« Mensonges et propagande » : Amit Segal démonte les affirmations d’un conseiller de Biden

Une confrontation publique et très politique oppose désormais un proche de l’administration américaine précédente à des responsables et journalistes israéliens, sur fond de guerre Épées de fer et de responsabilité sécuritaire. Le journaliste israélien Amit Segal a publié une vérification factuelle sévère visant Brett McGurk, ancien conseiller senior du président américain Joe Biden, l’accusant de diffuser une narration trompeuse sur le rôle réel de Washington durant la guerre.

Dans une déclaration médiatique, McGurk a attaqué les propos du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui avait récemment laissé entendre qu’un embargo partiel sur les armes américaines avait contribué à des pertes au sein de Tsahal. Selon McGurk, cette affirmation serait « totalement mensongère ». Il a soutenu que Biden avait quitté la scène politique en laissant derrière lui une trêve à Gaza avec des otages libérés, un cessez-le-feu au Liban après la défaite du Hezbollah, et un Iran « plus faible que jamais depuis 1979 », notamment grâce au déploiement de forces américaines et à une réponse militaire coordonnée contre Téhéran.

McGurk a insisté sur ce qu’il a qualifié d’« engagement indéfectible » de l’administration Biden envers la sécurité d’Israël, y compris en matière d’assistance militaire.

La réponse d’Amit Segal a été immédiate, détaillée et sans détour. « Passons maintenant aux faits », écrit-il. Selon lui, un embargo partiel américain a bien existé, avec des conséquences opérationnelles directes sur le terrain. Segal affirme que l’administration Biden a bloqué la livraison de bulldozers déjà payés par Israël, contraignant Tsahal à opérer dans certaines zones sans moyens d’ingénierie adéquats — ce qui aurait, selon lui, mis en danger des soldats et contribué à leur mort.

Il ajoute que ces restrictions ont également forcé l’armée israélienne à entrer à Rafah avec des chars insuffisamment approvisionnés en munitions, une situation qu’il qualifie de « dangereuse et anormale en temps de guerre ». Là encore, Segal lie directement ces pénuries à des pertes humaines.

Le journaliste conteste également l’affirmation selon laquelle l’Iran aurait été à son point de faiblesse maximal à la fin du mandat de Biden. « C’est précisément l’inverse », écrit-il, rappelant que Téhéran s’est senti suffisamment en confiance pour lancer deux salves de missiles contre Israël. Il révèle en outre que Biden se serait opposé à l’élimination de Hassan Nasrallah et que son secrétaire à la Défense aurait violemment réagi lors d’un appel avec l’ancien ministre israélien de la Défense après une opération israélienne contre le chef du Hezbollah.

Segal conclut par une formule cinglante : « Nous étions tous là. Inutile de tenter de nous noyer dans des mensonges et de la propagande ». Il souligne que la trêve que Biden évoque avec nostalgie était, pour Washington, une fin en soi et non un outil stratégique, au détriment des objectifs sécuritaires israéliens.

Dans une déclaration publique distincte, Benjamin Netanyahou a confirmé cette lecture. Il a reconnu qu’à un certain stade de la guerre, Israël avait souffert d’un manque critique de munitions, entraînant des pertes parmi les combattants. « Une partie de cette pénurie était la conséquence directe d’un embargo », a-t-il affirmé, ajoutant que la situation avait radicalement changé depuis l’entrée en fonction du président Donald Trump.

Cette passe d’armes met en lumière une fracture persistante entre Jérusalem et certains cercles de l’ancienne administration américaine, et relance un débat explosif en Israël : jusqu’où la dépendance stratégique envers Washington peut-elle aller sans mettre en péril la sécurité opérationnelle de Tsahal ?


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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