Alors que l’hypothèse d’une confrontation directe entre l’Iran, Israël et les États-Unis se précise, une nouvelle variable stratégique s’impose : le rôle du Hezbollah. Selon des évaluations sécuritaires israéliennes, Téhéran exerce actuellement une pression intense sur l’organisation chiite libanaise afin qu’elle s’engage pleinement en cas d’attaque contre la République islamique. L’objectif iranien serait clair : déclencher un tir massif de missiles contre le territoire israélien pour ouvrir un front nord d’une ampleur inédite.
Les services de renseignement israéliens estiment que ces derniers mois, le Hezbollah a poursuivi un processus accéléré de réarmement et de reconstitution de ses capacités balistiques. Depuis la fin de la guerre dite des « Flèches du Nord », l’organisation aurait investi d’importantes ressources dans la remise en état de ses infrastructures militaires, dans la reconstruction de son réseau logistique et dans la restauration du moral de ses combattants. Les évaluations israéliennes ne se limitent pas au comptage des roquettes et des ogives, mais portent également sur la capacité du mouvement à reconstituer son capital humain et sa motivation après de lourdes pertes.
Cependant, le contexte régional a profondément évolué. La chute du régime de Bachar el-Assad en Syrie a considérablement affaibli les lignes d’approvisionnement traditionnelles du Hezbollah. Autrefois, le corridor d’Al-Boukamal constituait un axe stratégique pour le transfert d’armes iraniennes vers le Liban. Aujourd’hui, la situation est différente. Les nouvelles autorités syriennes restreignent les mouvements sur leur territoire et, surtout, Israël exerce une surveillance renforcée depuis le mont Hermon, limitant les possibilités de contrebande. Cette pression constante complique sérieusement les efforts de reconstruction militaire du Hezbollah.
Au cours du week-end dernier, l’armée israélienne a mené une opération ciblée contre des centres de commandement liés au réseau de missiles du Hezbollah. Selon des sources sécuritaires, trois quartiers généraux ont été identifiés et surveillés pendant plusieurs jours avant d’être frappés par l’aviation israélienne lorsqu’ils étaient pleinement opérationnels. L’attaque aurait éliminé au moins huit cadres spécialisés dans le domaine balistique, considérés comme des centres de savoir stratégiques pour l’organisation. Cette opération s’inscrit dans une campagne continue visant à empêcher le Hezbollah de retrouver son niveau de puissance antérieur.
Dans ce contexte, la pression iranienne place le mouvement libanais face à un dilemme existentiel. Téhéran attend du Hezbollah qu’il assume son rôle de bras armé régional et qu’il agisse comme force de dissuasion avancée contre Israël. Un tir massif de missiles constituerait un signal clair que toute attaque contre l’Iran déclencherait une conflagration régionale. Pourtant, la situation interne du Hezbollah rend une telle décision extrêmement risquée.
Le leadership actuel diffère de celui de Hassan Nasrallah. Naim Qassem, qui occupe désormais une position centrale, ne dispose ni du même capital politique ni de la même autorité militaire. L’organisation doit composer avec une base militante affaiblie, des villages du sud du Liban partiellement détruits et des milliers de familles déplacées depuis plus d’un an. La société libanaise traverse une crise économique et institutionnelle profonde, et le soutien populaire au Hezbollah n’est plus aussi homogène qu’auparavant.
Une entrée massive dans une guerre ouverte pourrait mettre en péril les acquis politiques et militaires encore préservés au Liban. Plusieurs acteurs internes exerceraient d’ailleurs des pressions pour éviter une escalade qui transformerait le pays en champ de bataille régional. Le Hezbollah doit donc arbitrer entre sa fidélité stratégique à la République islamique et la préservation de son propre avenir au Liban.
Du côté israélien, l’hypothèse d’une participation active du Hezbollah est considérée comme hautement probable en cas d’attaque contre l’Iran. Tsahal, en particulier le Commandement Nord et la 91e division, prépare des scénarios combinant défense antimissile intensive et frappes préventives de grande ampleur. L’état-major israélien estime qu’un conflit dans les conditions actuelles pourrait redéfinir durablement la capacité de survie militaire du Hezbollah. Autrement dit, une guerre déclenchée aujourd’hui pourrait ne pas ressembler aux précédentes confrontations limitées.
Israël ne se concentre pas uniquement sur le Liban. Les préparatifs incluent également les milices pro-iraniennes en Syrie, les Houthis au Yémen et d’autres proxies susceptibles d’ouvrir des fronts secondaires. L’approche israélienne repose sur la simultanéité : neutraliser rapidement les centres de commandement et réduire la capacité de saturation par missiles.
La dynamique actuelle place donc le Hezbollah dans une position de choix stratégique crucial. S’il répond aux attentes iraniennes et déclenche un barrage massif contre Israël, il s’expose à une riposte d’une ampleur susceptible de compromettre son existence militaire. S’il refuse ou limite son engagement, il risque de fragiliser sa relation privilégiée avec Téhéran et de perdre son statut de pilier de « l’axe de la résistance ».
La région se trouve ainsi à un point d’inflexion. L’Iran cherche à projeter la dissuasion par ses alliés. Israël se prépare à frapper simultanément sur plusieurs théâtres. Le Hezbollah hésite entre loyauté stratégique et instinct de survie. Dans cette équation instable, la moindre décision pourrait transformer une confrontation indirecte en guerre régionale ouverte, aux conséquences imprévisibles pour l’ensemble du Moyen-Orient.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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