De nouveaux détails émergent sur l’opération « Cœur courageux », qui a permis à Tsahal de retrouver puis de rapatrier en Israël la dépouille du soldat enlevé Ran Guaily, dernier otage dont le corps se trouvait encore dans la bande de Gaza.
Selon des sources sécuritaires, l’information clé – à savoir que Ran Guaily avait été enterré dans le cimetière « Al-Batsh », à l’est de la ville de Gaza – était connue environ dix jours avant le lancement de l’opération. Le défi majeur ne résidait pas dans le lieu général, mais dans l’impossibilité de déterminer l’emplacement exact à l’intérieur de cet immense cimetière, en grande partie détruit et bouleversé par les combats.
« Nous avions besoin de coordonnées précises »
Un responsable du commandement Sud explique que, dès le premier jour de l’opération, les forces déployées sur le terrain ont fait face à une difficulté majeure :
« Le site était vaste, couvert de décombres, et les premières fouilles n’ont rien donné. Les soldats nous ont demandé des coordonnées extrêmement précises pour savoir où creuser. »
C’est alors qu’est entrée en jeu une méthode de renseignement visuel avancée, développée et perfectionnée depuis le début de la guerre.
La technique du « pelage » des images
Tsahal procède depuis des mois à une cartographie photographique systématique de la bande de Gaza, produisant une image de renseignement dynamique et évolutive. La méthode utilisée est appelée en interne la technique du « pelage » : superposer, comparer et analyser des images prises à différents moments pour détecter des changements significatifs.
« Nous avons remonté le temps, image après image, jusqu’au mois d’octobre 2023 », explique la source.
« C’est alors que nous avons identifié, dans nos propres archives visuelles, des engins de chantier – des bulldozers – creusant à l’intérieur même du cimetière. »
Cette découverte a permis de réduire drastiquement la zone de recherche, en ciblant des secteurs précis du cimetière Al-Batsh. Des coordonnées exactes ont alors été transmises aux forces sur le terrain.
La découverte sur le terrain
Peu après la réception de ces nouvelles données, les équipes ont commencé à découvrir des fosses communes, dépourvues de toute indication ou stèle. Les recherches se sont poursuivies méthodiquement, corps après corps.
Finalement, les soldats ont identifié la dépouille de Ran Guaily, vêtu de son uniforme de police, portant un ceinturon réglementaire et une sacoche policière — des éléments concordants avec les renseignements disponibles.
Une identification médico-légale sans équivoque
L’identification définitive a été confirmée grâce à :
- un examen dentaire,
- puis la vérification d’une plaque métallique implantée dans sa jambe à la suite d’un accident antérieur.
Ces éléments ont permis d’établir avec certitude l’identité du soldat.
Entre fierté opérationnelle et douleur nationale
La source militaire confie que l’annonce du succès de la mission a suscité un sentiment mêlé de fierté et de profonde tristesse :
« Il y avait une immense satisfaction professionnelle de savoir que notre renseignement avait permis de ramener Ran à la maison. Mais cette joie est inséparable de la douleur immense liée à sa perte. »
L’opération illustre une nouvelle fois le rôle central de la supériorité technologique et du renseignement visuel dans les missions les plus sensibles de Tsahal, mais rappelle aussi le prix humain lourd de cette guerre.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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