Sous les projecteurs d’une tempête médiatique et d’une polémique grandissante, Rom Breslavski, survivant de captivité, s’est présenté ce mercredi matin à la station de police de Lev Tel-Aviv afin de livrer son témoignage dans l’affaire de l’agression dont il affirme avoir été victime à l’entrée d’un club du centre de Tel-Aviv. Visiblement bouleversé, il a livré une déclaration d’une rare violence émotionnelle, appelant publiquement à la fin des attaques dont il dit faire l’objet sur les réseaux sociaux.
« Il m’a fracassé le visage et m’a replongé dans un traumatisme que je n’aurais jamais imaginé revivre », a déclaré Breslavski devant les caméras. Ses mots, lourds et chargés de douleur, ont immédiatement marqué les esprits : « Cet homme m’a frappé comme un terroriste du Hamas. C’est l’événement le plus choquant de toute ma vie. Je ne pensais pas être agressé ici, dans mon propre pays ». Pour un homme déjà marqué par l’expérience extrême de la captivité, ces propos ont résonné comme un cri d’alarme.
Une affaire qui secoue l’opinion publique
L’incident s’est produit devant le club Hive, situé sur le boulevard Rothschild à Tel-Aviv, un lieu emblématique de la vie nocturne de la ville. Selon la version de Rom Breslavski, il serait arrivé sur place accompagné d’un ami, affirmant avoir reçu une invitation personnelle de la chanteuse Nasrin Kadri. Or, à son arrivée, l’artiste n’était déjà plus présente dans l’établissement. C’est à ce moment-là que la situation aurait dégénéré.
Breslavski raconte qu’il a été confronté à David Ziton, compagnon de la chanteuse, qui lui aurait lancé : « Personne ne t’a invité à entrer ». L’échange verbal se serait rapidement transformé en altercation physique. Selon plusieurs témoignages, Ziton aurait même déclaré à Breslavski : « Le fait que tu sois un ancien otage ne te donne pas le droit de parler comme ça ».
Ces paroles, si elles sont confirmées par l’enquête, ont profondément choqué une partie de l’opinion, dans un contexte où les survivants de captivité occupent une place extrêmement sensible dans la société israélienne depuis les événements du 7 octobre.
« Arrêtez de me broyer sur les réseaux »
Au-delà de l’agression physique présumée, Rom Breslavski a insisté sur une autre dimension de l’affaire : la violence numérique. « Les commentaires haineux que je reçois me touchent personnellement. Je demande aux gens d’arrêter de me broyer sur les réseaux sociaux », a-t-il imploré. Il a décrit son agresseur présumé comme étant « hors de contrôle », affirmant qu’il dégageait « une forte odeur d’alcool et de drogues ».
Pour Breslavski, cette accumulation – agression physique, remise en question publique de sa parole et attaques en ligne – constitue une seconde épreuve, presque aussi douloureuse que la première. « C’est moi qui ai reçu des coups au visage d’un homme ivre et drogué qui ne se maîtrisait pas », a-t-il martelé.
La version du suspect : « J’ai agi en légitime défense »
De son côté, David Ziton, interrogé par la police et désormais assigné à résidence jusqu’à vendredi, présente une version radicalement différente des faits. Selon lui, le club était plein – environ 70 personnes, soit sa capacité maximale – et l’entrée de nouveaux clients avait été refusée par la direction. Ziton affirme être sorti pour tenter d’apaiser la situation et avoir même envisagé, à un moment donné, de faire entrer Breslavski à la place d’un autre client.
« Les choses se sont envenimées et Rom s’est comporté de manière agressive », a-t-il déclaré lors de son audition. « Je me suis seulement défendu. Je n’ai en aucun cas attaqué ». Ses avocats soulignent également son passé militaire : depuis le 7 octobre, Ziton aurait servi plus de 700 jours de réserve dans une unité d’élite de Tsahal et aurait été blessé à Gaza dans le cadre des efforts visant à libérer les otages.
Nasrin Kadri au cœur de la controverse
L’affaire a pris une tournure supplémentaire avec la diffusion d’enregistrements d’une conversation téléphonique entre Nasrin Kadri et Rom Breslavski, survenue après l’incident. Dans ces extraits, la chanteuse est entendue disant : « Tu veux des problèmes ? On aura des problèmes. Il ne te manque plus que ça après tout ce que tu as vécu ». Ces paroles ont été perçues par certains comme une tentative de pression visant à dissuader Breslavski de porter plainte.
Face à la polémique, Kadri a fermement démenti toute intention d’intimidation. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, elle a affirmé que les enregistrements avaient été sortis de leur contexte et montés de manière trompeuse. « Mon appel à Rom venait de l’endroit le plus sincère et le plus pur, pour lui demander pardon », a-t-elle écrit. « À aucun moment je ne lui ai demandé de ne pas déposer plainte ».
Une affaire aux résonances profondes
Au-delà des faits précis, cette affaire soulève des questions sensibles sur la manière dont la société israélienne traite ses survivants de captivité, mais aussi sur la violence dans l’espace public et privé. Le contraste est saisissant entre le statut symbolique de Breslavski – qui était récemment monté spontanément sur scène à la place des otages à Tel-Aviv – et la brutalité des accusations portées contre lui sur les réseaux sociaux.
L’enquête policière devra désormais déterminer les responsabilités exactes de chacun, à partir des témoignages, des éventuelles images de vidéosurveillance et des expertises médicales. Mais quel que soit le verdict judiciaire, l’affaire a déjà laissé des traces profondes dans l’opinion publique.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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