Les Gardiens de la révolution iraniens ont revendiqué une frappe contre un centre de commandement des forces spéciales américaines à Al-Tanf, en Syrie, présentée comme une réponse à la mort de soldats iraniens survenue à Iranshahr. L’information a été rapportée par les médias d’État iraniens.
L’armée américaine avait annoncé en février avoir achevé son retrait de la base d’Al-Tanf, située au point de jonction triple entre la Syrie, la Jordanie et l’Irak. Ce site frontalier, longtemps considéré comme un point d’appui stratégique américain dans la région, avait donc déjà été évacué par Washington plusieurs mois avant cette revendication iranienne.
La Syrie, de son côté, a cherché jusqu’ici à se tenir à l’écart de l’engrenage régional qui frappe ses voisins, à commencer par le Liban, où le Hezbollah affronte les forces israéliennes, et l’Irak, où des milices soutenues par l’Iran ont mené des attaques par drones et roquettes. Le président syrien Ahmed al-Sharaa avait déclaré en mars que son pays resterait en dehors de tout affrontement, sauf s’il venait lui-même à être attaqué. « Tant que la Syrie ne sera la cible d’aucune partie, elle restera en dehors de tout conflit », avait-il affirmé lors d’un événement organisé par l’institut de recherche britannique Chatham House à Londres.
Les Gardiens de la révolution ont par ailleurs affirmé que l’Iran conserve le contrôle total du détroit d’Ormuz, et qu’aucun pétrole ni gaz ne transitera par cette voie maritime tant que les frappes américaines se poursuivront, selon ce que rapportent les médias d’État iraniens.
Cette déclaration s’inscrit dans un contexte de tensions prolongées autour du détroit, artère par laquelle transite une part considérable du commerce pétrolier mondial, et que Téhéran présente régulièrement comme un levier de pression face à Washington. En liant, dans un même message, la frappe syrienne et le contrôle revendiqué d’Ormuz, l’Iran semble vouloir démontrer sa capacité à agir simultanément sur deux fronts éloignés l’un de l’autre, tout en réaffirmant sa position de force face aux États-Unis.
Ni Damas ni Washington n’ont réagi dans l’immédiat aux déclarations des Gardiens de la révolution concernant la frappe à Al-Tanf.
Pour aller plus loin sur les tensions régionales impliquant l’Iran, notre rédaction avait suivi de près les développements de la guerre déclenchée en mars 2026, ainsi que la situation économique du régime iranien sous blocus.






