont Ă©tĂ© interprĂ©tĂ©es comme un soutien supplĂ©mentaire et sans rĂ©serve de l’administration Trump au sein du gouvernement israĂ©lien et de la politique de la droite israĂ©lienne – que Netanyahu a promis de mettre en Ĺ“uvre avant les Ă©lections prĂ©cĂ©dentes. Ibrahim Malham, porte-parole du gouvernement palestinien, a ferme-ment condamnĂ© ces propos et a dĂ©clarĂ© que Friedman Ă©tait « l’ambassadeur des colonies ». Selon lui, les dĂ©clarations du genre de celles que Friedman a faites Ă©taient « typiques de l’arrogance amĂ©ricaine et reflĂ©taient la politique Ă©trangère de la superpuissance amĂ©ricaine, qui est dominĂ©e par un groupe d’extrĂ©mistes comme Kushner, Greenblatt et Friedman qui n’ont pas encore mĂ»ri politiquement ».

Saeb Erekat, haut responsable de l’AutoritĂ© palestinienne, a dĂ©clarĂ© que les propos de Friedman montraient que l’objectif rĂ©el de l’accord de 100 ans Ă©tait « d’Ă©liminer la question palestinienne et d’annexer le territoire occupĂ© qui constitue un crime de guerre ». Le Fatah s’est Ă©galement joint Ă  la condamnation et s’est demandĂ© si elle reflĂ©tait une position officielle amĂ©ricaine ou celle des colons, notant que les États-Unis soutenaient depuis des annĂ©es des accords fondĂ©s sur des rĂ©solutions de l’ONU qui considèrent la JudĂ©e-Samarie comme un territoire occupĂ© au regard du droit international: Le principe des deux États, au sein duquel la communautĂ© internationale est unie, et la rĂ©ponse aux positions de la droite israĂ©lienne extrĂŞme et raciste. »

Ils ont Ă©galement attaquĂ© le Fatah : « Nous n’avons pas entendu Friedmann parler des appels de Netanyahu, alors que les dirigeants palestiniens ont adoptĂ© une approche de paix et de nĂ©gociation depuis 1988. Nous sommes attachĂ©s Ă  la paix, pas Ă  n’importe quel prix. » Le Fatah a mis en garde contre les dangers des dĂ©clarations de Friedman sur la sĂ©curitĂ© et la stabilitĂ© dans la rĂ©gion : « C’est un coup portĂ© au processus de paix et aux efforts du monde sur cette question, y compris ceux des États-Unis. C’est une tentative misĂ©rable qui n’apportera la paix et la sĂ©curitĂ© Ă  personne. Le peuple palestinien et les dirigeants lĂ©gitimes n’accepteront aucune solution qui ne rĂ©ponde pas aux besoins essentiels et ne conduira pas Ă  deux États, dont l’un est un État palestinien indĂ©pendant, avec JĂ©rusalem-Est pour capitale. « 

Le Hamas a dĂ©clarĂ© que les dĂ©clara-tions de Friedmann porteraient atteinte Ă  la stabilitĂ© dans la rĂ©gion et Ă  la lĂ©gitimitĂ© internationale : « Ces choses sont inacceptables, elles illustrent le » dĂ©mantèlement « de la mentalitĂ© coloniale de ce gouvernement extrĂ©miste. » Le Hamas a Ă©galement dĂ©clarĂ© : « Cela fait partie de la politique d’agression Ă  l’Ă©gard du peuple palestinien, une politique qui nuit aux composantes de la cause palesti-nienne ». Le Hamas a demandĂ© Ă  l’AutoritĂ© palestinienne d’abandonner la « position d’attente » pour une action amĂ©ricaine et de prendre l’initiative de faire face Ă  « l’accord de Trump ». Le Jihad islamique a Ă©galement critiquĂ© le comportement de l’ambassadeur : « C’est un colon extrĂ©miste qui mène une politique extrĂ©miste ».

Le ministre de la SĂ©curitĂ© publique, Gilad Erdan, a commentĂ© l’ambassadeur amĂ©ricain en IsraĂ«l, David Friedman, et a dĂ©clarĂ© que seule sa vision du monde « pourrait apporter un changement et amener les Palestiniens Ă  comprendre qu’un boycott d’IsraĂ«l et des États-Unis et un soutien Ă  la terreur et Ă  l’incitation ne leur apporteraient aucun succès ».

Selon Erdan, les Palestiniens ont refusĂ© « toute proposition de compromis » et ont dĂ©clarĂ© qu’Ă  l’Ă©poque d’Abou Mazen, il n’y aurait pas de nĂ©gociations politiques. « Ce n’est que si la prochaine direction des Palestiniens se tourne vers le public de l’AP, ce qu’IsraĂ«l et le monde n’attendront pas, qu’il y aura une direction disposĂ©e Ă  faire des concessions aux Palestiniens.