Une réunion de haut niveau s’est tenue la nuit dernière entre le commandant du CENTCOM, le général Brad Cooper, et de hauts responsables sécuritaires israéliens. Selon un résumé attribué à Hallel Bitton Rosen, les échanges confirment que l’option militaire contre l’Iran est désormais clairement sur la table, même si aucune date précise n’a encore été arrêtée.
Premier point clé : aucune échéance n’a été fixée pour une attaque contre la République islamique. Cette absence de calendrier ne traduit pas une hésitation stratégique, mais plutôt une volonté américaine de conserver une liberté totale d’action. Les responsables américains ont indiqué avoir besoin de temps supplémentaire pour renforcer de manière significative leur dispositif militaire dans la région, notamment en matière de capacités aériennes, navales et de soutien logistique. Toutefois, ils ont également souligné être prêts à frapper immédiatement si la situation l’exigeait.
Ce double message — préparation progressive mais capacité d’intervention immédiate — s’inscrit dans la doctrine classique de dissuasion américaine. Washington cherche à éviter une guerre précipitée et coûteuse, tout en s’assurant que Téhéran comprenne qu’aucune fenêtre de faiblesse n’existe. Pour les responsables israéliens présents, cette posture confirme que les États-Unis n’excluent plus un affrontement direct, contrairement aux années précédentes marquées par une extrême prudence.
Les objectifs américains ont également été explicitement évoqués. Selon les éléments rapportés, Washington souhaite une opération « propre, rapide et pas trop coûteuse ». Cette formulation est lourde de sens. Elle indique que les États-Unis ne recherchent ni une guerre d’usure, ni une occupation prolongée, ni un scénario comparable aux interventions du passé en Irak ou en Afghanistan. L’accent serait mis sur des frappes ciblées, fondées sur un renseignement précis, avec un impact politique et stratégique maximal.
Plus significatif encore est le choix des cibles. L’objectif prioritaire serait de frapper « ceux qui ont porté atteinte aux civils et aux manifestants ». Cette précision marque une évolution majeure du discours américain. Il ne s’agirait pas uniquement d’installations nucléaires ou de capacités militaires classiques, mais également de centres de commandement, d’unités et de responsables directement impliqués dans la répression interne. Autrement dit, la dimension morale et politique de l’action serait assumée : sanctionner le régime pour sa violence contre sa propre population.
Dans ce contexte, un point a particulièrement retenu l’attention des participants israéliens : les États-Unis se disent prêts à un changement de régime en Iran. Une telle déclaration, même formulée de manière non officielle, constitue un tournant. Pendant des années, Washington a soigneusement évité d’afficher un objectif aussi explicite, préférant parler de dissuasion, de containment ou de négociation. Désormais, l’hypothèse d’un renversement du pouvoir iranien n’est plus taboue dans les cercles militaires.
Pour Israël, cette évolution est stratégique. Jérusalem considère depuis longtemps le régime iranien comme une menace existentielle, tant en raison de son programme nucléaire que de son soutien aux organisations terroristes régionales. La convergence des analyses entre Tsahal et le CENTCOM renforce la coordination opérationnelle et le partage de renseignement, éléments clés en cas d’escalade.
Il convient néanmoins de souligner que cette préparation ne signifie pas qu’une attaque soit inévitable à court terme. Les responsables américains restent conscients des risques régionaux : activation des milices pro-iraniennes en Irak et en Syrie, escalade avec le Hezbollah au Liban, perturbations maritimes dans le Golfe. C’est précisément pour cette raison que Washington insiste sur une opération limitée, ciblée et économiquement soutenable.
En résumé, la réunion de la nuit dernière révèle une réalité nouvelle : l’option militaire contre l’Iran n’est plus théorique. Elle est planifiée, structurée et intégrée dans une vision stratégique globale, incluant la possibilité d’un changement de régime. L’absence de date ne doit pas être interprétée comme un recul, mais comme un signal de préparation méthodique. Pour Téhéran, le message est clair : le temps joue de moins en moins en sa faveur.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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