Les surprises stratégiques d’octobre 1973 et d’octobre 2023 révèlent une faille profonde dans la doctrine de sécurité israélienne. Se reposer uniquement sur la dissuasion et le renseignement a mené à une complaisance dangereuse. Dans un environnement où la faiblesse est perçue comme une invitation à l’attaque, Israël doit abandonner les principes dépassés et revenir à une puissance militaire tangible.

Une doctrine de sécurité qui a montré ses limites

La doctrine de David Ben Gourion reposait sur trois piliers :

  1. Dissuasion – empêcher l’ennemi d’attaquer par la menace d’une riposte sévère.
  2. Alerte anticipée – détecter toute menace avant qu’elle ne devienne un danger.
  3. Victoire militaire décisive – s’assurer qu’en cas de guerre, Israël triomphe rapidement et de manière écrasante.

Les échecs de 1973 et 2023 prouvent que la dissuasion et le renseignement seuls ne suffisent pas. Israël a sous-estimé la détermination du Hamas, pensant que le groupe était dissuadé. En réalité, sa motivation idéologique et religieuse l’a poussé à frapper malgré le coût élevé.

De plus, la politique d’endiguement adoptée par Israël pendant près de 20 ans a progressivement érodé son pouvoir de dissuasion. Un ennemi qui ne craint pas une riposte sévère est un ennemi qui ose attaquer.

Les dons sont la bienvenue en cette situation particulièrement difficile  :

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Le renseignement ne remplace pas la puissance militaire

Après l’échec de 1973, Israël a massivement renforcé son renseignement militaire. Tsahal est capable de suivre des convois d’armes en mouvement depuis l’Irak jusqu’au Liban, d’effectuer des frappes chirurgicales avec un minimum de dommages collatéraux. Pourtant, le 7 octobre 2023, toutes ces capacités n’ont pas empêché un désastre.

Pourquoi ?

  1. Les renseignements ont été biaisés par une vision erronée : l’idée que le Hamas était dissuadé.
  2. Les alertes n’ont pas été correctement interprétées, bien que le plan d’attaque du Hamas ait été en possession d’Israël.
  3. Une trop grande dépendance aux technologies de surveillance, au détriment du renseignement humain.

En fin de compte, les erreurs sont humaines. Israël ne peut pas compter uniquement sur une alerte anticipée qui, par nature, reste faillible. Il faut une armée prête à affronter un conflit multi-fronts, sans dépendre d’une illusion de contrôle basée sur le renseignement.

Renforcer Tsahal : une nécessité absolue

Israël doit renforcer sa puissance militaire sur plusieurs niveaux :

  • Augmenter la taille de l’armée régulière, pour protéger les frontières et mener une offensive sur plusieurs fronts simultanément.
  • Allonger la durée du service militaire et mobiliser un plus grand nombre de conscrits, notamment en intégrant davantage la population ultra-orthodoxe.
  • Développer la réserve et moderniser son équipement, en mettant fin aux politiques de libération anticipée qui affaiblissent la force de frappe de Tsahal.

Un budget de défense plus important sera nécessaire, même au détriment d’autres services publics. L’armée ne peut fonctionner sans reconnaissance financière adéquate pour ceux qui sacrificient leur temps et leur sécurité.

Israël doit abandonner la politique de retenue

Israël a trop longtemps privilégié une approche de « calme contre calme », notamment à Gaza. Cette tactique a permis au Hamas de se renforcer, transformant chaque accalmie en préparation d’une nouvelle attaque.

De même, en tolérant la montée en puissance du Hezbollah au Liban, Israël s’est exposé à une menace croissante, comme en 2006, lorsque les attaques du Hezbollah ont infligé des pertes considérables.

Le problème est double :

  1. La communauté internationale s’est habituée à voir Israël subir des attaques sans réagir.
  2. Les ennemis d’Israël testent ses limites, sachant qu’une réponse tardive et mesurée leur laisse le temps de s’armer.

Une stratégie de frappe préventive

Israël ne peut plus attendre d’être attaqué pour réagir. Il est temps de réintroduire les frappes préventives dans la doctrine militaire israélienne.

Une attaque anticipée, bien que risquée, permet de désarmer une menace avant qu’elle ne devienne ingérable. Aujourd’hui, Israël paie le prix de son inaction passée. Si une riposte rapide et puissante avait été menée plus tôt, la catastrophe du 7 octobre aurait pu être évitée.

Conclusion : le retour à la force

Israël doit réviser en profondeur sa stratégie de défense :

  • Cesser de se reposer sur la seule dissuasion et renforcer ses capacités militaires opérationnelles.
  • Recruter et former une armée plus grande, prête à gérer plusieurs fronts simultanément.
  • Utiliser la force sans retenue excessive, pour dissuader efficacement ceux qui voient dans la modération un signe de faiblesse.

Dans un environnement où seule la force est respectée, Israël ne peut plus se permettre d’être perçu comme un État qui absorbe les coups sans riposter.

Nos ennemis doivent comprendre qu’Israël n’encaissera plus : il frappera le premier.