La marine amĂ©ricaine a annoncĂ© ce mardi soir avoir dĂ©jouĂ© une tentative des Gardiens de la rĂ©volution iraniens de remorquer et de prendre le contrĂ´le de son robot naval opĂ©rant dans le golfe Persique . L’Ă©vĂ©nement inhabituel survient alors que les tensions dans la rĂ©gion montent en arrière-plan : les États-Unis et l’Iran se rapprochent en effet de la relance de l’accord nuclĂ©aire entre eux, mais en mĂŞme temps, il semble que les tentatives des parties de se faire pression l’une sur l’autre augmentent, et Washington a clairement indiquĂ© que les nĂ©gociations n’empĂŞcheront pas les États-Unis d’agir avec fermetĂ© contre les provocations de la part de l’Iran ou de ses alliĂ©s.
L’incident dans le golfe Persique a eu lieu la nuit dernière selon l’annonce de la marine amĂ©ricaine Ă 11 heures du soir, dans les eaux internationales. Selon la Marine, un navire de soutien logistique des Gardiens de la rĂ©volution iraniens, nommĂ© Shahid Baziar, a Ă©tĂ© remorquĂ© Ă l’aide d’un câble par un robot marin nommĂ© Saildrone Explorer. En rĂ©ponse, la marine a envoyĂ© un patrouilleur et un hĂ©licoptère de combat, et ils ont appelĂ© Ă plusieurs reprises les Iraniens Ă le libĂ©rer.
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Le navire des Gardiens de la Révolution et le navire sans pilote remorqué derrière lui
( Photo: Marine américaine )

Documentation publiĂ©e par la marine amĂ©ricaine sur la tentative de prise de contrĂ´le iranienne. « C’est une action flagrante, nous continuerons d’ĂŞtre vigilants »
Selon la marine, le navire iranien a finalement coupĂ© le câble et libĂ©rĂ© le navire sans pilote, mais seulement après quatre heures complètes. Après cela, a-t-on rapportĂ©, la flotte est revenue aux opĂ©rations de routine. L’US Navy a prĂ©cisĂ© que le robot est bien Ă©quipĂ© de capteurs, radars et camĂ©ras Ă diverses fins de navigation et de collecte de donnĂ©es, mais a soulignĂ© qu’il s’agit d’une technologie disponible sur le marchĂ© commercial et qu’elle ne dispose d’aucun Ă©quipement sensible ou d’Ă©quipement qui contient des informations secrètes.
« Les actions navales des Gardiens de la rĂ©volution Ă©taient flagrantes, injustifiĂ©es et incompatibles avec le comportement d’une force navale professionnelle », a dĂ©clarĂ© le vice-amiral Brad Cooper, commandant du commandement central de la marine amĂ©ricaine. « Les forces de la marine amĂ©ricaine continueront d’ĂŞtre vigilantes et continueront de naviguer et d’opĂ©rer partout oĂą le droit international le permet, afin de promouvoir un ordre international fondĂ© sur des règles dans toute la rĂ©gion. »
Le golfe Persique et son Ă©troite ouverture sur la mer d’Oman, le dĂ©troit d’Ormuz, sont des voies maritimes critiques par lesquelles transite un cinquième de l’approvisionnement mondial en pĂ©trole. Depuis le retrait des États-Unis de l’accord nuclĂ©aire en 2018 , les tensions se sont accrues dans la rĂ©gion , et un certain nombre d’incidents ont Ă©tĂ© enregistrĂ©s au cours desquels divers navires marchands ont Ă©tĂ© endommagĂ©s, avec Ă plusieurs reprises le doigt pointĂ© vers l’Iran. En arrière-plan Ă©taient des rapports sur une « guerre navale secrète » qui se dĂ©roulait entre l’Iran et IsraĂ«l.

Le navire iranien et le robot naval. « Il n’y a pas d’Ă©quipement sensible dessus »
( Photo: Marine américaine )
Ces derniers mois, aucun incident de ce type ne s’est produit dans le golfe Persique, dans l’ombre de la reprise des pourparlers sur le nuclĂ©aire l’an dernier entre l’administration dĂ©mocrate de Washington et le rĂ©gime de TĂ©hĂ©ran, mais aujourd’hui les tensions refont surface : les nĂ©gociations sur le renouvellement de l’accord sont estimĂ©s atteindre la dernière ligne, alors que dans le mĂŞme temps les États-Unis craignent les tentatives iraniennes de saper leur position dans la rĂ©gion.
La preuve la plus claire de cela est venue des attaques de roquettes et de drones lancĂ©es le mois dernier par des milices pro-iraniennes en Syrie contre des bases des forces amĂ©ricaines dans le pays, et selon les estimations, cela pourrait ĂŞtre une vengeance pour les attaques israĂ©liennes contre des cibles iraniennes lĂ -bas. La semaine dernière, les États-Unis ont ripostĂ© par des bombardements contre les cibles de ces milices, et les Ă©changes de tirs entre les parties se sont poursuivis pendant trois jours consĂ©cutifs. Le Pentagone a ensuite prĂ©cisĂ© que l’avancĂ©e des pourparlers nuclĂ©aires n’avait aucun effet sur la dĂ©termination des États-Unis pour protĂ©ger ses intĂ©rĂŞts dans la rĂ©gion.