Maduro dansait sur sa propre propagande pendant que la pression internationale s’intensifiait

Quelques semaines avant l’effondrement brutal de son pouvoir, Nicolás Maduro offrait au public une scène devenue rétrospectivement révélatrice. Lors d’un rassemblement de la Journée des étudiants à Caracas, le dirigeant vénézuélien est monté sur scène et s’est soudainement mis à danser sur un remix de type club, construit à partir de ses propres slogans politiques, notamment le refrain martelé : « Pas de guerre, oui à la paix ».

La séquence, largement relayée sur les réseaux sociaux, n’avait rien d’improvisé. Elle s’inscrivait dans une stratégie de communication soigneusement calculée, à un moment où la pression américaine contre le régime de Caracas se resserrait visiblement. Washington multipliait alors les mesures visant à asphyxier les sources de revenus du pouvoir vénézuélien : sanctions renforcées, actions de contrôle maritime et rappels publics de la récompense offerte pour toute information conduisant à l’arrestation de Maduro.

Sur scène, le président cherchait avant tout à projeter une image d’invulnérabilité. En transformant un discours politique en bande-son festive, il tentait de renvoyer l’image d’un dirigeant serein, maître de la situation, et de galvaniser ses partisans. Le message implicite était clair : malgré les menaces extérieures et les discussions ouvertes sur la fin possible de son régime, Maduro restait debout, souriant, et prétendument intouchable.

À l’époque, cette mise en scène avait suscité perplexité et sarcasmes, y compris parmi certains observateurs proches du régime. Le contraste entre la gravité de la crise économique, l’isolement diplomatique croissant et cette démonstration de légèreté apparente avait frappé les esprits. Officiellement, le pouvoir y voyait un symbole de paix et de stabilité ; pour ses détracteurs, il s’agissait déjà d’un signe de nervosité, voire de déconnexion avec la réalité.

Avec le recul, cet épisode prend une dimension particulière. Ce qui apparaissait alors comme un moment étrange, presque grotesque, ressemble aujourd’hui à un avant-goût d’un régime sous pression extrême, tentant de masquer ses failles par une communication outrancière. Quelques semaines plus tard, les États-Unis annonçaient que Nicolás Maduro et son épouse avaient été capturés par les forces américaines et exfiltrés hors du Venezuela afin de répondre à des poursuites judiciaires.

La danse de Caracas apparaît désormais comme l’une des dernières tentatives du pouvoir pour maintenir l’illusion du contrôle. Elle illustre la manière dont le régime cherchait à transformer la propagande en spectacle, alors même que les leviers réels du pouvoir lui échappaient progressivement. L’épisode restera comme une image symbolique : celle d’un dirigeant tentant de danser au-dessus de la tempête, tandis que les fondations de son régime s’effondraient déjà.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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