Après l’opération américaine au Venezuela, les menaces répétées visant l’Iran, le Groenland et d’autres zones sensibles, une inquiétude grandissante gagne désormais le Mexique. Bien que la présidente Claudia Sheinbaum affirme publiquement que les États-Unis ne mèneront pas d’action militaire unilatérale sur le sol mexicain, de nombreux responsables politiques, sécuritaires et économiques redoutent en coulisses que leur pays puisse être le prochain sur la liste du président américain Donald Trump.
Selon une analyse relayée par Politico, le scénario extrême qui alimente les craintes à Mexico serait une opération américaine unilatérale, incluant une incursion terrestre contre les cartels de la drogue. Une telle action pourrait provoquer des victimes civiles, déstabiliser profondément le pays et entraîner une onde de choc politique et économique majeure. Ces inquiétudes ont été ravivées après des propos récents de Donald Trump, laissant entendre que Washington pourrait devoir « faire quelque chose » face aux cartels qui, selon lui, « contrôlent le Mexique ».
Officiellement, la présidente Sheinbaum s’efforce de calmer les esprits. Elle rejette toute hypothèse d’invasion et insiste sur le respect de la souveraineté nationale. Toutefois, derrière cette ligne rassurante, les signaux d’alarme se multiplient. Des sources gouvernementales et des acteurs du monde des affaires estiment que la rhétorique musclée de Trump pourrait, à terme, se traduire par des actes, surtout dans un contexte où la lutte contre le narcotrafic est présentée par Washington comme une priorité de sécurité nationale.
L’ancien ambassadeur du Mexique aux États-Unis, Arturo Sarukhan, a déclaré que son pays avait « des raisons légitimes de s’inquiéter ». Selon lui, une intervention militaire américaine reste peu probable, mais elle ne peut plus être totalement exclue. Cette incertitude est d’autant plus troublante que les relations bilatérales sont actuellement considérées comme relativement bonnes, notamment grâce à une coopération étroite sur la sécurité des frontières et à des propos élogieux de Trump à l’égard de Sheinbaum, qu’il a récemment qualifiée de « personne formidable ».
Malgré ce climat diplomatique apparemment favorable, le secteur économique mexicain se montre de plus en plus nerveux. Les chefs d’entreprise redoutent que la ligne dure adoptée par Trump sur le trafic de drogue et la sécurité frontalière n’ouvre la voie à des mesures extrêmes. Pour eux, le simple fait que l’option militaire soit évoquée représente déjà un risque considérable pour la stabilité, l’investissement et la croissance.
Pedro Casas Alatriste, directeur général de la Chambre de commerce américaine au Mexique, a reconnu que l’action menée au Venezuela avait accru la crainte d’initiatives similaires contre les cartels mexicains. Un haut responsable mexicain a résumé l’angoisse ambiante en une phrase choc : « Si le président du Venezuela a pu être emmené de chez lui jusqu’à New York, cela pourrait aussi nous arriver ».
Dans ses réactions officielles, le gouvernement mexicain insiste sur l’importance du droit international et condamne toute utilisation unilatérale de la force. Sheinbaum a averti qu’une action militaire sans cadre multilatéral porterait atteinte à la légalité internationale et risquerait de déstabiliser l’ensemble de la région. Parallèlement, Mexico intensifie sa coopération avec Washington afin de priver toute intervention américaine de justification politique ou sécuritaire.
Au cours de l’année écoulée, le Mexique a déployé des milliers de soldats à sa frontière, extradé plusieurs figures majeures du narcotrafic vers les États-Unis et autorisé l’extension de vols de surveillance américains au-dessus de son territoire. Ces gestes visent à démontrer une volonté de collaboration tout en préservant une ligne officielle de fermeté sur la souveraineté nationale.
Le timing rend la situation encore plus délicate. Les États-Unis, le Mexique et le Canada se préparent à coorganiser la Coupe du monde 2026, et doivent prochainement décider du renouvellement de leur accord de libre-échange, pilier de relations économiques massives. Une action militaire unilatérale ferait exploser le coût diplomatique et stratégique d’une telle décision.
Si certains sondages indiquent qu’une partie de l’opinion publique mexicaine soutiendrait une action américaine ciblée contre les cartels, largement impopulaires, cette approbation reste conditionnée à une implication mexicaine claire dans le processus décisionnel. Sans cela, le risque d’un rejet massif et d’une montée du nationalisme est bien réel.
En définitive, la crainte d’une intervention américaine révèle une évolution plus large de la doctrine sécuritaire de l’administration Trump, qui considère désormais le narcotrafic, l’immigration et la sécurité frontalière comme des menaces stratégiques majeures. Pour le Mexique, l’enjeu est désormais de maintenir un équilibre fragile entre coopération étroite avec Washington et défense inflexible de sa souveraineté.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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