Dans une interview accordĂ©e Ă Channel 7, le Dr Rod parle de l’opĂ©ration de sauvetage et des dĂ©couvertes et ce qu’il a rĂ©cupĂ©rĂ©es : « J’ai travaillĂ© au Pentagone pendant 28 ans et pendant environ 11 Ă 12 ans, j’ai travaillĂ© sur la question irakienne. » dit-il. En raison du contexte professionnel, le Dr Rod est venu Ă Bagdad avec les forces amĂ©ricaines. Et grâce Ă son amitiĂ© de longue date avec le chef de l’opposition irakienne qui est Ă©galement entrĂ© Ă Bagdad avec les forces amĂ©ricaines, il a entendu parler des archives juives qui attend dans les profondeurs du bâtiment des renseignements irakiens.
Le Dr Rod dit qu’avec l’entrĂ©e des forces amĂ©ricaines Ă Bagdad, des citoyens irakiens liĂ©s Ă l’appareil de contrĂ´le de Saddam sont arrivĂ©s et ont demandĂ© Ă avouer leurs pĂ©chĂ©s et leurs liens avec le gouvernement dans le cadre de la tentative d’obtenir une sorte d’immunitĂ© contre les sanctions qui pourraient leur ĂŞtre infligĂ©es par les AmĂ©ricains et leurs alliĂ©s. Parmi ces personnes se trouvait l’homme qui Ă©tait responsable de l’aile juive des renseignements irakiens, et il est Ă©galement « venu affluer », comme le dĂ©finit le Dr Rod.
Lorsque l’information parvint au chef de l’opposition irakienne, il s’empressa de contacter Rod, qui arriva immĂ©diatement au bâtiment des renseignements qui fut bombardĂ© par les AmĂ©ricains avec un missile d’une demi-tonne qui atteignit le sous-sol oĂą se trouvaient les archives juives. Le missile a pĂ©nĂ©trĂ© le bâtiment mais n’a miraculeusement pas explosĂ©, mais a seulement dĂ©truit la maison qui a commencĂ© Ă inonder le sous-sol.
« J’ai travaillĂ© pendant 6,5 semaines pour sortir les certificats, les livres saints et un livre de Torah. Dans la cave, l’eau m’arrivait jusqu’Ă la taille. C’Ă©tait très difficile d’y accĂ©der. Au dĂ©but, cela n’intĂ©ressait pas les AmĂ©ricains. Je suis ami avec l’opposition irakienne depuis des annĂ©es et ils ont amenĂ© un camion avec une pompe qui vidait l’eau en deux jours. Et depuis, il fallait tout le temps retirer l’eau, qui continuait Ă couler dans les canalisations qui explosaient. «Â
« Deux jours plus tard, quand l’eau est arrivĂ©e jusqu’Ă nos chevilles, nous avons commencĂ© Ă chercher. Nous avons trouvĂ© des livres, des certificats de la communautĂ©, tout Ă©tait inondĂ© d’eau et donc aussi très lourd. Le chef de l’opposition a amenĂ© de nombreux travailleurs avec son propre argent et ensemble nous avons commencĂ© Ă sortir les livres et les certificats. Nous n’avions pas le temps de rĂ©flĂ©chir et de les feuilleter. Nous l’avons mis sur une surface. Il y a eu des sortes de miracles. La surface oĂą nous avons placĂ© les diplĂ´mes et les livres pour qu’ils sèchent Ă une tempĂ©rature de environ cinquante degrĂ©s, Ă©tait entourĂ© de ruches. Je suis très allergique aux abeilles et malgrĂ© six jours de travail je n’ai pas Ă©tĂ© piquĂ© du tout », raconte Rod.
Rod est certes historien, mais il ne comprend pas le domaine de la restauration des documents anciens, et pour cela il s’est fait aider par un ami israĂ©lien qui connaissait le chef du dĂ©partement de restauration de la Bibliothèque nationale. « Ils m’ont dit de tout mettre dans un endroit froid. J’ai dit que nous n’avions pas d’Ă©lectricitĂ© ici. Ils m’ont dit de faire ce que je pouvais. Nous l’avons sĂ©chĂ© un peu puis l’avons mis dans des caisses en aluminium que le chef de l’opposition irakienne a trouvĂ©es et achetĂ©. Nous avons sĂ©chĂ© autant que possible, mais nous n’avons pas pu tout sĂ©cher. Le sĂ©chage du parchemin et du cuir devient dur et on ne peut pas rouler le rouleau de la Torah. J’ai dĂ» poser le rouleau de la Torah par terre pour le sĂ©cher , mais on ne pose pas un rouleau de Torah sur le sol, et les rabbins du pays m’ont conseillĂ© sur ce qui est permis et ce qui est interdit. Ils ont dit que le plus important est de sauver les sifrĂ© Thora et que je ne devrais pas m’en soucier  » .
