Même après le retour des otages, Israël refuse de fermer les yeux : une famille réclame que justice et dignité soient rendues jusqu’au bout

La joie mêlée de soulagement ressentie en Israël après le retour du dernier otage de Gaza a été immense. Pour beaucoup, ce moment symbolisait la fin d’un chapitre insoutenable, celui de l’incertitude et de l’attente. Pourtant, derrière cette impression de clôture, une réalité plus sombre persiste : toutes les missions ne sont pas achevées. Certaines blessures restent ouvertes, certaines familles attendent encore que l’État tienne jusqu’au bout la promesse la plus fondamentale qui lie Israël à ses citoyens et à ses soldats.

Le 7 octobre a été marqué par des crimes d’une brutalité extrême, dont seule une partie a été rendue publique. Au fil des mois, des éléments supplémentaires ont émergé, révélant des actes de barbarie qui dépassent l’entendement. Parmi eux, des atteintes graves aux corps de victimes israéliennes, parfois emportées comme des trophées vers Gaza, dans une logique de déshumanisation totale. Ces faits, difficiles à entendre, ne relèvent pas de la rumeur : ils font partie des dossiers encore ouverts, douloureux, que certaines familles refusent de voir relégués au silence.

Parmi ces familles figure celle de Nirel Zini, habitant de Kfar Aza. Nirel vivait dans le quartier Dor Tsaïr du kibboutz avec sa compagne Niv Reviv. Officier dans la brigade Givati, il avait déjà payé un lourd tribut à la sécurité du pays : grièvement blessé lors d’une opération à Hébron en 2015, il avait traversé une longue rééducation avant de se reconstruire. À 31 ans, il travaillait dans la menuiserie familiale et s’apprêtait à entamer des études de droit. Son projet de vie était clair : aider les soldats blessés physiquement et psychologiquement, ceux qui, comme lui, portaient les marques du service militaire bien après la fin des combats.

Lorsque les terroristes ont pénétré dans le kibboutz le 7 octobre, Nirel a tenté de résister pour protéger sa compagne et lui-même. Ils ont tous deux été assassinés. Mais même après leur mort, la violence ne s’est pas arrêtée là. Des actes d’une cruauté extrême ont été commis sur son corps, et il a ete décapité et sa tete n’a jamais été restituée. Nirel a été enterré sans pouvoir être ramené dans son intégrité. Pour sa famille, cette réalité est une douleur permanente, impossible à refermer.

Aujourd’hui, alors que le pays respire en croyant que le dossier des otages est clos, la famille Zini lance un appel clair : ne pas s’arrêter maintenant. Leur demande n’est ni politique ni idéologique. Elle est humaine. Ils réclament que tout soit entrepris pour obtenir le moindre renseignement, explorer chaque piste, afin que ce qui manque à Nirel puisse être retrouvé et ramené. Pour eux, il ne s’agit pas de vengeance, mais de dignité. De la possibilité, enfin, de faire leur deuil sans cette absence insupportable.

Cette requête touche à un principe profondément enraciné dans la société israélienne : personne ne doit rester incomplet, personne ne doit être abandonné à l’oubli. Israël ne reconnaît pas la notion de « soldat inconnu » précisément pour cette raison. Chaque corps, chaque identité, chaque fragment de vérité compte. Ce principe a justifié par le passé des opérations complexes, longues et dangereuses, parfois critiquées à l’étranger comme disproportionnées. Mais pour les familles concernées, et pour une grande partie de la société israélienne, il s’agit d’une ligne morale non négociable.

Le cas de Nirel Zini met aussi en lumière une tension croissante : la tentation collective de « tourner la page » face à l’horreur, et le refus des familles de voir certaines histoires disparaître derrière un récit plus confortable. Reconnaître ces crimes dans toute leur gravité n’est pas attiser la haine ; c’est refuser que la barbarie soit normalisée ou relativisée. C’est rappeler que la guerre ne se mesure pas uniquement en objectifs militaires atteints, mais aussi en responsabilités morales assumées.

Pour l’État d’Israël, la question est désormais claire : le retour des otages ne suffit pas à clore le chapitre du 7 octobre. Tant que des familles réclament encore que justice et dignité soient rendues, tant qu’il existe des victimes dont l’histoire n’est pas entièrement réparée, la mission reste inachevée. La famille Zini ne demande pas l’impossible. Elle demande que le même acharnement, la même détermination qui ont permis de ramener des corps de Gaza soient appliqués à leur fils, à leur frère, à leur compagnon.

Le silence, aujourd’hui, serait une seconde injustice. Continuer les recherches, poursuivre les efforts, refuser de classer ce dossier comme « trop tard » ou « trop compliqué », c’est affirmer que la valeur de chaque vie ne s’éteint pas avec la fin des combats. Pour Nirel Zini, comme pour d’autres victimes encore, le pays est désormais face à un choix moral : considérer que l’histoire est terminée, ou accepter que certaines promesses exigent d’aller jusqu’au bout, même lorsque l’émotion collective commence à retomber.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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