La procédure de Tsahal « Hannibal » : sauver ou mettre en danger un soldat kidnappé a été révoquée

Le chef militaire d’IsraĂ«l a rĂ©cemment ordonnĂ© de rĂ©voquer la procĂ©dure dite Hannibal, visant Ă  Ă©viter la capture de soldats, mĂŞme Ă  un risque de les mettre en danger, et de formuler un nouveau protocole Ă  sa place.

Une source de haut rang dans les Forces de dĂ©fense israĂ©liennes a dĂ©clarĂ© lundi soir que les ordres du chef d’Ă©tat-major Maj. Gen. Gadi Eisenkot ont Ă©tĂ© donnĂ©s il y a plusieurs semaines, avant la distribution d’un rapport du contrĂ´leur d’Ă©tat qui concerne Ă©galement  la procĂ©dure Hannibal.

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Pour rappel, cette procĂ©dure controversĂ©e permet de dĂ©clencher une forte puissance de feu en cas de tentative d’enlèvement d’un de ses soldats, mĂŞme au risque de le tuer.

D’autres sujets ont Ă©tĂ© traitĂ©s par le contrĂ´leur,  tels que le traitement des tunnels terroristes transfrontaliers du Hamas et le fonctionnement du cabinet diplomatique de sĂ©curitĂ©.

Le dernier chapitre concerne la procédure Hannibal, qui remonte aux années 1980, mais a été révisé après que le Hamas a enlevé le soldat Gilad Shalit en 2006.

Bien que la procédure ne permette pas aux soldats de tuer intentionnellement un camarade kidnappé, de nombreux officiers et soldats sur le terrain ont interprété cette procédure de cette façon.

Dans divers forums militaires au cours des dernières annĂ©es, les brigades et commandants de bataillon ont dit qu’ils croient qu’il est permis de tuer un soldat enlevĂ© afin de priver l’ennemi  des groupes comme le Hezbollah ou le Hamas qui auront la possibilitĂ© de faire pression sur IsraĂ«l pour libĂ©rer des centaines de prisonniers, comme dans le passĂ©.

Le dĂ©bat sur la procĂ©dure Hannibal a Ă©clatĂ© de nouveau pendant la guerre de 2014, lorsque le Hamas a capturĂ© le lieutenant Hadar Goldin, dans une bataille surnommĂ© Black Friday. Ses camarades, avec la permission de leur brigade de division et les commandants, ont lancĂ© une chasse Ă  l’homme qui a impliquĂ© l’utilisation de la puissance de feu massive dans la ville de Rafah.

Dans son rapport, Shapira a Ă©crit que les diffĂ©rents grades et unitĂ©s avaient des interprĂ©tations diffĂ©rentes de la procĂ©dure. Compte tenu que son utilisation continue peut contrevenir au droit international, il a Ă©tĂ© recommandĂ© que l’armĂ©e abolisse la procĂ©dure.

Les commentaires de Shapira font Ă©cho aux affirmations de certains officiers de l’armĂ©e, immĂ©diatement après le Black Friday, qui estimaient que le gouvernement et le public avaient rĂ©agi de façon excessive Ă  l’enlèvement de Goldin.

Shapira a Ă©galement dit que Eisenkot devrait envisager d’exiger que  toute rĂ©vision de la procĂ©dure soit autorisĂ©e Ă  un niveau supĂ©rieur. Actuellement son utilisation nĂ©cessite uniquement l’autorisation  du commandant de la brigade.

La procĂ©dure rĂ©visĂ©e doit tenir compte de la gravitĂ© de l’incident, l’environnement dans lequel elle a eu lieu et le risque d’escalade, et devrait ĂŞtre Ă©laborĂ©e en collaboration avec l’avocat gĂ©nĂ©ral militaire, selon Shapira. Les nouvelles commandes doivent alors ĂŞtre clairement signifiĂ©es aux troupes.