Une nouvelle Ă©tude de l’UniversitĂ© de Tel Aviv rĂ©vèle que le syndrome de fibromyalgie, une affection chronique caractĂ©risĂ©e par une douleur, une fatigue et des difficultĂ©s cognitives gĂ©nĂ©ralisĂ©es, peut ĂŞtre une consĂ©quence de la dĂ©tresse physique et psychologique post-traumatique associĂ©e Ă des abus sexuels dans l’enfance.
La recherche suggère que les survivants d’abus sexuel dans l’enfance qui dĂ©veloppent une fibromyalgie pourraient ĂŞtre efficacement traitĂ©s avec une oxygĂ©nothĂ©rapie hyperbare, l’application d’une pression hyperbare associĂ©e Ă une augmentation de l’apport en oxygène Ă des tissus privĂ©s d’oxygène.
La nouvelle étude fait partie d’une collaboration en cours entre TAU, l’Université de Haïfa et le Centre médical Assaf Harofeh, qui étudie de nouvelles stratégies thérapeutiques permettant de traiter les victimes d’abus sexuels durant leur enfance. Il a été mené par le Professeur Shai Efrati de la Faculté de médecine Sackler de la TAU et de la Faculté de neuroscience Sagol et directeur du Centre de recherche et hyperbare Sagol du Centre médical Assaf Harofeh et publié en ligne dans Frontiers in Psychology le 14 décembre 2018.
«Nous savons maintenant qu’un stress Ă©motionnel sĂ©vère, tel que celui provoquĂ© par un abus sexuel, peut provoquer des lĂ©sions cĂ©rĂ©brales chroniques», explique le professeur Efrati. «Ces blessures au cerveau, qui ne guĂ©rissent pas, peuvent expliquer certains troubles physiques et psychologiques Ă long terme, comme la fibromyalgie.
«Nous savons aussi maintenant que la fibromyalgie s’enracine dans la partie du cerveau responsable de l’interprétation de la douleur. En utilisant de nouvelles technologies d’imagerie cérébrale, nous avons pour la première fois identifié les zones du cerveau touchées par un traumatisme.
«Nous pensons que nos rĂ©sultats servent d’explication aux rĂ©sultats souvent limitĂ©s d’une intervention psychologique, qui ne permettent pas une rĂ©paration physiologique du tissu cĂ©rĂ©bral endommagé», poursuit le professeur Efrati. « L’Ă©tude montre que lorsque ces blessures au cerveau sont traitĂ©es avec une oxygĂ©nothĂ©rapie hyperbare, la neuroplasticitĂ© peut ĂŞtre induite et les symptĂ´mes cliniques associĂ©s amĂ©liorĂ©s de manière significative. »
En deux ans, 30 femmes atteintes de fibromyalgie et prĂ©sentant des antĂ©cĂ©dents d’abus sexuel dans l’enfance ont Ă©tĂ© assignĂ©es au hasard Ă l’un des deux groupes de traitement : 60 sĂ©ances d’oxygĂ©nothĂ©rapie hyperbare ou de psychothĂ©rapie. Après les sĂ©ances d’oxygĂ©nothĂ©rapie hyperbare, les participants ont signalĂ© une amĂ©lioration significative de leur qualitĂ© de vie, y compris des symptĂ´mes de fibromyalgie et du trouble de stress post-traumatique.
Les rĂ©sultats cliniques ont Ă©tĂ© accompagnĂ©s par une amĂ©lioration de la fonctionnalitĂ© cĂ©rĂ©brale, observĂ©e lors des examens d’imagerie nuclĂ©aire du cerveau (SPECT) et de nouveaux examens par IRM (IRM-DTI).
«Bien que certaines rĂ©gions du cerveau aient dĂ©jĂ Ă©tĂ© associĂ©es Ă la fibromyalgie et au TSPT, la corrĂ©lation que nous avons trouvĂ©e a Ă©galement ajoutĂ© de nouvelles connaissances sur la fonction cĂ©rĂ©brale», explique le Dr Amir Hadanny, de TAU, de l’UniversitĂ© Bar-Ilan et du centre mĂ©dical Assaf Harofeh, co-auteur de l’Ă©tude. « A l’avenir, nous espĂ©rons pouvoir diagnostiquer les troubles » psychologiques « par le biais d’une imagerie cĂ©rĂ©brale objective. »
Selon l’Ă©tude, la capacitĂ© de se souvenir d’un abus sexuel n’est en aucun cas une condition prĂ©alable Ă un traitement efficace de la fibromyalgie en cas d’abus sexuel dans l’enfance. «Dernièrement, nous avons vu des femmes du mouvement #MeToo savoir qu’elles Ă©taient harcelĂ©es et maltraitĂ©es sexuellement mais ne pouvaient pas se souvenir des dĂ©tails de l’attaque», a dĂ©clarĂ© la professeure Rachel Lev-Wiesel de l’UniversitĂ© de Haifa, co-auteur Ă©tude. «Notre nouvelle approche dĂ©montre que le fait de ne pas pouvoir se souvenir d’Ă©vĂ©nements traumatiques est une limitation biologique plutĂ´t que Ă©motionnelle.
«L’exposition rĂ©pĂ©tĂ©e Ă des Ă©vĂ©nements traumatiques crĂ©e la nĂ©cessitĂ© de supprimer ces Ă©vĂ©nements», poursuit le professeur Lev-Wiesel. «Biologiquement, cela signifie que les zones du cerveau responsables de ces souvenirs sont en train d’ĂŞtre fermĂ©es afin de faire face Ă la rĂ©alitĂ©. C’est peut-ĂŞtre la raison pour laquelle les survivants sont incapables de se rappeler les dĂ©tails ou l’Ă©vĂ©nement traumatisant lui-mĂŞme ».
Les scientifiques Ă©tudient actuellement de nouvelles interventions prĂ©coces pour les victimes d’abus sexuels durant leur enfance.
.