Le Dr Rod dit que le premier Ă©lĂ©ment trouvĂ© dans les archives date d’environ 1540 et qu’il s’agit d’un livre imprimĂ© dans une imprimerie de Venise. La plupart des documents, certificats et livres datent des XIXe et XXe siècles. jusqu’Ă ces archives dans le bâtiment des renseignements irakiens numĂ©ro 4 R. Rod Ă propos d’une rĂ©union qu’il a eue environ cinq mois après l’Ă©vĂ©nement. Une Irakienne s’est approchĂ©e de lui et lui a rappelĂ© une prĂ©cĂ©dente rencontre entre eux, lors d’une confĂ©rence Ă Zurich Ă laquelle ils avaient assistĂ© dans leur jeunesse. La femme a racontĂ© qu’en 1984, elle Ă©tait prĂ©sente Ă la dernière synagogue qui a continuĂ© Ă fonctionner dans la banlieue de Bagdad après le dĂ©part des Juifs du pays, lorsque deux camions se sont arrĂŞtĂ©s Ă proximitĂ© et que des soldats en sont descendus et ont pris tous les certificats et livres saints qui Ă©taient lĂ . Après que les Juifs qui ont quittĂ© le pays aient Ă©tĂ© autorisĂ©s Ă emporter une seule valise, ils ont laissĂ© derrière eux Ă contrecĹ“ur de nombreux documents, certificats et livres pillĂ©s par les hommes de Saddam Hussein.
Et pourquoi le tyran irakien avait-il besoin des documents de la communautĂ© juive et de ses bibliothèques ? « Les puissants du Moyen-Orient veulent montrer qui est le souverain face aux faibles, et lorsqu’ils prennent les archives, ils disent aux Juifs qu’il est le patron. Cela arrive souvent au Moyen-Orient », explique le Dr Rod.
Environ 2 700 objets ont ainsi Ă©tĂ© transportĂ©s vers Washington. 27 exemplaires ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©s Ă l’exposition. Le Dr Rod dĂ©clare : « Dans les annĂ©es 1930, le gouvernement irakien a refusĂ© de permettre aux Juifs d’Ă©tudier dans les Ă©coles, et un juif riche a ouvert une Ă©cole pour les Juifs, et c’est lĂ qu’ils ont commencĂ© Ă Ă©tudier. Parmi les Ă©lĂ©ments extraits figurent Ă©galement des photos de l’école, des certificats de l’école. Un ami qui a vĂ©cu en Irak jusqu’Ă l’âge de 16 ans.
Lui et sa famille ont fui vers la rĂ©gion kurde et de lĂ ont quittĂ© la rĂ©gion irakienne sans emporter aucun document avec eux pour ne pas savoir qu’ils fuyaient. Il frĂ©quente Ă©galement la mĂŞme Ă©cole fondĂ©e par un homme riche. Aujourd’hui, il vit en IsraĂ«l et Ă Londres. Il est venu Ă l’exposition Ă Washington et a vu le seul certificat choisi pour y ĂŞtre exposĂ©. Il a reconnu sa photo et sa carte d’identitĂ© et a pleurĂ© comme un petit enfant : « C’est ma vie, c’est moi. »
Le Dr Rod est convaincu que la poursuite des recherches sur les dĂ©couvertes des archives extraites donnera lieu Ă de nombreux autres Ă©vĂ©nements passionnants, en plus des dĂ©couvertes sur les biens que les Juifs ont laissĂ©s derrière eux lorsqu’ils ont quittĂ© l’Irak au siècle dernier.
La PDG du Babylon Jewish Heritage Centre, Aliza Dayan Hamma, a dĂ©clarĂ© avant la confĂ©rence du Dr Rod : « Nous sommes très heureux d’accueillir le Dr Rod et bien sĂ»r, nous le remercions au nom de toute la communautĂ© pour son travail visant Ă prĂ©server l’Ă©norme Travail de la Torah des Juifs irakiens. Il n’y a pas de mots ni d’estimations sur la grande importance des matĂ©riaux. À partir de ces archives mises en ligne, nous avons pu rĂ©imprimer les livres perdus du rabbin Yossef HaĂŻm, ainsi qu’obtenir des donnĂ©es importantes pour notre institut de recherche.





