Le robinet financier est coupé : le coup sévère porté au Hezbollah

L’extraction spectaculaire de l’ancien président vénézuélien Nicolás Maduro de sa cachette à Caracas, suivie de son transfert pour y être jugé aux États-Unis, marque bien plus qu’un événement judiciaire retentissant. Elle symbolise le retour assumé de Washington au rôle de “gendarme du monde”, un rôle qui s’était considérablement érodé au cours des trois dernières décennies. Mais surtout, cette opération porte un coup stratégique majeur à l’un des acteurs les plus dépendants de l’économie souterraine mondiale : le Hezbollah.

Maduro est l’héritier politique de Hugo Chávez, président du Venezuela de 1998 à 2013. Chávez avait reçu un pays riche, libéral et prospère. Sous sa direction, puis sous celle de Maduro, le Venezuela a été transformé, au nom de l’idéologie bolivarienne, en dictature socialiste hypercentralisée, dominée par la corruption et la répression. Lorsque Maduro, ancien chauffeur de bus devenu homme de confiance absolu de Chávez, a pris les rênes du pouvoir, le pays était déjà engagé dans une spirale de déclin. En treize années de règne autoritaire, il a consolidé son pouvoir par des élections truquées, tout en menant le Venezuela vers l’effondrement économique, l’exode massif des classes moyennes et une paupérisation sans précédent.

La chute de Maduro a des répercussions mondiales, y compris au Moyen-Orient. Le Venezuela était devenu l’un des principaux hubs du narcotrafic international. À mesure que la production pétrolière s’effondrait en raison de la corruption et du manque d’entretien des infrastructures, le régime s’est tourné vers des activités criminelles de grande ampleur : trafic de drogue, contrebande de pétrole, commerce illégal d’armes et de minerais, et blanchiment d’argent à l’échelle industrielle. Des routes terrestres et maritimes permettaient d’acheminer la cocaïne vers les États-Unis, l’Europe et l’Afrique, générant des flux financiers colossaux.

Dans ce système, Maduro n’agissait pas seul. Ses partenaires centraux étaient les Gardiens de la Révolution islamique et le Hezbollah. Ces deux acteurs ont fourni au régime vénézuélien protection, expertise sécuritaire et parfois même garde rapprochée. En échange, ils ont bénéficié d’un accès privilégié à une gigantesque machine criminelle : plus d’une centaine de navires, des flottes de camions, et des centaines de sociétés écrans dédiées au trafic et au blanchiment. Une partie des profits a ensuite été investie dans des entreprises de transport parfaitement légales, ainsi que dans des biens immobiliers aux États-Unis et en Europe, assurant des revenus “propres” à long terme.

Pour le Hezbollah, ce réseau n’était pas périphérique : il constituait son principal moteur de régénération économique. Les dizaines, voire centaines de millions de dollars générés chaque année permettaient de compenser les sanctions, de financer l’armement, la logistique et l’appareil social de l’organisation au Liban. C’est pourquoi la chute de Maduro représente pour le Hezbollah une perte bien plus grave que des revers militaires sur le champ de bataille, y compris face à Tsahal. Un dépôt d’armes peut être reconstruit ; un robinet financier de cette ampleur, beaucoup plus difficilement.

La Russie et l’Iran sont également touchés. Moscou avait profité de la faiblesse vénézuélienne pour récupérer des contrats pétroliers de plusieurs milliards de dollars, parfois au détriment d’investissements chinois déjà engagés. La disparition de Maduro est donc une mauvaise nouvelle pour Vladimir Poutine, qui perd un allié stratégique et une source indirecte de revenus et d’influence en Amérique latine.

Enfin, l’opération américaine elle-même envoie un message clair. Sous l’impulsion du président Donald Trump, Washington démontre qu’il est prêt à agir de manière décisive contre des régimes criminels, même loin de ses frontières immédiates. Pour Israël, ce retour d’une Amérique déterminée, capable d’utiliser un “gourdin” géopolitique crédible, est un atout stratégique majeur.

En résumé, l’arrestation de Maduro ne signifie pas seulement la fin probable d’un dictateur. Elle coupe l’une des artères économiques vitales du Hezbollah et de l’axe iranien, affaiblissant durablement leur capacité d’action. Pour ces organisations, reconstruire un réseau d’une telle ampleur prendra des années — si cela reste seulement possible.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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