Alors que la situation sécuritaire au Moyen-Orient se dégrade à nouveau et que plusieurs compagnies aériennes étrangères réduisent ou suspendent leurs vols vers Israël, la question de la souveraineté et de la continuité aérienne du pays revient brutalement au centre du débat. Dans ce contexte tendu, Arkia a adressé une mise en garde sévère contre le projet d’autoriser la compagnie low-cost hongroise Wizz Air à établir une base opérationnelle permanente à l’aéroport Ben-Gourion.
Dans une lettre officielle qualifiée de « particulièrement grave », transmise à l’Autorité de l’aviation civile israélienne et aux ministères concernés, Arkia affirme que la procédure d’approbation du projet souffre de lacunes juridiques et administratives majeures. Plus encore, la compagnie israélienne estime que cette décision pourrait fragiliser durablement les transporteurs nationaux et mettre en péril la capacité d’Israël à maintenir un trafic aérien fonctionnel en période de crise ou de guerre.
Une réalité connue : les compagnies étrangères partent les premières
Le directeur général d’Arkia, Oz Berlovitz, rappelle une réalité observée à chaque escalade régionale : lorsque les tensions augmentent, les compagnies étrangères sont les premières à annuler leurs vols, laissant aux compagnies israéliennes la responsabilité exclusive d’assurer la continuité du trafic. Les récents ajustements opérés par Lufthansa Group et d’autres transporteurs internationaux, sur fond de tensions entre les États-Unis, Israël et l’Iran, illustrent selon lui une nouvelle fois cette asymétrie structurelle.
Dans ce contexte, Arkia considère qu’autoriser une compagnie étrangère à bénéficier des avantages d’une base israélienne — créneaux horaires, infrastructures, positionnement commercial — sans lui imposer les mêmes obligations que celles des compagnies locales constitue un risque stratégique. « En cas d’urgence nationale, rien ne garantit que ces compagnies resteront opérationnelles », préviennent les dirigeants d’Arkia.
Une procédure contestée et un calendrier jugé irréaliste
Sur le plan administratif, Arkia critique vivement la manière dont la consultation a été menée. Le courrier de l’Autorité de l’aviation civile, envoyé fin décembre, ne contenait ni données complètes ni annexes justificatives suffisantes. Plus problématique encore : une analyse économique volumineuse de 61 pages du ministère des Transports n’a été transmise aux compagnies israéliennes que neuf jours avant la date limite de réponse, un délai jugé incompatible avec un examen professionnel sérieux.
Selon Arkia, cette étude reconnaît pourtant explicitement le risque de faillite d’au moins une compagnie israélienne et l’importance critique de la continuité aérienne en temps de crise, sans toutefois proposer de mécanisme réel pour faire face à un tel scénario.
Concurrence déloyale et enjeu de souveraineté
Au-delà des aspects techniques, Arkia parle d’une concurrence « déséquilibrée et dangereuse ». Les compagnies israéliennes supportent depuis des années des coûts de sécurité extrêmement élevés, historiquement pris en charge en grande partie par l’État. Or cette participation publique a été fortement réduite, alors même que les compagnies étrangères, elles, n’assument pas ces charges structurelles.
Permettre à une compagnie étrangère d’opérer depuis Israël avec un statut privilégié, sans être soumise aux mêmes exigences réglementaires et sécuritaires, créerait selon Arkia une distorsion de concurrence susceptible de provoquer l’effondrement d’un acteur local. Un tel scénario poserait un problème bien plus large qu’économique : il toucherait directement à la capacité de l’État d’Israël à garantir un lien aérien avec le monde en période de crise.
Arkia exige un réexamen en profondeur
Face à ces enjeux, Arkia demande officiellement une prolongation d’au moins 45 jours de la procédure de consultation, afin de permettre une analyse approfondie avec l’aide d’experts internationaux en aviation. La compagnie souligne également que la décision relève exclusivement de l’Autorité de l’aviation civile, et non d’une orientation politique du ministère.
En conclusion, Arkia appelle à un processus transparent, rigoureux et responsable, qui prenne pleinement en compte non seulement les considérations commerciales, mais aussi les implications sécuritaires et nationales. « La question n’est pas seulement celle de la concurrence, mais celle de savoir qui restera quand les autres partiront », résument des sources internes à la compagnie.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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