Une révélation explosive secoue la scène politique libanaise. La députée libanaise Ghada Ayoub, membre du bloc parlementaire « La République forte », a adressé une interpellation parlementaire urgente au gouvernement libanais concernant la construction d’un vaste complexe résidentiel par le Hezbollah dans la région d’Hermel, au nord de la vallée de la Bekaa, à proximité directe de la frontière syro-libanaise. Selon elle, ce projet massif constitue une atteinte directe à la souveraineté de l’État libanais.
D’après les informations transmises dans sa requête officielle, le complexe, connu sous le nom de « Complexe Imam Ali pour les familles de martyrs », aurait été érigé sans aucune autorisation formelle de l’État et en dehors de tout cadre réglementaire. La députée affirme que ni les institutions gouvernementales ni les services compétents n’exercent le moindre contrôle sur ce site, pourtant situé dans une zone frontalière sensible sur le plan sécuritaire.
Les chiffres avancés sont considérables. Le site comprendrait environ 228 unités d’habitation en béton armé, accompagnées de commerces, d’ateliers et de structures économiques destinées à couvrir les besoins quotidiens d’une population estimée à plus de 40 000 personnes. Environ 210 familles y résideraient actuellement, dont une majorité de réfugiés syriens. Le complexe est entièrement raccordé aux réseaux d’électricité, d’eau et d’assainissement, et fonctionne comme une entité quasi autonome.
Selon Ghada Ayoub, le site est entouré d’un mur d’enceinte, ne dispose que d’un seul point d’accès et est surveillé en permanence par des membres du Hezbollah. Cette configuration, souligne-t-elle, lui confère un caractère sécuritaire distinct, le plaçant de facto hors de l’autorité de l’État libanais, tout en bénéficiant paradoxalement de services publics financés par les contribuables libanais.
La députée affirme en outre que le financement du projet provient directement du Hezbollah avec un soutien iranien explicite, une affirmation qu’elle attribue à des déclarations de responsables du mouvement chiite dans la région de la Bekaa. Si ces éléments sont confirmés, ils soulèveraient des questions graves quant à l’ingérence étrangère et à l’existence d’une administration parallèle sur le territoire libanais.
Dans sa démarche, Ghada Ayoub parle d’une « atteinte au cœur de la souveraineté nationale ». Elle s’interroge sur la légitimité d’un groupe armé non étatique à établir une zone quasi fermée, dotée de ses propres mécanismes de sécurité et de gestion, dans une région stratégique. Elle dénonce également la contradiction entre ce projet et les déclarations officielles du gouvernement libanais, qui affirme vouloir garantir l’exclusivité des armes aux institutions étatiques et promouvoir le retour volontaire et organisé des réfugiés syriens.
La députée a adressé une série de questions directes au Premier ministre libanais Nawaf Salam. Elle demande notamment si le gouvernement avait connaissance de l’existence du complexe, quelle autorité en a validé la construction, si des permis ont été délivrés, si les forces de sécurité libanaises y exercent un quelconque contrôle, qui finance les infrastructures publiques utilisées et quelles mesures concrètes seront prises face à cette situation qu’elle qualifie de dangereuse.
Ghada Ayoub a exigé une réponse écrite, officielle et détaillée dans les délais légaux, accompagnée de tous les documents pertinents : rapports sécuritaires, décisions administratives, correspondances internes et évaluations gouvernementales. Elle estime que la transparence sur ce dossier est indispensable pour préserver la crédibilité de l’État et éviter l’enracinement de zones échappant durablement à l’autorité nationale.
Cette affaire met une nouvelle fois en lumière la fragilité de l’État libanais face au Hezbollah, ainsi que les tensions persistantes entre les institutions officielles et les structures parallèles soutenues par l’Iran. Elle pourrait également raviver le débat interne et international sur la souveraineté du Liban, le contrôle de ses frontières et l’avenir sécuritaire de la région nord du pays.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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