Polémique en Israël après les propos de Rina Matzliah sur le « Shema Israël » des footballeurs

Une vive polémique a éclaté en Israël après une déclaration de la journaliste Rina Matzliah, qui a suscité une vague d’indignation sur les réseaux sociaux et dans l’opinion publique. En cause : des propos tenus à l’antenne de la radio publique Kan Reshet Bet, au sujet de joueurs de football récitant la prière « Shema Israël » avant d’entrer sur le terrain.

Lors de l’émission, la journaliste a affirmé que cette pratique la « répugnait », utilisant à plusieurs reprises le terme « dégoutant » pour qualifier le fait que des footballeurs prononcent ces mots à caractère religieux dans un contexte sportif. Elle a exprimé son incompréhension face à ce geste, estimant qu’il n’avait pas sa place sur un terrain de football et qu’il relevait, selon elle, d’un mélange inapproprié entre foi et sport.

Ces propos, formulés sur un ton direct et sans nuance, ont immédiatement provoqué une tempête de réactions. Pour de nombreux internautes, il ne s’agissait pas d’une simple opinion personnelle, mais d’un mépris assumé à l’égard d’une expression centrale de l’identité juive, prononcée depuis des générations dans des contextes variés, y compris des moments de tension, d’effort ou de danger.

Sur les réseaux sociaux, les critiques ont afflué. Plusieurs utilisateurs ont rappelé que la prière du « Shema Israël » n’est pas un slogan politique ni une provocation, mais une affirmation de foi profondément ancrée dans la tradition juive. Pour eux, la qualifier de « dégoutante » dépasse le cadre du débat légitime et relève d’un jugement blessant envers une large partie de la population.

Certains commentateurs ont également mis en cause le cadre dans lequel ces propos ont été tenus. Le fait qu’ils aient été exprimés sur une radio publique financée par les contribuables a renforcé la colère de nombreux auditeurs, qui estiment que ce type de déclaration n’a pas sa place sur un média public censé représenter l’ensemble de la société israélienne, dans toute sa diversité culturelle, religieuse et identitaire.

Une partie des réactions a souligné ce qui est perçu comme un double standard. Des internautes se sont interrogés sur la réaction qu’aurait suscitée une déclaration similaire visant des gestes religieux d’athlètes chrétiens ou musulmans, tels que le signe de croix ou la prière après un but. Pour eux, la controverse révèle une tolérance sélective, où certaines expressions religieuses seraient acceptables, tandis que d’autres, spécifiquement juives, seraient tournées en dérision ou disqualifiées comme déplacées.

D’autres voix ont été encore plus sévères, qualifiant ces propos d’auto-dénigrement ou d’auto-hostilité envers des symboles juifs. Cette lecture, très présente dans les commentaires, s’inscrit dans un climat déjà tendu autour des questions d’identité, de tradition et de place du religieux dans l’espace public israélien.

Au-delà de la personne de Rina Matzliah, la controverse a ravivé un débat plus large sur la légitimité des expressions religieuses dans la sphère publique, et en particulier dans le sport. Pour beaucoup, le football n’est pas un espace neutre déconnecté de l’identité personnelle des joueurs, mais un lieu où se croisent émotions, culture, foi et appartenance. Interdire ou stigmatiser ces expressions reviendrait, selon eux, à exiger une neutralité artificielle qui ne correspond pas à la réalité humaine.

À l’inverse, certains défendent le droit de la journaliste à exprimer une opinion critique, même provocatrice, sur la place du religieux dans des domaines qu’ils estiment devoir rester laïcs. Mais même parmi ces voix, plusieurs reconnaissent que le vocabulaire employé et le ton adopté ont contribué à enflammer inutilement le débat.

Cette affaire illustre une fracture bien réelle au sein de la société israélienne, entre différentes visions de l’identité nationale, du rapport à la tradition et de la liberté d’expression. Elle montre aussi à quel point les symboles religieux, même lorsqu’ils sont exprimés de manière individuelle et non militante, restent chargés d’une forte dimension émotionnelle et politique.

Alors que la polémique continue d’alimenter les discussions, une chose est certaine : en qualifiant publiquement le « Shema Israël » de « dégoutant » dans un contexte sportif, Rina Matzliah a touché un nerf sensible. Bien au-delà du football, ses propos ont ravivé un débat fondamental sur le respect des symboles, la pluralité des identités et les limites de la critique dans l’espace médiatique israélien.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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