Les Libanais au Hezbollah : « Nous ne voulons pas de guerre avec Israël »

Tensions record au Liban Ă  l’approche du discours du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Hezbollah, Hassan Nasrallah, attendu vendredi. De nombreux Libanais craignent que l’organisation n’entraĂ®ne leur pays dans une guerre avec IsraĂ«l. Ils regardent ce qui se passe dans la bande de Gaza et expriment une grande inquiĂ©tude quant Ă  la situation. l’ouverture d’un autre front, qui mènera Ă  la destruction du Liban.

Attaque de Tsahal au Liban, photographiĂ©e depuis l’intĂ©rieur du Liban

Cette prĂ©occupation est partagĂ©e par les citoyens, les mĂ©dias, les intellectuels et les militants sociaux et politiques. Alors que les jours passaient, avec l’intensification des combats dans la bande de Gaza et l’existence d’un conflit limitĂ© Ă  la frontière nord, les voix de ceux qui s’opposaient Ă  une escalade sĂ©curitaire sur leur territoire se sont multipliĂ©es au Liban, dans ce qui est devenu une vaste campagne destinĂ©e Ă  dissuader Nasrallah d’entraĂ®ner le Liban dans une campagne militaire.

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« Ne nous impliquez pas dans cela, ce n’est pas notre guerre. Nous ne voulons pas faire la guerre pour le Hamas et l’Iran », ont dĂ©clarĂ© des habitants du Liban dans des messages apparus sur les rĂ©seaux sociaux.

Fumée à la frontière libanaise
Fumée à la frontière libanaise, photo: AFP

Le dilemme de Nasrallah

« Le Hezbollah est dans une vĂ©ritable crise », a dĂ©clarĂ© le militant Salim Amer. « S’il participe Ă  la guerre, cela entraĂ®nera la destruction du Liban. Mais s’il ne participe pas, il dĂ©cidera de son propre sort car son existence en tant que parti combattant prendra fin et il deviendra un groupe d’hommes armĂ©s qui contrĂ´le le Liban par la force », a-t-il ajoutĂ©.

Un autre militant, Abu Malehm, a mis en garde le Hezbollah contre toute participation Ă  la campagne. « S’il y a une guerre, elle conduira Ă  la destruction du Liban, la Palestine ne sera pas libĂ©rĂ©e et donc le Hezbollah n’aura pas le droit d’exister. »

Dans le même temps, certains se sont moqués de la vidéo diffusée au début de la semaine par Nasrallah, dans laquelle il faisait allusion à son intention de prononcer un discours prochainement, en disant : « Honte à toi, tu as déjà les cheveux blancs.. »

D’autres ont mis en garde contre une nouvelle vague de migration de rĂ©fugiĂ©s hors du Liban. Selon certaines informations, certains ont dĂ©jĂ  quittĂ© le sud du pays de peur que la guerre ne les touche Ă©galement, tandis que d’autres ont dĂ©cidĂ© de quitter le Liban jusqu’Ă  ce que la colère se dissipe.

Des défis internes et une réelle peur d’Israël

Malgré cela, le Liban est plongé dans une crise économique, sociale et politique – l’une des pires que le pays ait connue depuis sa fondation. L’économie s’est effondrée, l’inflation a grimpé de plusieurs centaines de pour cent et le chaos politique l’a durement frappée. À cela s’ajoutent les centaines de milliers de personnes déplacées qui ont fui la guerre civile en Syrie, qui a pesé sur l’économie, exacerbé le chômage et contribué à l’instabilité sociale. Et cela sans parler des centaines de milliers de Palestiniens qui vivent dans une douzaine de camps de réfugiés au Liban et qui sont considérés par les autorités libanaises comme un fardeau économique et sécuritaire similaire.

Ministre de la Défense Galant : « Le Hezbollah a décidé de participer aux combats, nous facturons des prix élevés »// Elad Malka

Certains, dans la sociĂ©tĂ© libanaise, accusent le Hezbollah d’ĂŞtre responsable de l’effondrement des systèmes du pays, et les habitants affirment que, malgrĂ© leur identification Ă  la question palestinienne, la dernière chose dont ils ont besoin maintenant est une confrontation militaire avec IsraĂ«l.