LES AFFRES DE LA POLITIQUE – Par Rony Akrich

 

La manipulation des masses est apparue dès que l’homme dans son histoire fut capable de se composer en communautĂ©s hiĂ©rarchisĂ©s et d’utilitĂ©s diffĂ©rentes. Les responsables cherchant Ă  accroĂ®tre et Ă  conserver leurs pouvoirs, manĹ“uvraient les masses crĂ©dules et ce afin d’entretenir leurs intĂ©rĂŞts et leurs ambitions. Une des tournures usuelles de ce procĂ©dĂ© manipulatoire est de corrompre le comportement d’un objectif dĂ©signĂ© en changeant sa perception du rĂ©el. Le rĂ©sultat Ă  atteindre Ă©tant toujours de maintenir une solide emprise sur l’objectif par une situation de dĂ©pendance psychologique et matĂ©rielle.

Israel Hai - Toute l actualite israelienne en une seule application gratuite

Ces « princes » d’IsraĂ«l, ces « sommitĂ©s » spirituelles se revendiquent comme porte-parole d’une tourbe humaine, nouvellement libre. Leur pouvoir de domination s’avance masquĂ©, il prend l’aspect plus ou moins trompeur d’une des formes du pouvoir gouvernant. Ce dernier type de pouvoir est l’idĂ©al rĂ©gulateur indispensable de la vie politique, ils doivent apprendre Ă  l’exploiter, ils doivent en permanence s’y rĂ©fĂ©rer dans leurs discours. L’intĂ©rĂŞt supĂ©rieur de la nation, du peuple, de l’entreprise sont censĂ©s commander leurs dĂ©cisions et leurs actions, mĂŞme et surtout lorsqu’ils font usage de la force, de la menace ou de l’exclusion.

La stabilitĂ© des institutions est affaire de pouvoir de persuasion accompagnĂ© de fermetĂ©; la persuasion joue sur les motivations des individus en les dĂ©tournant, voire en les corrompant, dès lors qu’elle prĂ©tend les asservir Ă  des fins de domination. Or seule la vĂ©ritĂ© est libĂ©ratrice car elle seule rend possible une action visant Ă  transformer le rĂ©el selon des fins lucidement Ă©valuĂ©es. Le mensonge, le faux-semblant, les leurres mettent en scène des fantasmes, plus ou moins inconscients; en les prĂ©sentant comme rĂ©alisables Ă  la condition de se plier aux ordres de celui qui dĂ©tient le pouvoir ou y prĂ©tend. Ce ne sont, Ă  la longue, que des manipulations dĂ©cevantes qui Ă  coup d’illusions prĂ©parent la dĂ©sillusion, la dĂ©motivation, ou pire, la haine de soi et des autres si ce n’est la violence.

Les limites du pouvoir rationnel dĂ©coulent de son caractère autocratique: il s’arroge le monopole de l’ordre de la raison contre le dĂ©sordre des passions. La raison, dans toute dĂ©cision, est constamment entrelacĂ©e de dĂ©sirs Ă  la signification et Ă  la valeur ambiguĂ«s chez les dirigeants, comme, sinon plus que, chez les dirigĂ©s.

Les gouvernants, en prĂ©tendant diriger au nom de la raison et non pas au nom des dirigĂ©s eux-mĂŞmes, d’une part dĂ©possèdent ceux-ci de leur propre facultĂ© de dĂ©libĂ©ration rationnelle. Ils rĂ©duisent les individus Ă  n’ĂŞtre que des citoyens passifs, incapables de mettre en Ĺ“uvre les signes suffisants de la reconnaissance de soi, ce qui rend leur consentement problĂ©matique quel que soit la validitĂ© objective des dĂ©cisions prises. D’autre part, ils les rendent incapables de s’amĂ©liorer par eux-mĂŞmes en leur refusant de prendre conscience sur la base de l’expĂ©rience de la dĂ©cision et de l’action politique de leurs erreurs et des moyens de les corriger. Ainsi, nos princes peuvent-ils s’octroyer le droit de dĂ©nigrer et de contrecarrer le projet divin.