Tribune de Nadav Shragai
Parmi toutes les clauses et sous-clauses actuellement débattues par le « conseil de la paix » et Israël au sujet de Gaza et de ce qu’on appelle le « démantèlement des armes du Hamas », l’une d’entre elles suscite une indignation particulière : l’exigence faite à Israël de cesser, même pour une courte période, d’éliminer les monstres du Nokhba et les autres terroristes ayant participé au massacre du 7 octobre.
Le simple fait d’accepter de discuter de ce point est déjà problématique en soi. Le fait que ces éliminations soient désormais soumises à l’autorisation du chef d’état-major et de l’échelon politique montre qu’Israël répond déjà, en partie, à cette exigence — puisque jusqu’au 4 août, seule l’autorisation du général de commandement était requise pour ces opérations.
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Une question morale avant tout
Certes, il ne s’agit probablement pas d’une question purement sécuritaire. Il est tout à fait possible que les monstres qui ont décapité, brûlé, assassiné et violé le 7 octobre des hommes, des femmes et des enfants ne représentent pas, à l’heure actuelle, une « menace immédiate ». Mais il s’agit sans conteste d’une question morale de premier ordre, et Israël a le devoir d’affirmer qu’il porte également cet engagement-là. Les crimes contre l’humanité et le génocide ne doivent jamais être soumis à négociation — ni avec le « conseil de la paix », ni avec les États-Unis.
Les derniers, parmi les 2 562 participants au massacre déjà éliminés par la force spéciale conjointe de Tsahal et du Shin Bet (Nili), étaient Abdallah Abou al-Tayef, dans la zone de Deir al-Balah, et Salem Jamal Abou Labad, chef d’une cellule de la force Nokhba ayant pris d’assaut le kibboutz Nir Oz — tous deux éliminés le 2 août. Depuis, bien que des opportunités opérationnelles se soient présentées, les éliminations ont été suspendues, afin de permettre une négociation autour du bluff du démantèlement des armes du Hamas — une idée aussi séduisante et réaliste que celle de transformer Gaza en Singapour du Moyen-Orient.
Un engagement sacré envers les familles
Le préjudice moral que représentent la suspension et le report de l’élimination des membres du Nokhba touche avant tout les familles des otages, les familles des victimes assassinées et celles des soldats tombés au combat. Il avait été promis à ces familles que quiconque avait pris part aux horreurs de cette journée était condamné à mort, et serait traqué chaque jour, jusqu’à la fin de ses jours, jusqu’à son élimination. Cet engagement n’était pas une simple promesse verbale, mais un serment moral sacré, que la société israélienne s’est fait à elle-même et à son entourage, à partir des cendres du 7 octobre.
Ce serment, indissociable de celui concernant le retour des otages, ne doit pas être trahi — ni face à une pression américaine lourde, ni face aux pressions des médiateurs, parrains des Frères musulmans et du Hamas, la Turquie et le Qatar. Malheureusement, cette promesse est aujourd’hui en doute, et puisse-t-on avoir tort de le craindre.
Après l’assassinat des onze athlètes israéliens à Munich en 1972, Israël avait mis en œuvre l’opération « Colère de Dieu », traquant sans relâche, durant des mois et des années, à travers le monde entier, les commanditaires des attentats et les hauts responsables de l’organisation terroriste palestinienne « Septembre noir ». Elle en avait éliminé un grand nombre.
Moralement, Israël est aujourd’hui encore plus engagé qu’à l’époque, tant en raison de la nature du massacre que de son ampleur. Selon l’estimation des services de sécurité, environ 400 membres du Nokhba ayant participé au massacre n’ont pas encore été éliminés ni arrêtés, auxquels s’ajoutent plusieurs milliers d’autres, issus de la population « non impliquée » officiellement, venus achever la besogne : brûler, piller, et parfois même assassiner et participer aux enlèvements.
Tous ceux-là ne doivent en aucun cas faire partie d’un accord ou d’un arrangement avec le Hamas ou toute autre partie : ni immunité temporaire, ni immunité permanente, ni dispositif de fuite, ni territoire qui deviendrait pour eux un refuge. Ce doit être, au contraire, un impératif dans l’esprit des paroles de David dans les Psaumes : « Je poursuivrai mes ennemis et je les atteindrai, et je ne reviendrai pas avant de les avoir anéantis. »






