Un rĂ©serviste du Shabak (service de sĂ©curitĂ© intĂ©rieure israĂ©lien) fait lâobjet dâune enquĂȘte sensible ouverte par la division des enquĂȘtes internes sur la police (Mahash), aprĂšs avoir Ă©tĂ© soupçonnĂ© dâavoir transmis des informations secrĂštes au ministre des Affaires de la diaspora, Amichai Chikli, ainsi quâaux journalistes Amit Segal et Shirit Avitan-Cohen.
Cet homme, dont lâidentitĂ© est sous censure, est connu pour ses prises de position trĂšs Ă droite sur les rĂ©seaux sociaux. Il y exprime son opposition aux manifestations contre le gouvernement et la rĂ©forme judiciaire, critique les anciens chefs de la sĂ©curitĂ© nationale, et soutient publiquement le Premier ministre Benjamin Netanyahou, notamment pendant la guerre contre le Hamas.
Une activité publique intense sur les réseaux
Ce réserviste a partagé de nombreux messages sur Facebook dans lesquels il :
- dĂ©nonçait les manifestations anti-Netanyahou comme des atteintes graves Ă lâordre public,
- accusait les anciens dirigeants de la sĂ©curitĂ© dâadopter des positions dangereuses,
- justifiait la politique militaire israĂ©lienne aprĂšs lâattaque iranienne dâavril 2024,
- critiquait les accusations de non-prĂ©paration du gouvernement avant lâattaque du 7 octobre 2023 par le Hamas,
- dĂ©clarait que les otages dĂ©tenus Ă Gaza lui tiennent Ă cĆur, mais rejetait les accusations selon lesquelles les sionistes religieux prĂ©fĂ©reraient « la vengeance Ă la vie des otages ».
Dans un ancien post, il Ă©voque son dĂ©part du bureau du Premier ministre aprĂšs 23 ans de service, affirmant y retrouver une forme de libertĂ© dâexpression. Il critique Ă©galement les menaces de refus de servir dans lâarmĂ©e comme un « flĂ©au qui laissera une cicatrice profonde ».
Des documents sensibles auraient été transmis
Selon les soupçons, cet homme aurait transmis :
- Ă Amichai Chikli et Amit Segal, des documents internes du Shabak traitant dâune enquĂȘte sur une possible infiltration idĂ©ologique de type « kahaniste » (extrĂ©miste religieux) au sein de la police ;
- Ă Shirit Avitan-Cohen, un document du Shabak concernant les Ă©vĂ©nements prĂ©cĂ©dant lâattaque du 7 octobre, dont lâinterprĂ©tation irait Ă lâencontre des conclusions officielles du service.
Il convient de noter que, selon les autoritĂ©s, aucune atteinte directe Ă la sĂ©curitĂ© de lâĂtat nâest reprochĂ©e au suspect.
Audiences judiciaires en cours
Le tribunal central de district de Lod a rejetĂ© lâappel du suspect contre la prolongation de sa dĂ©tention. Selon la juge Michaela Bark Nevo, les Ă©lĂ©ments justifiant la suspicion se sont mĂȘme renforcĂ©s. Lâhomme restera donc en dĂ©tention jusquâau lendemain.
Son avocat, Ori Korb, a affirmĂ© devant le tribunal que son client avait agi dans le cadre de son rĂŽle de contrĂŽle documentaire, et avait veillĂ© Ă ne rien transmettre qui puisse nuire Ă lâĂtat. En revanche, Mahash lâaccuse dâavoir agi sans frein et dâavoir extrait des documents directement des ordinateurs du Shabak.
Conséquences politiques immédiates
Dans le sillage de lâaffaire, le Premier ministre Netanyahou a annulĂ© une rĂ©union de sĂ©curitĂ© sensible au sein de la division de Gaza, Ă laquelle devaient participer les chefs des services de sĂ©curitĂ© â dont Ronen Bar, chef du Shabak.
Cette dĂ©cision fait suite au refus du ministre Bezalel Smotrich dây assister en prĂ©sence de Ronen Bar. Dâautres membres du Likoud ont alors eux aussi attaquĂ© Bar, lâaccusant, avec la conseillĂšre juridique du gouvernement Gali Baharav-Miara, dâavoir transformĂ© le Shabak en une milice privĂ©e du « deep state » (Ătat profond).





