Un porte-parole des dirigeants du Hamas dans la bande de Gaza a saluĂ© l’annonce par le procureur de la Cour pĂ©nale internationale (CPI) qu’il y avait une « base » pour une enquĂŞte plus approfondie sur les  » crimes de guerre  » israĂ©liens prĂ©sumĂ©s dans le  » Territoires palestiniens « , y compris ceux du groupe terroriste islamiste.
« Le mouvement du Hamas salue la dĂ©cision du procureur de la CPI d’ouvrir une enquĂŞte sur les crimes de guerre commis par l’occupation contre le peuple palestinien « , a dĂ©clarĂ© samedi Ă l’AFP, Hazem Qassem .
« L’importance de cette dĂ©cision rĂ©side dans le dĂ©but effectif des procĂ©dures de cette dĂ©cision et le dĂ©but de l’incrimination de l’occupation pour tous les crimes commis contre le peuple palestinien  » , a- t-il ajoutĂ©.
Fatou Bensouda , la procureur en chef de la CPI, a dĂ©clarĂ© vendredi qu’en plus d’avoir des motifs d’enquĂŞter sur IsraĂ«l, il existe Ă©galement une « base raisonnable » selon laquelle le Hamas et d’autres groupes terroristes palestiniens ont commis des crimes de guerre en attaquant des civils et en torturant les gens.
L’annonce de la CPI a Ă©tĂ© largement saluĂ©e par les dirigeants palestiniens, et le prĂ©sident de l’ AutoritĂ© palestinienne , Mahmoud Abbas , l’a qualifiĂ©e de « grande » et « historique ».
« Nous avons rĂ©alisĂ© ce que nous voulons et, Ă partir de ce jour, le mĂ©canisme de la CPI commencera Ă accepter les cas que nous avons prĂ©sentĂ©s prĂ©cĂ©demment », a dĂ©clarĂ© l’agence de presse officielle Wafa lors d’un Ă©vĂ©nement pour sa fĂŞte du Fatah Ă Ramallah.
Les responsables israĂ©liens, quant Ă eux, ont dĂ©noncĂ© la mesure de la CPI, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu l’a qualifiĂ©e de « jour sombre pour la vĂ©ritĂ© et la justice ».
Il a Ă©galement Ă©tĂ© condamnĂ© par le secrĂ©taire d’État amĂ©ricain Mike Pompeo , qui a dĂ©clarĂ© que l’enquĂŞte dĂ©nonçait « injustement » l’État juif.
Quant Ă IsraĂ«l, Bensouda a dĂ©clarĂ© qu’il enquĂŞterait sur ses « politiques de colonisation en Cisjordanie », ainsi que sur les crimes prĂ©sumĂ©s commis pendant la guerre de Gaza en 2014 et dans la rĂ©ponse israĂ©lienne aux violentes  » manifestations  » frontalières qui ont commencĂ© l’annĂ©e dernière Ă la frontière avec la bande de Gaza.
Netanyahu a dĂ©clarĂ© que la dĂ©cision avait fait du tribunal de La Haye, qu’IsraĂ«l refusait de signer depuis sa crĂ©ation en 2002, un « outil politique » contre l’Etat juif. Il a dĂ©clarĂ© que Bensouda « avait complètement ignorĂ© les sĂ©rieux arguments judiciaires que nous prĂ©sentons ».
Netanyahu a fait valoir que la CPI « n’a pas le pouvoir de juger l’affaire » . «Il n’a compĂ©tence que dans les procès prĂ©sentĂ©s par des États souverains, mais il n’y a jamais eu d’État palestinien. Nous n’accepterons ni ne consentirons Ă cette injustice. Nous continuerons de lutter contre elle avec tous les outils Ă notre disposition. »
Il a Ă©galement exprimĂ© son Ă©tonnement devant le fait que Bensouda « dit que c’est un crime, un crime de guerre, que les Juifs vivent dans leur patrie, la terre de la Bible, la terre de nos ancĂŞtres ». Bensouda a dĂ©clarĂ© que la politique d’IsraĂ«l consistant Ă asseoir ses civils en Cisjordanie peut ĂŞtre un crime.
