Marseille se prépare au retour des djihadistes : 90 synagogues et écoles juives placées sous surveillance !

La police française ne veut prendre aucun risque après l’arrestation d’un djihadiste prĂ©sumĂ© dans une ville oĂą un quart de la population est musulmane.
Quatre-vingt dix synagogues et des Ă©coles juives de Marseille ont Ă©tĂ© placĂ©es sous surveillance policière depuis l’attaque de Bruxelles, dans lequel il y a eu quatre morts.

Quatre policiers se tiennent dans leur voiture garĂ©e devant la grande synagogue de Marseille, Ă  quelques pas du vieux port de la ville. Un des officiers fait allusion Ă  la possibilitĂ© d’une autre attaque antisĂ©mite suite aux fusillades meurtrières par un prĂ©sumĂ© djihadiste français au musĂ©e juif Ă  Bruxelles le 24 mai. 80000 personnes forment cette forte communautĂ© juive de la ville française qui n’a pas d’autre choix que de se « bunkeriser » a dit Michèle Teboul, PrĂ©sidente d’une organisation juive rĂ©gionale.

Le suspect dans l’attentat de Bruxelles, Mehdi Nemmouche a Ă©té arrĂŞté à la station de bus Ă  Marseille Ă  proximitĂ© de la gare Saint-Charles, il a Ă©tĂ© Ă©vacuĂ© pendant l’heure de pointe après la dĂ©couverte d’un bagage suspect.

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L’attaque du musĂ©e juif a attirĂ© l’attention sur la menace d’environ 780 djihadistes français de retour de la guerre en Syrie, et les difficultĂ©s des enquĂŞteurs dans leur suivi. Nemmouche est soupçonnĂ© d’avoir perpĂ©trĂ© l’attentat après le retour de la Syrie par un moyen dĂ©tournĂ© Ă  travers l’Asie.

Le Premier ministre français, Manuel Valls, qui Ă©tait ministre de l’intĂ©rieur jusqu’Ă  ce mois de  Mars, a dĂ©clarĂ© que la menace des djihadistes europĂ©ens de retour Ă©tait d’une ampleur sans prĂ©cĂ©dent, et c’Ă©tait « sans aucun doute, le plus grand danger que nous devons faire face dans les annĂ©es Ă  venir ».

L’arrestation de Nemmouche, le 30 Mai a Ă©tĂ© un rĂ©veil, a dĂ©clarĂ© l’adjointe au maire de Marseille, Nora Preziosi, une politicienne qui est originaire des quartiers nord de la ville; et qui est spĂ©cialisĂ©e contre le crime violent liĂ© au trafic de drogue et la contrebande de cigarettes.

« Ma belle religion est souillĂ©e », a dĂ©clarĂ© Preziosi, membre de l’UMP, parti de centre-droit et admiratrice de l’ancien prĂ©sident Nicolas Sarkozy, dont les photographies ornent son bureau. «La grande majoritĂ© des musulmans sont rĂ©publicains, ils sont contre ce qui se passe. L’Islam est souillĂ©e par les salafistes, et stigmatisĂ©e par les mĂ©dias. »

Se rĂ©fĂ©rant Ă  Nemmouche, elle a ajoutĂ©:  » Que faisait-il Ă  Marseille ? Il aurait dĂ» ĂŞtre suivi ? Ces personnes doivent ĂŞtre placĂ©es sous surveillance, c’est la responsabilitĂ© de l’Etat. »

Camille Hennetier, un procureur adjoint en charge de l’unitĂ© anti-terroriste d’enquĂŞte central Ă  Paris, souligne que la France dispose d’une lĂ©gislation agressive qui permet l’arrestation de personnes soupçonnĂ©es de faire partie d’une association de malfaiteurs traçage des actes terroristes. « Ce n’est pas un crime d’ĂŞtre radical, » dit-elle. »Mais c’est un crime de mener le djihad. »

La police française a prĂ©ventivement arrĂŞté un certain nombre de personnes soupçonnĂ©es d’ĂŞtre des djihadistes, dont 21 personnes au cours des 18 derniers mois liĂ©es Ă  un groupe avec des connexions en Syrie connus comme la cellule « Cannes-Torcy ». Six recruteurs djihadistes prĂ©sumĂ©s ont Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©s la semaine dernière après l’arrestation de Nemmouche. Mais le collègue de Hennetier, procureur gĂ©nĂ©ral Ludovic Lestel, a dit que les enquĂŞteurs ont Ă©tĂ© entravĂ©s par l’utilisation des mĂ©dias sociaux et Skype, qui sont plus difficiles Ă  surveiller que les sites extrĂ©mistes des djihadistes.

Les autoritĂ©s françaises ont rĂ©cemment rendu publique une Hotline gratuite pour les  familles prĂ©occupĂ©es par les extrĂ©mistes en leur sein. Mais 75% des appels ont jusqu’ici Ă©tĂ© violent.

Le nombre de terroristes potentiels est aussi un dĂ©fi pour les chercheurs. Environ 90 extrĂ©mistes violents sont de retour de l’Afghanistan, par rapport Ă  la flambĂ©e actuelle des ressortissants français qui prennent des vols pas chers vers la Turquie, oĂą les hommes quittent leurs femmes et leurs enfants avant de traverser la frontière. Selon le ministre de l’IntĂ©rieur, Bernard Cazeneuve, 285 combattants djihadistes sont maintenant en Syrie – une augmentation de 75% par rapport aux six mois prĂ©cĂ©dents. Le PrĂ©sident François Hollande a dĂ©clarĂ© la semaine dernière que 30 ressortissants français avaient Ă©tĂ© tuĂ©s dans la guerre civile syrienne.

Marseille, une ville oĂą un quart de la population est musulmane, 850000, ne pose aucune menace djihadiste significative par rapport Ă  d’autres villes, selon Lestel. Il a identifiĂ© Toulouse – oĂą l’islamiste Mohamed Merah est allĂ© faire un saccage meurtrier il y a deux ans avant d’ĂŞtre tuĂ© par la police dans la rĂ©gion parisienne et le nord de la France.

Marseille-EspĂ©rance a Ă©tĂ© mis en place en 1990 par le maire de la ville, puis, Robert Vigouroux, un socialiste, afin de prĂ©server l’harmonie sociale fragile dans la ville dont les lieux de culte sont souvent cĂ´te Ă  cĂ´te. Co-fondateur Salah Bariki soulignĂ© que Marseille a Ă©chappĂ© Ă  l’explosion des Ă©meutes qui ont frappĂ© les banlieues pauvres en proie Ă  la criminalitĂ© dans d’autres villes françaises en 2005.

Marseille-Espérance travaille dans les coulisses afin de réunir les chefs religieux de la communauté musulmane, arménienne, grecque orthodoxe,  juive et les communautés bouddhistes, qui se réunissent deux fois par an avec le maire de centre-droit, Jean-Claude Gaudin.

« Nous ne parlons pas de la religion », a déclaré Bariki, « et nous ne faisons pas de la politique. »