La proposition exprimée par plusieurs partis de droite ces derniers jours appelant à la réintroduction du vote direct pour le Premier ministre, pour laquelle Benjamin Netanyahu a exprimé son soutien mardi, se heurte à deux obstacles principaux.
Le premier est constitutionnel en changeant la forme de gouvernement d’IsraĂ«l au milieu d’une crise politique, tandis que le second est le fait qu’un tel projet de loi nĂ©cessitera une majoritĂ© de 61 dĂ©putĂ©s pour ĂŞtre adoptĂ©.
Pour l’instant, on ne sait pas si Netanyahu et ses alliĂ©s seront en mesure de rĂ©unir une telle majoritĂ©, car mĂŞme si le parti Yamina de Naftali Bennett vote en faveur de la proposition, le Premier ministre ne compte que 59 dĂ©putĂ©s de son cĂ´tĂ©.
Personne fermement dans le bloc anti-Netanyahu n’a montrĂ© de soutien au projet de loi.
« Ce n’est pas un vote direct, mais un dĂ©tour pour continuer Ă perdre du temps aux dĂ©pens du public », a dĂ©clarĂ© le directeur de Yesh Atid, Yair Lapid.
Mansour Abbas, le chef du parti islamiste Ra’am, n’a pas encore exprimĂ© clairement sa position sur la question. Mais il a votĂ© lundi pour supprimer le contrĂ´le du Likud sur le puissant ComitĂ© de règlement, qui jusqu’Ă ce qu’un nouveau gouvernement soit formĂ©, a autoritĂ© sur la lĂ©gislation qui est introduite et sur la formation des commissions parlementaires.
MĂŞme si la proposition d’Ă©lire directement un Premier ministre devient loi, des pĂ©titions seront presque certainement dĂ©posĂ©es contre lui immĂ©diatement devant la Haute Cour de justice.
En effet, il est inconstitutionnel de changer la forme de gouvernement alors qu’il y a une administration intĂ©rimaire, alors que les membres de la Knesset Ă©taient Ă©lus Ă la reprĂ©sentation proportionnelle.
«Il y a probablement place ici pour que la Haute Cour intervienne conformĂ©ment Ă la doctrine d’un amendement constitutionnel inconstitutionnel», dĂ©clare le Dr Amir Fox, chercheur Ă l’Institut israĂ©lien de la dĂ©mocratie.
«C’est une violation de la volontĂ© de l’Ă©lectorat, qui a votĂ© pour les partis Ă©tant entendu que le système existant serait utilisĂ© pour former un gouvernement de coalition. Maintenant, l’Ă©lecteur pourrait voir son vote diluĂ© rĂ©troactivement grâce Ă une nouvelle procĂ©dure Ă©lectorale ».
Les juristes, cependant, ne sont pas sûrs que le tribunal interviendra dans une décision prise par une majorité de 61 MK, compte tenu des tensions entre le pouvoir judiciaire et le législatif.
Mardi, Netanyahu a rĂ©itĂ©rĂ© son soutien aux Ă©lections directes du Premier ministre, dĂ©clarant qu’il n’avait plus besoin du Ra’am dĂ©libĂ©rĂ©ment insaisissable pour former un gouvernement.
Netanyahu a Ă©galement attaquĂ© Bennett, suite au soutien de son parti Ă une proposition de l’opposition sur l’attribution des postes de vice-prĂ©sident de la Knesset.
Il a dĂ©noncĂ© son ancien alliĂ© comme « un gauchiste » qui ne pouvait retrouver ses rĂ©fĂ©rences de droite qu’en soutenant le vote pour un Premier ministre.
Pendant ce temps, le député du Likud Miki Zohar, qui dirige le comité de règlement alors que Netanyahu a été chargé de former un gouvernement, refuse de convoquer le panel.
Donc pour les prochaines semaines au moins, la Knesset est essentiellement paralysée, incapable de faire avancer la législation ou de peupler des commissions parlementaires vitales comme la défense et les finances.
Le problème va bientĂ´t prendre de l’ampleur, cependant, comme si Netanyahu Ă©tait incapable d’improviser une coalition, la tâche sera confiĂ©e ailleurs.
Si cela se produit, la proposition sera probablement abandonnĂ©e car le Premier ministre n’aura plus de partenaire pour prendre des dĂ©cisions lĂ©gislatives.





