L’objectif secret de l’Iran : examiner les faiblesses du DĂ´me de fer

Une source diplomatique qui est en contact frĂ©quent avec le Hezbollah au Liban s’est entretenue cette semaine avec un dĂ©putĂ© libanais au nom de l’organisation. Selon lui, le mĂŞme dĂ©putĂ© a affirmĂ© Ă  ses oreilles que les barrages de roquettes qu’IsraĂ«l a absorbĂ©s cette semaine ont Ă©tĂ© effectuĂ©s en coordination et en coopĂ©ration avec l’Iran, non seulement pour atteindre des cibles israĂ©liennes mais principalement pour examiner les faiblesses du Dome de fer, et essayer de dĂ©limiter ses capacitĂ©s et son point de saturation.

Les Iraniens, a dĂ©clarĂ© le mĂŞme homme du Hezbollah, Ă©tudient en profondeur et en dĂ©tail la rĂ©ponse du système et sont convaincus qu’ils approchent d’un point oĂą ils peuvent dĂ©fier le DĂ´me de fer Ă  un niveau qui, la prochaine fois, causera de lourdes pertes Ă  IsraĂ«l. «BientĂ´t,» se vanta l’homme, «le DĂ´me de fer des sionistes s’avĂ©rera plein de trous».

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Qu’il s’agisse d’une fausse vantardise ou non, il est impossible d’ignorer le fait que la puissance et la densitĂ© des barrages de roquettes lancĂ©s dans le cycle actuel Ă©taient sans prĂ©cĂ©dent, et que les nombreux lancements peuvent en effet ĂŞtre la base de l’analyse des donnĂ©es par l’ennemi. Des ingĂ©nieurs du Hamas et du Jihad islamique, ou des mathĂ©maticiens iraniens, sont probablement assis sur les donnĂ©es et les Ă©tudient très sĂ©rieusement.

En IsraĂ«l, on s’est rendu compte il y a une dizaine d’annĂ©es que le Hamas cultivait un noyau d’ingĂ©nieurs, une unitĂ© universitaire d’Ă©lite, afin de planifier les coups de feu et de dĂ©velopper de nouveaux types d’armes. Ces ingĂ©nieurs ont Ă©tĂ© envoyĂ©s Ă  l’Ă©tranger pour Ă©tudier et se dĂ©velopper dans des universitĂ©s en Ukraine et en Malaisie, ou pour travailler dans un environnement de travail libre Ă  Tunis.

Ă€ cet Ă©gard, l’opĂ©ration Gardien du mur peut ĂŞtre vue comme la maturation des tendances qui se sont manifestĂ©es ces dernières annĂ©es, par exemple dans l’assassinat en 2016 de Muhammad al-Zawari, l’ingĂ©nieur palestinien de Tunis. Al-Zawari s’est officiellement spĂ©cialisĂ© dans la construction de drones, mais l’homme a conçu non seulement des drones, mais aussi de minuscules outils d’assaut sous-marin. Après sa mort, son frère a rĂ©vĂ©lĂ© qu’il travaillait au dĂ©veloppement d’un sous-marin sans pilote. Il n’est pas inconcevable que le but de son assassinat soit liĂ© Ă  la nĂ©cessitĂ© de retarder et d’empĂŞcher la maturation des capacitĂ©s de l’armement naval du Hamas, plutĂ´t qu’Ă  ses compĂ©tences en tant qu’expert en drones.

Au dĂ©but de cette semaine, les FDI ont dĂ©jouĂ© une attaque navale du Hamas, qui devait ĂŞtre menĂ©e Ă  l’aide d’un outil sous-marin. Les FDI ont attaquĂ© le vĂ©hicule et en mĂŞme temps le vĂ©hicule des terroristes, membres de l’Ă©lite navale du Hamas. Le vĂ©hicule en question, selon les FDI, Ă©tait contrĂ´lĂ© Ă  distance et pouvait atteindre les cĂ´tes israĂ©liennes ou heurter un navire de la marine. Est-ce que ce qui a commencĂ© en Tunisie, et a Ă©tĂ© complĂ©tĂ© plus tard avec l’aide iranienne, a Ă©tĂ© Ă©liminĂ© cette semaine ?

