Malgré le 7 octobre : « L’État d’Israël va abandonner la première ligne de défense des localités »

Les chefs de conseil des localités du front sud, les responsables locaux de la sécurité (rabachtzim) et les habitants des villages de la frontière avec Gaza sont en colère. La raison : une annonce du commandement du Front intérieur (Pikoud HaOref) sur des réductions significatives des budgets d’entretien des dispositifs de sécurité dans les localités. À leurs yeux, cette décision est inacceptable — et dangereuse — moins de trois ans après le massacre du 7 octobre 2023.

Tout a commencé par un message WhatsApp envoyé par la branche « composants de sécurité » du Front intérieur aux coordinateurs de sécurité des localités. Le message annonçait une contraction budgétaire : « Le budget reçu pour le programme de travail comprendra, à ce stade, uniquement des composants d’entretien essentiels, permettant une maintenance de base seulement. » En pratique : participation partielle — inférieure à 90 % — aux factures d’électricité des lignes d’éclairage de sécurité ; prise en charge de l’assurance et du contrôle technique des véhicules de sécurité, sans participation au carburant ; et aucun renforcement des équipements de sécurité, sauf dans les nouvelles localités.

Itzhak Ashkenazi, coordinateur de la sécurité, a transmis une lettre formelle aux autorités soulignant l’incompréhension : « Les composants de sécurité ne sont pas un projet qu’on peut reporter ou différer. Il s’agit de systèmes qui sauvent des vies et doivent fonctionner de manière continue, quotidienne et immédiate. Suspendre l’entretien, retarder les réparations ou porter atteinte à la continuité opérationnelle — cela signifie une atteinte directe à la sécurité des habitants. »

La colère est d’autant plus vive que la réunion au cours de laquelle l’annonce a filtré se tenait précisément ce jour-là avec le ministre de la Défense et des représentants de l’armée, pour débattre de l’importance de ces mêmes dispositifs. Ilana Shpak, élue locale, a dénoncé l’absence totale de coordination : « Nous avons été surpris d’apprendre que, pendant notre réunion avec le ministre de la Défense, une annonce est sortie en parallèle du Front intérieur, de manière inattendue et sans aucune concertation préalable, sur l’intention de couper les budgets d’entretien. »

Les localités du Conseil régional d’Eshkol, dans l’ouest du Néguev, ont payé le prix le plus lourd le 7 octobre 2023. Ce jour-là, l’armée avait totalement failli à la protection des villages, et c’est uniquement grâce aux dispositifs de sécurité locaux que le bilan n’avait pas été encore plus lourd. Ouri Klaïner, chef du Conseil régional du Golan, résume l’absurdité de la situation : « Si les composants de sécurité ne sont pas financés, je n’ai pas d’où trouver l’argent. Où est-ce que je vais trouver encore 1,5 million de shekels coupés ? »


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