« Les soldats d’Allah » : trois hommes écroués pour un projet de violence visant la communauté juive en France

La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a interpellé mardi trois hommes soupçonnés d’avoir préparé un départ vers les rangs de l’État islamique en Afrique et un projet d’action violente visant la communauté juive en France. Âgés de 20 à 26 ans, ils ont été mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste et placés en détention provisoire dans la nuit de vendredi à samedi, à l’issue d’une enquête confiée par le Parquet national antiterroriste (PNAT).

L’enquête préliminaire, ouverte début juillet, portait sur les agissements djihadistes des membres d’un groupe de discussion WhatsApp intitulé « les soldats d’Allah ». Pendant près de deux mois, les services de renseignement intérieur ont surveillé les échanges de cette conversation et identifié progressivement l’ensemble de ses participants, avant de procéder à l’interpellation de deux d’entre eux en Essonne et d’un troisième en Indre-et-Loire. L’un des suspects, de nationalité étrangère, se trouvait au moment de son interpellation dans un centre de rétention administrative en région parisienne. Au terme de 96 heures de garde à vue, une information judiciaire a été ouverte et un juge d’instruction désigné.

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L’affaire a révélé une ramification internationale inattendue. L’un des mis en cause, âgé de 20 ans, était en contact avec Jessica Bowie, une Américaine de 35 ans convertie à l’islam et résidant à Albany, dans l’État de New York, arrêtée le 19 août dernier par le FBI. Selon le parquet fédéral, elle avait prêté allégeance à l’État islamique et élaboré un plan précis visant à s’attaquer au Capitole de l’État de New York, siège du parlement local, dans l’intention de tuer des élus pendant une séance. Elle s’était rendue à plusieurs reprises sur les lieux pour les photographier et prévoyait de rejoindre un territoire contrôlé par l’organisation après son passage à l’acte. Le FBI a précisé avoir déjoué son projet grâce à une opération d’infiltration, au moment où elle prenait possession de ce qu’elle croyait être un engin explosif. Jessica Bowie encourt vingt ans de prison pour tentative de soutien matériel à une organisation terroriste étrangère.

Cette double affaire s’inscrit dans un contexte de menace jihadiste jugée par les autorités françaises de plus en plus diffuse et portée par des profils de plus en plus jeunes, souvent isolés et sans lien direct avec des filières structurées à l’étranger. La communauté juive et les lieux de culte israélites demeurent des cibles récurrentes dans ce type de dossiers. Un précédent récent l’illustre : en juillet, la DGSI avait été alertée d’un projet d’attaque visant une synagogue de Sarcelles, dans le Val-d’Oise, impliquant un groupe islamiste tchétchène. La surveillance policière avait alors permis de localiser un véhicule volé stationné à proximité du lieu de culte, dans lequel avaient été retrouvés une kalachnikov et un pistolet chargés. Six hommes avaient depuis été mis en examen dans cette affaire, sans que les commanditaires de ce projet n’aient encore été identifiés.