Le rĂ©seau naval du Hamas est considĂ©rĂ© comme un bras d’Ă©lite de l’organisation, faisant partie du rĂ©seau «surprises» qui a Ă©tĂ© formĂ© dans l’organisation depuis Tzuk Eitan. Après que le Hamas ait compris que le système du DĂ´me de fer donnait Ă  IsraĂ«l une suprĂ©matie absolue sur le rĂ©seau de roquettes de l’organisation, les piliers souterrains et navals ont Ă©tĂ© conçus pour fournir de nouvelles façons de nuire Ă  IsraĂ«l, au niveau militaire et moral, et de saper la sĂ©curitĂ© de la population. Les outils de plongĂ©e, les skimmers suicides basĂ©s sur le « Ababil » iranien et le rĂ©seau de tunnels, conçus pour dĂ©fier l’armĂ©e israĂ©lienne, ont tous reçu un coup Ă©crasant.

L’alliance iranienne, conçue pour faire du Hamas et du Jihad islamique une partie intĂ©grante des armĂ©es par procuration de l’Iran, pourrait ĂŞtre vue cette semaine en quelques Ă©lĂ©ments plus distincts. L’une d’elles est la tentative d’ouvrir un deuxième front depuis le nord par l’intermĂ©diaire des forces palestiniennes au Liban. Nous avons mentionnĂ© cette tentative ici dès janvier 2018, Ă  la suite d’une tentative d’assassinat ratĂ©e contre Muhammad Hamdan, qui a Ă©tĂ© attribuĂ©e au Liban Ă  l’institution israĂ©lienne. Hamdan est un enseignant, un haut responsable du Hamas – faisait alors partie du personnel du siège Ă©tranger de l’organisation qui est arrivĂ© au Liban après avoir Ă©tĂ© expulsĂ© du Qatar et de Turquie sous la pression israĂ©lienne.

Hamdan s’est alors vu attribuer un poste dans le système de renseignement de sĂ©curitĂ© interne du Hamas. Le rĂ©seau al-Manar du Hezbollah l’a dĂ©crit comme un important responsable de la sĂ©curitĂ© et sous surveillance israĂ©lienne, tandis que les mĂ©dias libanais l’ont dĂ©crit comme le lien du Hamas avec l’Iran.

L’intĂ©rĂŞt pour Hamdan et sa connexion avec l’Iran au lieu de son siège au Liban, a ensuite augmentĂ© Ă  la suite d’un mouvement israĂ©lien inhabituel. Le porte-parole de Tsahal de l’Ă©poque, Ronen Menalis (interviewĂ© par Shabbat dans le supplĂ©ment au portrait), lui-mĂŞme responsable du renseignement, a publiĂ© un article sur des sites de mĂ©dias libanais et arabes, appelant les citoyens libanais Ă  arrĂŞter le processus par lequel l’Iran et le Hezbollah les font eux et leur pays otages du rĂ©gime de TĂ©hĂ©ran, a averti Manlis, devenant une filiale des Gardiens de la rĂ©volution et de l’industrie militaire iranienne.

MĂŞme alors, IsraĂ«l Ă©tait prĂ©occupĂ© non seulement par l’intention iranienne de faire du Liban une ligne de production de missiles de première ligne, mais aussi par le rĂ©tablissement du Hamas au Liban et le renforcement de la coopĂ©ration entre le Hamas et l’Iran. L’accord en IsraĂ«l Ă©tait que l’Iran avait dĂ©jĂ  demandĂ© au Hamas de crĂ©er une force qui pourrait tirer des roquettes et des missiles sur IsraĂ«l pendant la guerre, non seulement depuis Gaza, mais aussi depuis le Liban et le Golan syrien.

