La Commission pour la promotion du statut des femmes et l’égalité de genre de la Knesset a tenu, dimanche matin, une séance de suivi consacrée à l’accompagnement des victimes d’agressions sexuelles. Au cœur du débat, le témoignage de Shi‑Li Atri, chanteuse israélienne et survivante du massacre de Kfar Aza, qui a livré une déclaration d’une rare force sur l’agression sexuelle qu’elle affirme avoir subie et sur les défaillances du système censé protéger les victimes.
Devant les députés, Shi-Li Atri s’est présentée à la fois comme veuve de Yehav Wiener, tué le 7 octobre en protégeant sa famille, et comme victime d’une agression sexuelle qu’elle dit avoir dénoncée aux autorités. Elle a expliqué que, malgré le dépôt d’une plainte et la transmission d’éléments à la police, l’enquête avait été close faute de preuves suffisantes, laissant un profond sentiment d’abandon et d’injustice.
Dans une déclaration marquante, la chanteuse a dénoncé ce qu’elle a qualifié de « culture du silence » entourant les violences sexuelles, affirmant que l’absence de reconnaissance et l’inaction institutionnelle constituent une forme de violence supplémentaire. « Être réduite au silence donne l’impression d’être agressée une seconde fois », a-t-elle déclaré, ajoutant qu’elle refusait désormais de se taire.
Selon elle, une large majorité des dossiers d’agressions sexuelles n’aboutissent ni à un acte d’accusation ni à une condamnation. Elle a évoqué des manquements graves dans la conduite de l’enquête, notamment l’absence d’audition de témoins clés, et a exprimé l’espoir que les autorités judiciaires réexaminent le dossier avec sérieux et indépendance.
Au cours de la séance, il a également été annoncé qu’un projet de loi, rédigé en collaboration avec l’Association des centres d’aide aux victimes d’agressions sexuelles, sera prochainement soumis à la Knesset. Ce texte vise à accorder aux victimes un droit d’information et d’expression lorsqu’une demande d’ordonnance de non-publication concernant l’identité d’un suspect est déposée. Aujourd’hui, ces décisions sont prises sans que la victime ne soit formellement consultée.
La réunion a été marquée par des interventions de journalistes, de responsables associatifs, de députés et de représentantes des forces de l’ordre, qui ont reconnu les limites du système actuel et la nécessité de renforcer la protection, l’accompagnement et la place des victimes tout au long de la procédure pénale. Plusieurs députés ont parlé d’un sentiment de « trahison » ressenti par les victimes face aux institutions.
En conclusion, la présidente de la commission a appelé à une réforme en profondeur des mécanismes d’enquête et de suivi, à l’établissement d’indicateurs clairs de qualité de service pour les victimes, et à un examen sérieux de la proposition législative annoncée. Le témoignage de Shi-Li Atri a ainsi mis en lumière, au-delà de son cas personnel, une problématique structurelle qui continue de secouer la société israélienne.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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