L’erreur fatale d’Abu Obeida qui a conduit a son elimination : la voix du Hamas réduite au silence

Depuis plus de vingt ans, il était la voix martiale du Hamas, celui qui apparaissait encagoulé pour revendiquer des attaques ou menacer Israël. Ce dimanche, tout le monde arabe en parle : Abu Obeida, porte-parole de la branche armée du mouvement islamiste, a été tué dans une frappe ciblée de Tsahal à Gaza.

Selon des sources palestiniennes citées par Al-Arabiya, Israël a bombardé l’appartement où il se trouvait, provoquant la mort de tous les occupants. Sa famille et des cadres du Hamas ont reconnu le corps, confirmant ainsi ce que l’organisation avait tenté de démentir dans un premier temps. D’après un responsable de sécurité, l’erreur d’Abu Obeida aurait été de s’abriter dans une maison récemment louée par des proches, dont l’adresse avait été rapidement repérée par les services israéliens.

La frappe, menée conjointement par Tsahal, le Shin Bet et la direction du renseignement militaire (AMAN), illustre la précision de l’appareil israélien. Un drone de l’armée de l’air a tiré des munitions guidées sur deux étages du bâtiment, situé près du « carrefour thaïlandais », à l’ouest de la ville de Gaza, non loin du stade Palestine. L’armée souligne que « des mesures ont été prises pour réduire les dommages collatéraux », citant l’usage d’armes de précision et une surveillance aérienne constante. Malgré cela, les sources médicales locales font état d’au moins sept morts et plusieurs dizaines de blessés.

La disparition d’Abu Obeida est un coup dur pour le Hamas. Au-delà de son rôle symbolique, il coordonnait une partie essentielle de la propagande militaire, en galvanisant les partisans et en tentant de démoraliser l’opinion israélienne. Sa mort, confirmée par sa propre famille, brise un tabou : même les cadres les plus protégés ne sont plus à l’abri.

Dans sa réaction officielle, le Hamas a dénoncé « une escalade criminelle visant à forcer les civils à évacuer Gaza », appelant la communauté internationale à « sanctionner les dirigeants de l’occupation ». Le discours, identique à celui adopté après les frappes précédentes, masque mal la stupeur dans les rangs de l’organisation. « Le Hezbollah est sous le choc », titraient déjà certains médias arabes, reconnaissant que la supériorité technologique israélienne – satellites, interceptions électroniques et infiltration humaine – a atteint des niveaux redoutables.

Cette élimination s’inscrit dans une stratégie plus vaste de décapitation des structures militaires ennemies, qu’il s’agisse du Hamas, du Hezbollah ou des Houthis. Après les révélations sur l’exploitation des téléphones portables des gardes du corps iraniens, après les assassinats ciblés de commandants de haut rang, l’opération contre Abu Obeida démontre une constante : Israël frappe au cœur du système adverse, là où celui-ci se croit le plus protégé.

Mais l’impact est aussi psychologique. L’image d’un Hamas privé de sa voix la plus reconnaissable, et forcé de reconnaître sa mort, réduit considérablement sa capacité de mobilisation médiatique. L’organisation terroriste, déjà affaiblie militairement par des mois de combats, se retrouve privée de l’un de ses instruments de propagande les plus puissants.

Au plan régional, ce succès renforce la dissuasion israélienne face à l’axe Téhéran-Gaza-Beyrouth-Sanaa. Il rappelle que, dans la guerre asymétrique qui se joue, l’avantage repose sur la technologie, le renseignement et la patience stratégique. C’est là, et non dans les slogans ou les vidéos de propagande, que se joue l’avenir du Moyen-Orient.

.