La tension entre Téhéran et l’Europe franchit un nouveau seuil. Après la décision de l’Union européenne d’inscrire les Gardiens de la Révolution sur sa liste des organisations terroristes, les autorités iraniennes ont réagi avec une virulence inhabituelle, accusant directement l’Europe de pousser la région vers une confrontation majeure.
Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a dénoncé ce qu’il qualifie de « décision irresponsable », affirmant qu’elle alimente les tensions régionales et nuit avant tout aux intérêts européens eux-mêmes. Selon lui, l’Europe agirait par « obéissance aveugle » aux États-Unis et aux dirigeants israéliens, au prix d’un affaiblissement stratégique durable sur la scène internationale.
Dans des déclarations rapportées par les médias arabes, Ghalibaf a affirmé que le peuple iranien considère les Gardiens de la Révolution comme une partie intégrante de la nation, allant jusqu’à qualifier, du point de vue iranien, les armées européennes d’« organisations terroristes ». Il a ajouté que cette désignation ne ferait que renforcer la cohésion interne en Iran et accroître le soutien populaire au Corps des Gardiens de la Révolution islamique, présenté par Téhéran comme un pilier de la sécurité nationale et un acteur clé lors de catastrophes naturelles, de la pandémie de Covid-19 et de programmes de lutte contre la pauvreté.
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a également attaqué frontalement l’Europe. S’exprimant depuis Genève puis sur le réseau X, il a affirmé que « certains pays tentent aujourd’hui d’empêcher une guerre totale dans la région – et aucun n’est européen », accusant l’UE de « souffler sur les braises » et d’agir à l’encontre directe des intérêts de ses propres citoyens.
La décision européenne prévoit des mesures juridiques et économiques contre des entités et individus liés aux Gardiens de la Révolution, incluant gel des avoirs et interdictions d’entrée sur le territoire de l’Union. Elle s’inscrit officiellement dans la réponse de Bruxelles à la répression des manifestations en Iran, mais à Téhéran, elle est perçue comme une provocation stratégique majeure.
En classant les Gardiens de la Révolution aux côtés d’organisations telles que Hamas, la branche armée du Hezbollah ou encore le Parti des travailleurs du Kurdistan, l’Europe a franchi, selon les responsables iraniens, une ligne rouge. À Téhéran, le message est clair : l’UE est désormais considérée comme un acteur qui ne cherche plus à contenir l’escalade, mais qui risque, par ses choix politiques, de précipiter la région dans une guerre aux conséquences incontrôlables.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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