En effet, la semaine dernière, les factions palestiniennes au Liban ont tirĂ© trois roquettes sur le territoire israĂ©lien. La fusillade a eu lieu Ă  partir de la zone du village sous contrĂ´le du Hezbollah et l’opĂ©ration a Ă©tĂ© menĂ©e en Ă©troite coordination avec lui. Mercredi, il s’agissait de quatre roquettes tirĂ©es du Liban sur la GalilĂ©e et le Krayot. L’un d’eux a Ă©tĂ© interceptĂ© par un dĂ´me de fer, un autre a explosĂ© dans une zone dĂ©gagĂ©e Ă  Shefar’am et deux autres roquettes sont tombĂ©es dans la mer. Était-ce une tentative infructueuse de produire une autre source de friction qui dĂ©tournerait IsraĂ«l de sa concentration Ă  Gaza, briserait le barrage et crĂ©erait davantage de points chauds indirects iraniens, ce qui minerait davantage la stabilitĂ© rĂ©gionale? On peut trouver une allusion Ă  cela sur un front beaucoup plus Ă©loignĂ©, mais beaucoup plus potentiellement dangereux : les Houthis au YĂ©men, peut-ĂŞtre l’armĂ©e la plus talentueuse parrainĂ©e par les pro-iraniens. Les Houthis ont dĂ©jĂ  menacĂ© de tirer des missiles en direction d’Eilat. Le Dr Michael Barak, chercheur au Centre Moshe Dayan, a citĂ© cette semaine sur Twitter le reprĂ©sentant du Hamas au YĂ©men, Abu Shmala, remerciant les Houthis et leur chef pour leur soutien aux Palestiniens. Depuis longtemps maintenant, Barak dit :

La tentative de l’UAV d’infiltrer la vallĂ©e de Springs mardi cette semaine, un Ă©vĂ©nement sur lequel Tsahal a prĂ©fĂ©rĂ© ne pas s’Ă©tendre, fait allusion Ă  une autre tentative iranienne de franchir les frontières du conflit Ă  Gaza et de mettre le feu Ă  d’autres rĂ©gions. Peut-ĂŞtre feront-ils la mĂŞme chose depuis la Syrie, depuis l’aĂ©roport T4, ou peut-ĂŞtre depuis le coin sud-est de la Syrie, oĂą une force iranienne s’est rĂ©cemment concentrĂ©e, ce qui est dĂ©jĂ  une source de prĂ©occupation.

Pendant ce temps, l’organisation la plus identifiĂ©e Ă  l’Iran ne fait rien, c’est-Ă -dire parler. Le Hezbollah a tentĂ© de provoquer des provocations sur la barrière entre IsraĂ«l et le Liban, mais IsraĂ«l a utilisĂ© la force et la retenue destinĂ©es Ă  bloquer la tentative d’étendre la campagne au-delĂ  des frontières de Gaza. Dahiya cette semaine s’est contentĂ©e de parler principalement. Le principal message du chef du conseil exĂ©cutif du Hezbollah, Said Hashem Sefi a-Din, Ă©tait que la rĂ©sistance palestinienne avait rĂ©ussi Ă  faire une chose clĂ© : crĂ©er un nouvel Ă©quilibre de la terreur contre l’armĂ©e d’occupation israĂ©lienne. IsraĂ«l, a-t-il dit, doit reconnaĂ®tre les consĂ©quences créées par la formule des missiles de la rĂ©sistance palestinienne, ou payer un lourd tribut. Entre autres choses, il a Ă©galement mentionnĂ© la contribution de Qassem Suleimani Ă  la construction de la force de missiles palestinienne. Le Hezbollah, a ajoutĂ© a-Din, cherche maintenant le jour oĂą il rejoindra la rĂ©sistance palestinienne sur tous les fronts.

Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral djihadiste, Ziad Nahala, Ă©tait Ă©galement prĂ©sent Ă  la cĂ©rĂ©monie, affirmant que la rĂ©sistance palestinienne continuerait Ă  combattre l’ennemi sioniste jusqu’Ă  la victoire.

Mais s’il y a un endroit oĂą le lien iranien est le plus Ă©vident cette semaine, c’est bien le lien avec le Jihad islamique. Cette semaine, le commandant de la Force Qods Ismail Kaani, le successeur de Qassem Suleimani, a appelĂ© Ismail Haniyeh et le chef du Jihad islamique Ziad Lanhala pour les fĂ©liciter pour leur position ferme contre IsraĂ«l. Il a dĂ» apprĂ©cier d’entendre l’un des hauts responsables de l’organisation dire que les roquettes qui ont frappĂ© Tel Aviv ont Ă©tĂ© signĂ©es par l’Iran et Qassem Suleimani.