Netanyahou remercie le dirigeant slovène : « Merci pour votre courage face à l’hypocrisie »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a remercié dimanche le chef du gouvernement slovène, Janez Janša, qui avait pris la défense d’Israël et critiqué l’appel de la présidente slovène, Nataša Pirc Musar, à soutenir la position de l’Union européenne contre l’implantation juive en Judée-Samarie.

« Merci pour le courage et la clarté dont tu as fait preuve face à l’hypocrisie de l’Union européenne », a écrit Netanyahou sur les réseaux sociaux. Il a poursuivi en dressant un parallèle mordant : lorsque la Turquie, membre de l’OTAN, occupe illégalement la moitié de Chypre, elle-même membre de l’Union européenne, celle-ci reste silencieuse ; mais lorsque le peuple juif souhaite exercer son droit historique de bâtir et de vivre sur sa terre natale, l’Union européenne s’indigne.

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Netanyahou a également salué Janša pour avoir rappelé que la Slovénie est un État souverain et un membre à part entière de l’Union européenne, disposant des mêmes droits que les autres. « Ce n’est pas une provocation, c’est un droit que certains cherchent à nous retirer », a-t-il ajouté, remerciant le dirigeant slovène pour son leadership et sa vision du monde.

Cet échange intervient au terme d’une semaine de vive controverse en Slovénie. Le différend a débuté après une rencontre entre Janša et le président du Conseil Yesha, Yossi Dagan, au cours de laquelle le Premier ministre slovène avait déclaré : « Que Dieu bénisse les habitants de Judée-Samarie. » Son gouvernement avait ensuite opposé son veto à la publication d’une déclaration commune de l’Union européenne condamnant le projet israélien de construction dans le secteur E1, en Judée-Samarie.

La présidente Pirc Musar avait alors vivement critiqué la position du gouvernement, affirmant que le droit international n’était pas une question de choix politique et devait s’appliquer de façon égale à tous. Selon elle, la Slovénie se devait de soutenir une position européenne claire contre l’expansion des implantations israéliennes en Cisjordanie, sans tolérer de deux poids, deux mesures. Janša lui avait vertement répondu, estimant que invoquer le droit international tout en parlant de « génocide » à Gaza ou en Judée-Samarie — un terme qu’aucun organe compétent en droit international n’a jamais retenu — relevait d’un choix politique bien particulier. Il avait rappelé que la Slovénie demeurait un État souverain et un membre à part entière de l’Union européenne, et que sans son accord, il n’existait aucune « position européenne claire » à laquelle elle serait tenue de se rallier.

Ce nouvel épisode s’inscrit dans un rapprochement spectaculaire entre Ljubljana et Jérusalem depuis l’arrivée au pouvoir de Janša, à l’issue des élections de mars dernier, qui ont mis fin au gouvernement de gauche dirigé par Robert Golob, jusque-là l’un des exécutifs les plus critiques d’Israël au sein de l’Union européenne. Le nouveau gouvernement slovène a levé l’interdiction d’entrée sur le territoire visant Netanyahou ainsi que les ministres Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich, mis fin à l’embargo sur les importations issues des implantations juives, et levé l’embargo sur le transfert d’armements avec Israël. Le drapeau palestinien, retiré du bâtiment gouvernemental dès la prise de fonction de Janša, avait alors été hissé par la présidente elle-même sur le bâtiment de la présidence, symbole de la fracture entre les deux têtes de l’exécutif slovène. Israël a par ailleurs annoncé l’ouverture prochaine d’une ambassade en Slovénie, à l’occasion d’une visite attendue du ministre des Affaires étrangères Gideon Saar, tandis que Janša a évoqué la possibilité de transférer l’ambassade slovène en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem et de geler la reconnaissance d’un État palestinien par son pays.

Le veto slovène du 23 août a directement affaibli la réponse européenne aux projets de construction dans le secteur E1, initialement prévue sous la forme d’une déclaration « au nom de l’Union européenne et de ses 27 États membres », finalement rétrogradée à une simple déclaration de la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas. Cet épisode a conduit plusieurs observateurs européens à considérer que Janša était devenu, à Bruxelles, le nouvel allié privilégié de Netanyahou au sein de l’Union européenne, succédant en ce sens au Hongrois Viktor Orbán, battu lors des élections d’avril dernier.

Sur le même sujet, à lire aussi sur infos-israel.news : notre article sur le discours de Netanyahou à Yad Vashem dénonçant la « profonde faiblesse morale » de l’Europe, ainsi que notre article sur l’ingérence de l’Union européenne dans les décisions souveraines d’Israël concernant la Judée-Samarie.