Les images extraordinaires Ă©manant d’AlgĂ©rie plus tĂ´t cette semaine du prĂ©sident de l’AutoritĂ© palestinienne Mahmoud Abbas serrant la main du chef du Hamas Ismail Haniyeh ont suscitĂ© un intĂ©rĂŞt considĂ©rable en IsraĂ«l. Au-delĂ de la poignĂ©e de main, qui ne conduira vraisemblablement pas Ă une rĂ©conciliation inter-palestinienne, le fait qu’elle ait eu lieu en AlgĂ©rie – qui fĂŞtait ses 60 ans d’indĂ©pendance vis-Ă -vis de la France – pourrait s’avĂ©rer significatif.
L’AlgĂ©rie, qui n’a jamais eu de relations diplomatiques avec IsraĂ«l, adopte une position de plus en plus extrĂŞme envers l’État hĂ©breu et pourrait mĂŞme devenir une base d’opĂ©rations alternative pour le Hamas, qui est chassĂ© de Turquie en raison du rapprochement d’Ankara avec JĂ©rusalem. La toile de fond de ce dĂ©veloppement est les liens naissants d’IsraĂ«l avec le Maroc, qui est enfermĂ© dans un diffĂ©rend territorial avec l’AlgĂ©rie sur le contrĂ´le du Sahara occidental.
Le mois dernier, lors d’une visite au Maroc, la ministre de l’IntĂ©rieur Ayelet Shaked a dĂ©clarĂ© le soutien d’IsraĂ«l Ă la souverainetĂ© marocaine au Sahara Occidental. En outre, de nombreux rapports ont rĂ©cemment citĂ© d’importants accords d’armement entre IsraĂ«l et le Maroc et l’amĂ©lioration de la sĂ©curitĂ© et de la coopĂ©ration diplomatique.
L’engagement de l’AlgĂ©rie sur la question palestinienne est ancien, remontant Ă l’Ă©poque de [Yasser] Arafat, qui considĂ©rait la rĂ©sistance des AlgĂ©riens Ă l’occupation française comme un modèle », a dĂ©clarĂ© Brig. Le gĂ©nĂ©ral (Ă la retraite) Yossi Kuperwasser, ancien chef de la division de recherche de la direction du renseignement militaire de Tsahal et actuellement directeur du projet sur les dĂ©veloppements rĂ©gionaux au Moyen-Orient au centre de JĂ©rusalem.
« Avec cela, il ne fait aucun doute que le rapprochement israélien avec le Maroc et les informations sur le renforcement des liens militaires et sécuritaires entre les pays donnent aux Algériens une motivation supplémentaire pour embrasser le Hamas.
« Cela ne signifie pas nĂ©cessairement que le gouvernement lĂ -bas acceptera d’hĂ©berger le Hamas et de lui permettre d’Ă©tablir un front intĂ©rieur logistique sur son sol, car les AlgĂ©riens veulent toujours conserver leur lĂ©gitimitĂ© vis-Ă -vis de l’Occident, mais c’est certainement un scĂ©nario qui pourrait se dĂ©rouler si la tendance actuelle est amplifiĂ©e.Du point de vue du Hamas, Ă©tablir une prĂ©sence en AlgĂ©rie serait un recul par rapport Ă la Turquie, car c’est un pays plus Ă©loignĂ© qui n’est pas une plaque tournante centrale de transit pour les diffĂ©rents acteurs, mais il est possible qu’il ait gagnĂ© pas de meilleure alternative », a dĂ©clarĂ© Kuperwasser.
Brick. Le gĂ©nĂ©ral (Ă la retraite) Amir Avivi, ancien directeur gĂ©nĂ©ral du bureau du chef d’Ă©tat-major et actuellement PDG du Forum de dĂ©fense et de sĂ©curitĂ© d’IsraĂ«l, a dĂ©clarĂ© : « Nous devons comprendre que l’Iran est impliquĂ© dans ce processus. Les Iraniens sont très actifs en Afrique du Nord et en AlgĂ©rie, le conseillent et l’arment Le Hezbollah est prĂ©sent dans le pays et forme les sĂ©paratistes sahraouis du Front Polisario combattant les Marocains au Sahara Occidental, qui utilisent l’AlgĂ©rie comme base d’opĂ©rations.
« Le fait que la Turquie se rapproche d’IsraĂ«l et subisse une forte pression amĂ©ricaine pour expulser le Hamas de son territoire, fait de l’AlgĂ©rie une option alternative pour l’organisation terroriste. Les dirigeants du Hamas Ă l’Ă©tranger sont toujours Ă la recherche d’endroits pour installer leur quartier gĂ©nĂ©ral, et nous a vu cela dans les États du Golfe Ă©galement. Une telle base logistique lui permet de former et de recruter des militants, de se concentrer sur le trafic de drogue qui fournit des revenus supplĂ©mentaires, et plus encore – en particulier parce que la capacitĂ© du Hamas Ă crĂ©er des sources de revenus Ă Gaza est limitĂ©e.
Le gĂ©nĂ©ral de division (Ă la retraite) Yaakov Amidror, ancien conseiller Ă la sĂ©curitĂ© nationale, a expliquĂ© qu' »il n’y a pas de repas gratuits au niveau international et ce n’est qu’un autre exemple. L’AlgĂ©rie n’aimait pas IsraĂ«l avant mĂŞme l’accord [de paix] avec Maroc, mais il est certainement plausible que l’accord ait exacerbĂ© cette attitude. Tout comme Arafat a Ă©tĂ© expulsĂ© du Liban vers la Tunisie, les hauts dirigeants du Hamas pourraient ĂŞtre expulsĂ©s vers l’AlgĂ©rie, qui est moins centrale mais qui, d’un point de vue diplomatique, fait toujours partie du Moyen-Orient. »