En prĂ©vision de l’annonce de Bensouda, des responsables israĂ©liens avaient auparavant rendu public un avis juridique du procureur gĂ©nĂ©ral Avichai Mandelblit dans lequel il Ă©tait allĂ©guĂ© que le tribunal n’avait pas compĂ©tence pour enquĂŞter. Il a dĂ©clarĂ© qu’en recourant Ă la CPI, les Palestiniens tentaient de « faire pression sur la Cour pour dĂ©terminer les questions politiques qui devraient ĂŞtre rĂ©solues par le biais de nĂ©gociations, et non d’une procĂ©dure pĂ©nale ».
Selon le conseiller juridique du ministère des Affaires Ă©trangères, Tal Becker, «il y a un effort palestinien pour criminaliser le conflit, oĂą seuls les IsraĂ©liens ont des obligations lĂ©gales et seuls les Palestiniens ont des droits . Mais comme l’histoire l’a montrĂ©, cela ne fera que sĂ©parer davantage les deux parties. »
L’examen prĂ©liminaire de la CPI a commencĂ© en 2015 après que l’ AutoritĂ© palestinienne a signĂ© le Statut de Rome et acceptĂ© officiellement la compĂ©tence de la Cour sur son territoire. Examinez la construction israĂ©lienne au-delĂ de la Ligne verte, la guerre de Gaza de 2014 et les soi-disant  » manifestations  » frontalières de la « Marche du retour » de Gaza qui a commencĂ© en mars 2018.
Bensouda a indiquĂ© dans le passĂ© que la question de savoir si le tribunal avait compĂ©tence Ă©tait compliquĂ©e, alors le procureur gĂ©nĂ©ral a dĂ©cidĂ© l’annĂ©e dernière de publier un document expliquant le point de vue d’IsraĂ«l, a dĂ©clarĂ© Roy Schöndorf, le procureur gĂ©nĂ©ral adjoint pour le droit du Ministère international de la justice.
Le rapport du procureur gĂ©nĂ©ral ne traite que de l’incompĂ©tence allĂ©guĂ©e de la CPI. Mandelblit n’a pas abordĂ© d’autres questions que l’accusation doit prendre en compte lors de l’Ă©valuation de l’ouverture d’une enquĂŞte, par exemple si les crimes allĂ©guĂ©s sont suffisamment graves pour mĂ©riter la participation du tribunal ou si les tribunaux locaux peuvent ĂŞtre invoquĂ©s pour enquĂŞter sur ces crimes prĂ©sumĂ©s.
Plus tĂ´t ce mois-ci, le rapport d’activitĂ© de l’examen prĂ©liminaire de la CPI avait fait les gros titres en IsraĂ«l pour avoir dĂ©clarĂ© que Bensouda « suivait avec inquiĂ©tude les propositions prĂ©sentĂ©es lors du rĂ©cent processus Ă©lectoral, qui seront soumises Ă la Knesset, pour qu’IsraĂ«l applique ses souverainetĂ© dans la vallĂ©e du Jourdain en JudĂ©e-Samarie. »
Netanyahu a promis Ă plusieurs reprises d’appliquer rapidement la souverainetĂ© israĂ©lienne sur la vallĂ©e du Jourdain, un quart de la JudĂ©e et de la Samarie, s’il est en mesure de former un nouveau gouvernement au milieu de l’impasse politique actuelle. Son parti du Likoud en est venu Ă affirmer que le Premier ministre ne souhaite rester au pouvoir que six mois supplĂ©mentaires, une exigence de nĂ©gociation de la coalition pour l’unitĂ©, afin de tenir sa promesse.
Les Palestiniens Ă©taient Ă©galement mĂ©contents du rapport de cette annĂ©e, mettant en Ă©vidence la torture de dĂ©tenus civils par la police de l’ AutoritĂ© palestinienne et l’indemnisation Ă©conomique de l’ AutoritĂ© palestinienne Ă ceux impliquĂ©s dans des attaques terroristes contre les IsraĂ©liens .





