Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a instruit l’appareil sécuritaire israélien de procéder à l’évacuation immédiate d’avant-postes israéliens érigés en zone B, en Judée-Samarie, sur fond de pression politique exercée par l’administration américaine. Selon les informations rapportées ce dimanche par Yediot Aharonot, l’entourage du Premier ministre a précisé que les Américains avaient exprimé leur colère face à l’établissement de ces avant-postes et avaient transmis à Israël des messages exigeant un traitement rapide du dossier.
Selon des sources proches du dossier citées par Ynet, l’activité déterminée visant à évacuer les avant-postes en zone B est menée sur instruction directe du Premier ministre, qui subit une pression très lourde de la part de l’administration américaine. « Ce qui inquiète le plus le Premier ministre en ce moment, c’est l’administration américaine, très préoccupée à l’idée que la situation en zone B continue de s’étendre. Il existe des instructions claires du Conseil national de sécurité concernant l’évacuation d’avant-postes, en particulier ceux situés en zone B », expliquent ces sources.
Une centaine d’avant-postes recensés, une vingtaine dans les zones A et B
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Au sein de l’appareil sécuritaire, on estime qu’environ une centaine d’avant-postes non autorisés sont aujourd’hui actifs à travers la Judée-Samarie, en plus d’une centaine trentaine de fermes agricoles coordonnées avec l’armée. Sur l’ensemble de ces avant-postes, quinze à vingt auraient été établis à l’intérieur des zones A et B, c’est-à-dire dans des secteurs relevant, selon les accords d’Oslo, soit du contrôle civil et sécuritaire palestinien (zone A), soit du contrôle civil palestinien combiné à une responsabilité sécuritaire israélienne (zone B).
Toujours selon ces sources, un état-major de division de haut rang se trouve déjà en état d’alerte élevé et a achevé sa procédure de combat : dès que le chef d’état-major Eyal Zamir en décidera, cette division prendra le commandement du secteur au sud de Jérusalem, un mouvement qui ne s’était plus produit depuis plusieurs années. De vastes exercices sont par ailleurs attendus dans les prochains jours en Judée-Samarie, dans le cadre des efforts visant à garantir un niveau de préparation élevé au cas où la situation échapperait à tout contrôle.
Une décision qui s’annonce explosive au sein de la coalition
Cette instruction devrait susciter de vives critiques parmi les responsables de la droite et du mouvement des implantations, en particulier sur fond de désaccords persistants autour de la poursuite de la construction et de la présence israélienne en Judée-Samarie. Du côté des résidents des implantations concernées, la mesure est présentée comme un danger pour la sécurité d’Israël. Sur l’échiquier politique, on attend désormais de voir comment cette instruction sera concrètement appliquée sur le terrain, et si cette initiative débouchera sur une confrontation interne au sein de la coalition gouvernementale.
Cette annonce s’inscrit dans un contexte déjà tendu. Depuis un attentat survenu il y a plusieurs semaines dans le village de Tel, de nouveaux avant-postes ont été érigés illégalement à travers la Judée-Samarie, dont certains à proximité de la zone où s’est déroulé un incident marquant à Kousra, qui avait suscité une forte pression diplomatique américaine sur Israël, allant jusqu’à des critiques directes de responsables de la Maison-Blanche. Le chef d’état-major Eyal Zamir et le commandant du Commandement central avaient récemment averti la direction politique que la Judée-Samarie se trouvait au bord de l’embrasement en raison de la criminalité nationaliste, et que la multiplication de ces incidents détournait l’attention de l’armée de sa mission première de lutte contre le terrorisme.
Un rapport publié fin juillet par l’organisation Shalom Achshav (La Paix Maintenant), un mouvement israélien opposé à la colonisation, affirmait de son côté qu’au moins sept nouveaux avant-postes avaient été recensés en zone B depuis fin 2024, dont plusieurs situés dans le secteur dit de la « réserve d’accord », à l’est et au sud de Bethléem. Ce rapport soutenait que même après la déclaration de Netanyahou appelant à l’évacuation des avant-postes, ceux-ci avaient continué de s’étendre.
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